Le scénario de la récession doit être désormais anticipé par les banques européennes, selon la BCE

Le responsable de la supervision bancaire de la Banque centrale européenne appelle les banques de la zone euro à intégrer dans leurs prévisions un potentiel « embargo sur le gaz » ou un « scénario récessionniste ». Le dirigeant de la BCE a également évoqué le risque d'une crise du crédit à cause d'une remontée brutale des taux d'intérêt.
Andrea Enria.
Andrea Enria. (Crédits : Yves Herman)

L'éventualité d'une récession dans les prochains mois en Europe ne relève plus totalement de la science-fiction, y compris du côté de la BCE (Banque centrale européenne), longtemps réticente à évoquer la possibilité d'un tel recul du PIB. L'institution s'apprête à demander aux banques de la zone euro de prendre en compte le risque d'une récession dans leurs prévisions.

Avec ces résultats, la BCE approuvera ou non leur stratégie de dividendes, a déclaré jeudi Andrea Enria, le responsable de la supervision bancaire de la BCE Andrea Enria, en audition devant le Parlement européen.

L'arrêt de l'approvisionnement

« Nous allons proposer de demander aux banques de recalculer leurs trajectoires de fonds propres dans un scénario plus sombre, en incluant potentiellement un embargo sur le gaz ou un scénario récessionniste, et d'utiliser cela dans le processus d'approbation de leurs projets de distribution à l'avenir », a dit Andrea Enria lors d'une audition au Parlement européen.

La BCE continue de tabler sur une croissance économique relativement soutenue cette année et l'an prochain. Dans ses dernières prévisions du 9 juin, la présidente de la BCE Christine Lagarde disait s'attendre à une croissance de 2,8% en 2022 et 2,1% en 2023. Toutefois, la BCE prend en compte une possible dégradation de l'environnement économique, sur fond d'inflation, de crise énergétique et de guerre en Ukraine.

L'institution basée à Francfort n'exclut pas un arrêt de l'approvisionnement de l'Europe de l'Ouest en gaz russe, sur fond de poursuite voire d'escalade de la guerre en Ukraine. Ce qui mènerait la zone euro à la récession en 2023 dans le plus noir des scénarios. La BCE souhaite que les banques intègrent ces perspectives négatives à leurs prévisions.

Andrea Enria est également revenue sur l'autre grand risque qui plane sur la croissance européenne : la remontée des taux d'intérêt prévue par la BCE. Enria a expliqué qu'elle était en théorie bénéfique pour les établissements de crédit, mais qu'une hausse brutale et désordonnée du coût du crédit constituerait un risque potentiel, notamment pour les clients très endettés. Pour lutter contre l'inflation, la Banque centrale européenne va relever ses taux de 0,25 point en juillet, une première après dix ans de politique monétaire accommodante pour doper la croissance.

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 30/06/2022 à 23:37
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Embargo sur le gaz russe ce n'est pas une récession, c'est tout bonnement l'écroulement de nos sociétés. Le gaz, l'énergie, on est sur d'être dans un état de calamité absolue fin d'année car les réserves n'en sont pas, elles ne sont la que pour écrét...

à écrit le 30/06/2022 à 13:27
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Enfin bon 0.25 point c'est rien sauf pour ceux qui déplacent des centaines de milliards en ronflant forcément et c'est à ce niveau d'aberration que les hausses aux particuliers vont être appliquées et non 0.25 seulement. L'intermédiaire privé devient...

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