Mercosur : le Sénat vote contre le traité négocié par l'UE
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Après l'Assemblée nationale la veille, c'est au tour du Sénat de valider ce mercredi la position du gouvernement sur le Mercosur.
Firas Abdullah/ABACAPRESS
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Après l'Assemblée nationale la veille, c'est au tour du Sénat de valider ce mercredi la position du gouvernement sur le Mercosur.
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Après l'Assemblée nationale la veille, c'est au tour du Sénat de valider ce mercredi la position du gouvernement sur le Mercosur. Ce projet d'accord de libre-échange entre l'UE et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) est refusé « en l'état » au nom de la défense des agriculteurs français.
Rare sujet de consensus au sein de la classe politique, l'opposition au traité dans sa version négociée par Bruxelles a été votée à la quasi-unanimité de la chambre haute, par 338 voix sur un total de 348 sénateurs. La veille, les députés avaient fait de même à une large majorité, à l'exception notable du groupe LFI qui réclamait l'abandon pur et simple de ce projet d'accord.
« La France ne souhaite ni la fin des accords commerciaux, ni la fin des échanges agricoles », mais réclame des « garanties sérieuses pour [les] agriculteurs », qui se retrouveraient sinon « confrontés à une concurrence insupportable », a souligné la ministre de l'Agriculture Annie Genevard. Exigence relayée par le patron des sénateurs LR Mathieu Darnaud, opposé à « un accord qui donne une prime à la concurrence déloyale sur nos marchés » et jugeant « inconcevable que cet accord entre en vigueur contre la volonté de la France ».
« Nous devons continuer à négocier » pour obtenir « les clauses miroirs indispensables » en matière sanitaire et environnementale, a affirmé de son côté le chef du petit groupe macroniste François Patriat.
Au contraire, le socialiste Didier Marie a demandé « un moratoire sur l'ensemble des accords commerciaux en cours », et le rejet du Mercosur car « il ne peut pas y avoir de deal entre malbouffe et belles voitures ». Face à cet « accord dinosaure » en discussion depuis plus de 20 ans, « l'opposition de la France sera incontestablement une déflagration démocratique », a prédit, quant à lui, l'écologiste Yannick Jadot.
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La France n'est en tout cas plus seule dans son refus : le gouvernement polonais a adopté mardi une résolution proclamant que Varsovie n'accepterait pas l'accord « sous cette forme », notamment en raison de « l'inquiétude pour les agriculteurs polonais et la sécurité alimentaire ».
De son côté, le président brésilien Lula s'est montré ferme. Selon lui, la France n'a pas le pouvoir d'empêcher le traité entre l'UE et le Mercosur car c'est la Commission européenne qui « décide » au nom des 27 États membres, a-t-il lancé mercredi.
En France, parallèlement aux avancées politiques, les agriculteurs ont continué à multiplier leurs actions sur le terrain. Des Jeunes Agriculteurs ont bloqué mercredi matin un port de l'Aude tandis que des membres de la Coordination rurale ont continué de barrer avec tracteurs et engrais les accès d'un site de Danone, dans le Gers.
En Haute-Garonne, des membres de la FDSEA31 ont bloqué un rond-point à Beauzelle, en périphérie de Toulouse, où ils ont édifié « une montagne du ras-le-bol » avec des bottes de paille, selon Axel Tran Van, membre du conseil d'administration du syndicat. A Nantes, une cinquantaine de tracteurs étaient garés mercredi en milieu de journée devant la préfecture. Un mur en parpaings a ensuite été monté aux alentours de midi devant l'entrée.
De son côté, l'alliance majoritaire FNSEA-Jeunes agriculteurs a lancé partout en France de nouvelles actions jusqu'à jeudi, visant « tout ce qui entrave la vie des agriculteurs », notamment les administrations (préfectures, agences de l'eau, etc.), a précisé sur France 2 le président de la FNSEA Arnaud Rousseau.
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Moins d'un an après une mobilisation historique, les agriculteurs estiment n'avoir pas obtenu suffisamment d'avancées concrètes. Si les deux premiers syndicats partagent des revendications - comme de pouvoir utiliser des pesticides aujourd'hui autorisés en Europe et interdits en France du fait de leur toxicité -, ils occupent le terrain en ordre dispersé, dans un climat tendu à quelques semaines de leurs élections professionnelles.
(Avec AFP)
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