Retard dans la vaccination : un coût astronomique pour l'économie européenne

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Les retards dans la vaccination risquent de miner la confiance et le moral des Européens.
Les retards dans la vaccination risquent de miner la confiance et le moral des Européens. (Crédits : Reuters)
Retard dans les livraisons, campagnes de vaccination incertaines, multiplication des variants... depuis plusieurs semaines, les pays européens accumulent les difficultés. Pour faire face à cette terrible maladie infectieuse, la plupart des États ont durci leurs mesures d'endiguement. Selon une récente évaluation d'Euler Hermes, les cinq semaines de retard entraîneraient des pertes économiques de l'ordre de 90 milliards d'euros. Chaque semaine de confinement en France représente 3 milliards d'euros de manque à gagner pour l'économie tricolore.

L'onde de choc de la pandémie continue de faire trembler l'économie européenne. Selon une récente étude du cabinet Euler Hermes, le retard accumulé dans la campagne de vaccination évalué à cinq semaines représenterait un coût faramineux de l'ordre de 90 milliards d'euros en 2021. "Chaque semaine supplémentaire de restrictions sanitaires coûte 0,4 de point de pourcentage de croissance de PIB trimestriel à l'UE. Le retard actuellement observé coûterait ainsi 2 points de croissance de PIB trimestriel à l'UE" indiquent les auteurs de l'étude.

Après une année 2020 cataclysmique, l'arrivée du vaccin a pu donner des lueurs d'espoir aux milieux économiques et financiers. A la fin de l'année dernière, la présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen a assuré que 70% de la population adulte allait être vaccinée avant l'été et les Etats tentaient de redoubler d'efforts pour mettre sur pied leur campagne de vaccination.

Quelques semaines après ces premières annonces, les institutions sont empêtrées dans d'importants retards de livraisons et des déboires logistiques avec l'industrie pharmaceutique incapable d'honorer les promesses de l'exécutif européen. En outre, plusieurs pays comme la France rencontrent de nombreuses difficultés pour assurer la vaccination des personnes les plus fragiles et du personnel soignant alors que la multiplication des variants a obligé les autorités à durcir les mesures d'endiguement. Résultat, la reprise économique est sans cesse repoussée et la pandémie continue de faire des ravages sur le tissu productif et la main-d'oeuvre.

"Avec les obstacles du côté de l'offre (production et distribution de doses) et un lent démarrage, l'Europe prend de plus en plus de retard dans la course à l'immunité" expliquent les économistes.

ursula von der leyn

[La présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen a une nouvelle fois rejeté samedi dernier dans la presse allemande les critiques selon lesquelles l'UE aurait trop tardé à conclure des accords de précommandes de vaccins avec les laboratoires pharmaceutiques. Crédits : Reuters.]

> Lire aussi : Coronavirus : Leyen réaffirme que l'UE entend vacciner 70% des adultes d'ici la fin de l'été

Un rythme de vaccination "insuffisant"

Les travaux des experts de l'assurance-crédit révèlent que le taux de vaccination quotidien de la population dans les grandes économies de la zone euro est de seulement 0,12%. Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, la cadence est quatre fois supérieure. Ainsi 9,4% des Américains et 14,4% des Britanniques sont déjà vaccinés contre seulement 5% au maximum dans certains pays comme le Danemark.

"Pour permettre une reprise durable au second semestre 2021, les pays de l'UE doivent s'engager dans un rythme qui vise à vacciner les populations à risque d'ici la mi-2021. Cela permettrait un assouplissement des restrictions sanitaires sans mettre en péril les systèmes de santé. Pour atteindre cet objectif, les pays européens doivent doubler les vaccinations administrées quotidiennement. Au rythme actuel de la vaccination, l'immunité collective ne serait atteinte que fin 2022", expliquent les auteurs de l'étude.

Pour atteindre l'objectif ambitieux de la commission bruxelloise, il faudrait que le rythme de la campagne de vaccination soit six fois plus rapide. Autant dire que le défi est immense pour l'Europe actuellement confrontée à une violente vague épidémique.

Des pertes pharaoniques pour les grandes économies de la zone euro

La propagation du virus depuis près d'un an a plongé les économies de la zone euro dans une profonde récession. Si l'activité a rebondi plus que prévu dans la plupart des pays au cours du troisième trimestre 2020, l'arrivée de la seconde vague à l'automne et la mise en oeuvre des mesures de confinement ont à nouveau assombri l'horizon économique pour le premier semestre 2021.

La plupart des économistes ont révisé à la baisse leurs prévisions pour le premier trimestre 2021. A l'échelle de la zone euro, les pertes économiques engendrées par les semaines de confinement sont faramineuses.

Parmi les pays de l'union monétaire, les plus touchés figurent en premier lieu l'Espagne (-3 milliards d'euros par semaine) et la France (-3 milliards). Puis viennent l'Allemagne (-2,8 milliards) et l'Italie (-2 milliards). "Le vaccin est le multiplicateur ultime pour l'investissement et la consommation privée" affirment les économistes.

[Carte interactive] Survolez les pays avec votre souris pour voir les pertes économiques hebdomadaires engendrées par les mesures de confinement.

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Commentaires
a écrit le 09/02/2021 à 9:20 :
Le royaume uni est a presque 20% de vaccinés, les usa au dessus de 12, et la france un peu au dessus de 3. Heureusement qu'on a le meilleur système du monde et les dirigeants les plus éclairés qu'est ce que ce serait autrement. Et rêvez pas, il n'y aura aucune remise en cause des institutions ni des gens aux manettes au niveau national ou européen après ça ou alors du cosmétique pour dire. On est forcement les meilleurs.
On a pas fini de payer leur arrogance
a écrit le 08/02/2021 à 22:40 :
Le coût il ne vient pas du virus mais des décisions prises par peur du virus. Il y a de très nombreuses personnes qui ont critiqué les confinements et les interdictions en tous genres. Le vrai coût le pire de tous c'est d'avoir sacrifié la jeunesse au profit exclusif de la génération boomers.
Réponse de le 09/02/2021 à 8:28 :
Tout à fait d'accord avec vous Fredo.
Pourtant j'ai 60 ans .
Réponse de le 09/02/2021 à 18:38 :
le comble est que la generation 68 qui a inventé le interdit d interdire
a envoyé 100 000 policier le 31/12 pour interdire a leur petit enfants
de faire la fete.
Apres avoir laissé une planete polluée a leur petits enfants, ils détruisent
leur avenir !
Réponse de le 10/02/2021 à 10:26 :
"le comble est que la generation 68 qui a inventé le interdit d interdire
a envoyé 100 000 policier le 31/12 pour interdire a leur petit enfants
de faire la fete."

C'est une vérité, cruelle et sans contestation mais maintenant on ne peut plus rien faire pour eux, ils sont complètement abrutis, il faut avancer sans eux en se souvenant juste de cette expérience de tout ces soit disant grands défenseurs des libertés poourraient nous envoyer les chars pour nous faire taire.

Mais c'est vrai que c'est quand même particulièrement imlpressionnant d'être aussi vides. "IL n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis" nous disait Miiterand pour SE rassurer lui-même on peut en être certains, c'est qu'ils font tout pour ne pas voir la profonde incohérence qui les guide, dont tripoter des gamins par exemple.

Mais ils sont trop bêtes pour assumer, il vaut mieux les mépriser, tout ce qu'ils méritent. Quoi que si, finalement, vous avez bien raison, faut le dire quand même régulièrement hein... ^^
a écrit le 08/02/2021 à 19:22 :
notre incompétence c'est nos emplois;
scribouillard ès dossiers, chefaillons, décideurs en tous genres, chargés de commissions à la noix, politiciens professionnels.
a écrit le 08/02/2021 à 18:53 :
A la vitesse où déboulent les "variants", les vaccins sont un pis aller. L'efficacité réelle des vaccins ne pourra être évaluée que dans une dizaine de mois. A l'automne prochain nous saurons s'il faut à nouveau re-vacciner, voire reconfiner. L' histoire est mal embarquée, vaccins ou pas. Des temps troublés sont à prévoir.
a écrit le 08/02/2021 à 18:48 :
Un coût astronomique et un nombre de morts astronomique.. C'est sans solution évidente, car les labos produisent tout ce qu'ils peuvent, et maintenant le rythme de la vaccination semble conforme à la réception des vaccins.
a écrit le 08/02/2021 à 17:47 :
Aucune importance, les vaccins ne servent a rien, moi si je me faisais vacciner, je ne sais pas si je saurais faire des anticorps, j'ai pas appris a l'école, laissons ça aux pros. Pour l'ensemble des gens le vaccin est peut être même dangereux. #hollandedemission
a écrit le 08/02/2021 à 17:41 :
Nous on a pas fait d'études longues. Et heureusement. Nous bénéficions des chèques énergies, de Noël, des APL, des allocations familiales, CMU, etc etc...... Cerise sur le gâteau, on va même être bientôt propriétaires. Le gouvernement va nous construire des logements sociaux, que l'on pourra dans l'avenir acheter après avoir été locataires. Que c'est bon de vivre en France, sans diplôme, sans en emploie avec responsabilités. La France c'est le Paradis sur terre.
Réponse de le 09/02/2021 à 8:33 :
Profitez en bien car cela risque de ne pas durer lorsque le quoiqu'il en coûte sera terminé et qu'il faudra gérer la dette du pays.
a écrit le 08/02/2021 à 17:14 :
En gros vu que les laboratoires pharmaceutiques sont nuls, vu que nos dirigeants politiques veulent à tout prix passer par les vaccins des copains, ben ils nous confinent.

Et sur le dark net au moins on peut commander du Spoutnik ?

Sauvés par les russes ! Ben dites donc on a quand même fait vachement de chemin hein depuis la chute du mur de Berlin... :-)

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