Vers un allègement de la dette grecque ?

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Le FMI et les pays de la zone euro s'approcheraient d'un compromis qui permettrait de parvenir à un accord global permettant à la Grèce de revenir sur le marché obligataire en 2018.
Le FMI et les pays de la zone euro s'approcheraient d'un compromis qui permettrait de parvenir à un accord global permettant à la Grèce de revenir sur le marché obligataire en 2018. (Crédits : REUTERS/Alkis Konstantinidis/File Photo)
Après l'adoption par le parlement grec de nouvelles mesures d'austérité, la Grèce demande de nouveau à ses créanciers un allègement de sa dette.

La Grèce a pressé ce dimanche 21 mai ses créanciers de l'UE et du FMI d'adopter des mesures d'allègement de la dette maintenant qu'Athènes a "rempli ses obligations" avec de nouvelles mesures d'austérité.

Cet appel intervient à la veille d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles où la Grèce espère le déblocage d'une prochaine tranche de prêts et surtout des engagements clairs sur des mesures facilitant le remboursement de son énorme dette publique (179% du PIB).

"Notre pays, en adoptant de nouvelles mesures au Parlement grec a totalement rempli ses obligations et à temps", a déclaré le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos dans un communiqué cité par l'agence ANA.

"Il n'y a plus d'excuses pour tergiverser encore sur la question de l'allègement de la dette", a-t-il ajouté.

Retour sur le marché obligataire?

Le Parlement grec a adopté jeudi 18 mai de nouvelles mesures d'austérité, totalisant 4,9 milliards d'euros d'économies, réclamées par les créanciers de la Grèce pour débloquer une tranche de 7 milliards d'euros de prêts internationaux qui serviront notamment à rembourser quatre milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE) le 20 juillet et deux milliards à des investisseurs privés.

"Les décisions sont désormais entre les mains des institutions pour permettre notre accès au QE (quantitative easing - le programme de rachat de dettes de la BCE, NDLR) et notre retour sur le marché obligataire", a poursuivi M. Tsakalotos.

Les appels du Premier ministre, Alexis Tsipras, à un allègement de la dette se heurtent à une ferme résistance de l'Allemagne qui se prépare à des élections générales en septembre. Le FMI plaide au contraire pour un tel allègement.

Selon des sources proches du dossier, le FMI et les pays de la zone euro s'approcheraient d'un compromis qui permettrait de parvenir à un accord global permettant à la Grèce de revenir sur le marché obligataire en 2018.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 24/05/2017 à 13:11 :
Dans le sens de ce qu'écrit "Tom", j'ajouterai : l'Allemagne s'est redressée après guerre grâce au concours notamment américain qui a imposé une réduction drastique des dommages de guerre réclamés par les alliés. Après la guerre de 14-18, l'Allemagne vaincue n'a jamais payé la totalité des indemnités de guerre mises à sa charge, grâce à la commission Owen, avec les industriels américains déjà à la manœuvre. En revanche, après Sedan en 1871, la France a payé rubis sur l'ongle le lourd tribu de guerre mis à sa charge par le traité de Versailles. Raison pour laquelle les allemands, en 1914, ont crû pouvoir à nouveau financer leur effort de guerre par la planche à billets (avances Reichsbank) plutôt que par l'impôt, considérant, qu'au final, les français finiraient par payer comme en 1871. Voilà les véritables causes de l'inflation galopante de 1923 ; c'est en souvenir de ce traumatisme indélébile que l'Allemagne impose aujourd'hui à l'Europe entière sa politique monétaire inflexible et absolument scandaleuse vis-à-vis de la Grèce en oubliant un peu vite que les nazis sont coupables de la quasi destruction de l'île en 1940 pour avoir rasé plus de 900 villages et exterminé leurs habitants. L'Allemagne a-t-elle payé ce qu'elle doit à ce pays en réparation de ses crimes ? Comment Mr Macron, vice-chancellier de Mme Merkel, qualifie-t-il les crimes allemands en Grèce ? On ne l'entend pas beaucoup sur ce sujet, en tout cas beaucoup moins que sur l'action de la France en Algérie.
a écrit le 23/05/2017 à 0:55 :
la profondeur des analuses de Romarc Godin doit manquer à plus d'un
a écrit le 22/05/2017 à 12:30 :
L'Allemagne refuse d'alléger la dette grecque parce que ça lui coûterait.

Pourtant elle n'était pas contre quand il s'agissait d'alléger sa propre dette après la guerre.

Aujourd'hui elle donne des leçons de respect du pacte de stabilité (parce que ça l'arrange), alors qu'elle-même ne le respecte pas (excédent commercial excessif), qu'elle pourrait très facilement rentrer dans les clous mais qu'elle ne le fait pas... parce que ça l'arrange.

Aujourd'hui, l'Allemagne s'enrichit en partie au détriment de ses partenaires européens, et s'étonne de la montée des extrêmes en Europe.

Un jour, la menace de sortie de l'UE des États du sud se fera sérieuse et l'Allemagne comprendra comme par miracle qu'il ne faut pas pousser le bouchon trop loin.

L'Allemagne a aujourd'hui un comportement hypocrite et abusif parce qu'on la laisse faire.
Réponse de le 23/05/2017 à 1:01 :
L'Allemagne, comme tous les autres pays refusent, non seulement ce qui leur coûterait effectivement, mais aussi ce qui ne leur coûte rien et qui, en plus est indûment gagné : ayant acheté des titres grecs auprès des marchés avec une très forte décote, ils sont à chaque fois remboursés au pair, tirant de juteux bénéfices.
La prétendue solidarité européenne interdisant de jouer à l'usurier sur le dos d'un partenaire, ils ont promis de restituer la différence à la Grèce qui n'a pour le moment vu même pas un sou.
a écrit le 21/05/2017 à 22:51 :
L'allègement ne doit pas être inconditionnel mais conditionné à l'effort grec de désendettement. Exemple : la Grèce se désendette de 2 milliards par ses propres moyens, elle est désendettée d'un milliard supplémentaire. Ce qui revient si la Grèce maintient ses efforts dans la durée à une coquette remise de dette de 33%.
a écrit le 21/05/2017 à 19:30 :
En ce qui concerne le recouvrement de l'impôt, notamment la TVA, je fais une suggestion :
Que l'Europe aide les commerçants grecs à s'équiper de terminaux de paiement CB, et instaure la gratuité d'une carte de porte-monnaie électronique prépayée... et interdise les paiements en liquide ! Les économies en transports de fonds, en entretien de distributeur, etc compenseront le coût de l'investissement : et là;, plus moyen de frauder ! (à terme, ce principe devra être étendu à toute la zone euro, les espèces ne devant être réservés qu'aux voyages hors zone euro) ;
En ce qui concerne un allègement de la dette, je pense qu'il faudrait simplement mettre un moratoire sur les intérêts de la dette, et non sur le capital emprunté !
Il suffira alors que, comme c'est déjà le cas aujourd'hui, le budget grec reste excédentaire, et que l'excédent serve à rembourser le capital de l'emprunt !!
Seul "cadeau" à faire aux grecs : s'ils respectent ce principe pendant 10 ans, on déduit du capital dû, les intérêts que les pays européens ont encaissés sur le dos des grecs !!!
Mais l'emprunt, c'est aux grecs de le payer !
Réponse de le 22/05/2017 à 8:31 :
@Lyonnais: sauf que tu connais mal les Grecs ! A la pompe à essence par exemple, ils ont des terminaux de paiment CB. Le problème est que le type va te dire que t'as pas de chance, ça fonctionne pas aujourd'hui, pas plus qu'hier ou demain. Interdire les paiements en liquide, c'est bien, mais on fait comment pour l'imposer entre le type qui va économiser 24% de TVA et celui qui ne va pas déclarer ses revenus ? J'entendais ce matin sur RT que Tsipras a dit hier que ses dernières promesses ne seraient tenues que si il recevait de l'argent de l'UE et si l'UE baissait sa dette. Autrement dit, c'est le tonneau des Danaides comme d'habitude parce qu'on sait, par expérience, que quand on leur donne, les Grecs redistribuent à leur manière et ne tiennent pas leurs promesses. Personnellement, j'ai toujours dit qu'il fallait "prendre" nos pertes et les virer :-)
Réponse de le 22/05/2017 à 12:23 :
@ Patrickb

Russia Today n'est pas un organe de presse crédible, c'est un outil de propagande russe parfaitement capable de diffuser de fausses informations (par exemple sur le sexualité de notre actuel président) quand ça l'arrange.
a écrit le 21/05/2017 à 19:16 :
La rigidité allemande du cadavre européen.
a écrit le 21/05/2017 à 18:17 :
Au lieu de rembourser E 2 Mlds à des investisseurs privés, la Grèce devrait utiliser cet argent pour rembourser une partie de la dette due au FMI.
Cordialement
Réponse de le 21/05/2017 à 19:21 :
Les Etats sont bien contents de trouver des investisseurs pour leur prêter : comme vous l'écrivez, il s'agit de rembourser de l'argent appartenant à des investisseurs, pas des cadeaux !!! Et si l'argent prêté provenait de votre livret d'épargne, tiendriez-vous le même discours ???
Réponse de le 23/05/2017 à 8:00 :
@ Réponse de @Bernardino le 21/05/2017 à 19:21
Ce ne sont pas des comptes d'épargne détenus par les Grecs que la Grèce veut rembourser, ce sont des obligations achetés par des investisseurs privés et très probablement étrangers (qui en détiennent encore pour environ E 50 Mlds).
L'idée de rembourser une partie des prêts et en avance au FMI (qui a probablement prêté à des taux très supérieurs à ceux du mécanisme européen) serait de faire "patte blanche" vis à vis du FMI pour obtenir encore une fois sa participation. Le Portugal a agi de cette façon l'an dernier.
En gros, vous me devez de l'argent et vous en avez un peu. Vous voulez que je vous en prête encore mais vous utilisez le peu d'argent que vous avez pour rembourser des tiers ! Votre position frise la provocation.
Cordialement
a écrit le 21/05/2017 à 17:51 :
De "nein" en "nein", L'Europe se dirige vers la dissolution.
a écrit le 21/05/2017 à 17:20 :
Avec cette Europe c'est plus tu paie moins tu peut payer et cela va continuer !!! n'oubliez pas que ce sont des mesures prises en compte pour 2019 2022 , d'ici là je pense que syryza aura sauter !!!
a écrit le 21/05/2017 à 16:52 :
"Notre pays, en adoptant de nouvelles mesures au Parlement grec a totalement rempli ses obligations et à temps". Encore faudra-t-il que ces mesures soient effectivement mises en place. Promettre et ne rien faire, ils l'ont souvent fait :-)
a écrit le 21/05/2017 à 14:12 :
Avec le 'Moi Président" socialiste voila ou en est la situation de la Grèce. C'est facile de jouer au bon samaritain de la finance avec l'argent de son peuple et celui de l'Europe. Je sais il s'en moque maintenant puisqu'il s'est éjecté tout seul!
a écrit le 21/05/2017 à 14:06 :
le pb de la grece il est tres simple; ils ne collectent pas l'impot........ alleger la dette d'un pays qui ne collecte pas l'impot c'est du suicide! il faut les aider a mettre en place une administration qui met enfin en place un cadastre et qui collecte
Réponse de le 21/05/2017 à 16:40 :
Les reformes sont mises en place, lentement comme le cadastre. Je sais car je l'ai fait il y a 2 mois. L'impot est collecte suffisamment maintenant, le probleme c'etait il y a 20 ans. S'ils font defaut maintenant, leur budget est equilibre alors ils n'ont pas besoin d'emprunter. il faut arreter church ! Le repaiement de la dette n'a plus rien a voir avec la collecte de l'impot mais avec un budget excendentaire du au fort taux d'imposition ou des coupes budgetaires, comme par exemple le non-remboursement des examens radiologiques pour les enfants en bas-age. Je le sais, je l'ai paye.

Par contre, les retraites auraient du etre diminuees il y a des annees de cela car cela atteignait encore 10% du budget au lieu de 4%. Mais comment faire comprendre aux 'vieux' que leurs retraites sont payes en partie par les salaires minimum a 540 euros que recoivent les jeunes.
Réponse de le 21/05/2017 à 18:07 :
@churchil: il semble y avoir des améliorations maintenant, même si les tricheurs ne manquent pas, notamment dans les services qui demandent encore souvent à être payés en liquide. Je crois savoir également que des experts européens accompagnent l'administration grecque à mettre en application des règles. Cela dit, je ne leur fais toutefois toujours pas confiance tellement ils nous ont pris pour des idiots par le passé :-)
Réponse de le 22/05/2017 à 9:29 :
"Les reformes sont mises en place, lentement comme le cadastre." Et c'est bien ça le problème, c'est la mauvaise volonté à mettre en place ce qui est pourtant incontournable. Ca fait au moins 10 ans qu'on sait que les outils efficaces de collecte de l'impôt sont inexistants ou inopérants en Grèce...

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