L'année 2020 donne le tournis. Selon les derniers chiffres de l'institut de statistiques bruxellois (Eurostat) rendus publics ce jeudi 7 janvier, l'indice des prix à la consommation a reculé de 0,3% au mois de décembre dernier. Ce recul persistant s'explique principalement par la chute des prix de l'énergie (-6,9%) et des biens industriels hors énergie (-0,5%) qui font véritablement bouger l'indice des prix au sein de l'union monétaire. A l'opposé, les prix de l'alimentation, de l'alcool et du tabac (1,4%) ainsi que celui des services (0,6%) ont accéléré en décembre. C'est ainsi le cinquième moins consécutif que l'inflation demeure en territoire négatif. La pandémie a ainsi provoqué un choc déflationniste au cours de cette année chaotique. Pour le début de l'année 2021, la fin de la baisse de la TVA en Allemagne pour relancer la consommation et l'augmentation des prix de l'énergie devraient soutenir la hausse des prix. "L'effet de la baisse de la TVA en Allemagne est évident mais la périphérie a connu un vaste choc désinflationniste" a commenté l'économiste Frederik Ducrozet sur Twitter.
Selon des prévisions du bulletin économique de la Banque centrale européenne (BCE) publié ce jeudi, l'inflation annuelle serait de 0,2% en 2020, de 1% en 2021, de 1,1% en 2022 et de 1,4% en 2023. Autant dire que la crise risque de laisser des séquelles profondes et durables sur l'économie. "Le risque que l'économie européenne déraille au premier trimestre de cette année s'accroît chaque jour un peu plus alors que les Etats européens durcissent les mesures pour faire face à l'expansion de la pandémie et à la nouvelle mutation inquiétante observée initialement au Royaume-Uni. Alors que le rebond économique était attendu dès le premier trimestre, celui-ci pourrait être décalé au mieux au deuxième semestre, en fonction de la rapidité des campagnes de vaccination dans chaque pays et du devenir de l'épargne" explique le responsable de la recherche macroéconomique chez Saxo Bank, Christopher Dembick, dans une note.