Zone euro : l'inflation revient, mais les défis restent

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Les prix remontent en zone euro.
Les prix remontent en zone euro. (Crédits : © XXSTRINGERXX xxxxx / Reuters)
Les prix ont fortement progressé en Espagne et en Allemagne en octobre. En zone euro, les prix pourraient progresser de 0,5 % sur un an, du jamais vu depuis juin 2014. Mais tout n'est pas réglé pour autant...

C'est une bonne nouvelle pour la BCE : l'inflation est de retour en zone euro. Alors que les chiffres de l'inflation pour la zone euro en octobre ne seront connus que le lundi 31 octobre, une série de données est venue plaider en faveur d'une nette hausse des prix ce mois-ci. En Espagne, l'inflation harmonisée a ainsi été annoncée à 0,5 % sur un an, contre 0 % en septembre. Ce chiffre n'avait jamais été atteint depuis septembre 2013, voici donc 37 mois. En Allemagne, cette même inflation harmonisée s'est située à 0,7 % contre 0,2 % en septembre. Là encore, ce chiffre n'est jamais vu depuis octobre 2014, donc depuis 24 mois. Seul bémol : la France où l'inflation harmonisée est demeurée stable à 0,5 % en octobre. Le niveau demeure cependant plus élevé que les mois précédents.

0,5 % en octobre en zone euro ?

Selon les équipes de BNP Paribas, il semble désormais possible d'atteindre lundi une inflation en zone euro de 0,5 % annuel pour octobre contre 0,4 % en septembre. Ce serait la plus forte hausse des prix depuis juin 2014. Ceci ôte un peu de pression à la BCE, car il semble désormais que la remontée des prix attendue depuis plus de dix-huit mois dans la foulée de la remontée du prix des matières premières pourrait se concrétiser. Mario Draghi pourra donc appuyer par des faits l'idée que sa politique monétaire porte ses fruits.

Encore loin du but

Tout n'est cependant pas gagné. Les taux d'inflation demeurent encore très éloignés de l'objectif de la BCE d'une inflation inférieure, mais proche des 2 %. Surtout, cette remontée est avant tout portée par la fin de la baisse du prix des matières premières. L'effet de base sur l'énergie porte l'essentiel du mouvement reflationniste et l'inflation sous-jacente, hors effet de l'énergie, du tabac et de l'alimentation, demeure assez contenue, même si l'évolution des prix des biens industriels est passée en Allemagne de - 0,1 % en septembre à 0,4 % en octobre. Or, ce n'est qu'avec une vraie remontée de l'inflation sous-jacente que les entreprises pourront regagner de la marge sur leur capacité à imposer leurs prix et donc de la visibilité sur leur rentabilité. C'est un élément important de la décision d'investissement.

Défis pour la BCE

Surtout, ce retour de l'inflation place de dangereux écueils sur le chemin de la BCE. Les gains de pouvoir d'achat liés à la baisse du prix de l'essence vont se réduire. Or, la croissance européenne dépendait principalement de la consommation des ménages. Si l'investissement ne reprend pas le relais rapidement, il est possible que la croissance ralentisse, ce qui limitera l'inflation sous-jacente. De plus, les pressions pour la sortie de la politique ultra-accommodante de la BCE vont se multiplier venant d'Allemagne. Or, une telle sortie est très périlleuse et pourrait affaiblir les marchés. Bref, le plus dur n'est pas encore fait.

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Commentaires
a écrit le 29/10/2016 à 0:19 :
Ce même jour, M. Godin explique en fonction des soldes du Target2 que les Italiens vendent à la BCE pour placer l'argent reçu à l'étranger, en particulier en Allemagne. Faut-il s'étonner que le taux d'inflation y est plus élevé qu'en Italie, mais il ne faut pas y voir des fruits de la politique monétaire de la BCE qui pour s'approcher de son objectif d'inflation crée d'autres déséquilibres.

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