Ces patrons qui, comme Carlos Ghosn, se serrent (un peu) la ceinture

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Le PDG de Renault a annoncé jeudi matin accepter de différer 30% de sa rémunération variable en la conditionnant à la signature d'un accord social et aux volumes de production. Une annonce qui s'inscrit dans un lent changement de culture des rémunérations des dirigeants depuis la crise.

Objectif : montrer que l'on fait des efforts. Autant à ses salariés qu'à ses actionnaires. Jeudi matin, Carlos Ghosn, le PDG du constructeur automobile Renault, a confirmé qu'il gelait 30% de la part variable de sa rémunération (soit 430.000 euros de 1 million d'euros) au 31 décembre 2016. Il touchera ce montant uniquement si, d'ici là, un plan de compétitivité est signé et mis en place dans l'entreprise. Et si l'entreprise produit les volumes promis par la direction aux syndicats.

Une première, au regard de la condition de la signature d'un accord social, estime Vincent Cornet, responsable "rémunération des dirigeants" au cabinet de conseil Aon Hewitt.

Mais plus généralement, Carlos Ghosn n'est pas le premier à renoncer ou à différer une partie de ses rémunérations. En avril 2012, le PDG de PSA, Philippe Varin, avait renoncé à la part variable de son salaire. En mars 2009, Gérard Mestrallet et Jean-François Cirelli, président et directeur général de GDF, avaient renoncé à leurs stock-options. Et la liste est encore longue... Citigroup, Crédit Suisse, Barclays... En 2012, c'était aux grandes banques de subir une attaque de leurs actionnaires votant contre les rémunérations des dirigeants.

De plus en plus de versement en différé

Par cette baisse de salaire, Carlos Ghosn entendait envoyer un message aux actionnaires autant qu'aux salariés.

"Le versement d'une partie du salaire en différé se fait de plus en plus", indique Vincent Cornet. L'exemple le plus flagrant fut celui du patron de Publicis. En 2012, il touche 16 millions d'euros au titre de neuf années de rémunération, à la performance, différées depuis 2003. "Est-ce que ce sont les résultats annuels qui montrent le succès de l'entreprise ou plutôt ce qui se passe sur la durée du mandat du dirigeant?", s'interroge Vincent Cornet.

Transparence et appréciation des risques

Alors les actionnaires apprécient d'autant plus lorsque les dirigeants se rémunèrent selon les résultats à long terme de l'entreprise. Ou en actions. Comme lorsqu'en janvier 2011, GDF remplaça les rémunérations en stock-options par des rémunérations en actions gratuites.

Cette évolution est notamment vraie dans les banques, où "avec la mise en place de normes européennes, certains risques ne sont pas encore appréciés", explique Vincent Cornet. Une partie des bonus de leurs dirigeants sont fournis en fonction de l'évolution du cours de l'action.

De tels changements dans la culture de rémunération des dirigeants permet de prendre en compte les risques futurs éventuels. Mais "il s'agit aussi d'une politique de transparence et de volonté des dirigeants, de montrer aux investisseurs qu'ils sont bien associés aux résultats de l'entreprise", explique Vincent Cornet. "Cela date de la crise", car "elle a fait naître des règles de gouvernance".

Une loi sur le "say-on-pay"

Des aigreurs de la crise, le gouvernement souhaite tirer une loi pour réformer les méthodes de rémunération des dirigeants des entreprises privés - en plus d'un plafonnement des salaires de dirigeants des entreprises publiques. Il s'agirait de mettre en application le "say-on-pay" en France : les actionnaires auraient leur mot à dire sur les rémunérations des administrateurs des entreprises.

Le projet de loi devrait être déposé au printemps. Et la rapporteuse de la mission d'information, Corinne Narassiguin, propose notamment de lier la part des rémunérations variables aux performances de l'entreprise sur le long terme.

"Il s'agit d'augmenter la transparence", explique Vincent Cornet. Un code AFEP-Medef, moins contraignant qu'une loi, existe déjà sur le sujet. Mais il ne demande que de préciser sur quoi se base le calcul de la part variable. "On ne peut pas faire autrement dans la compétitition mondiale actuelle, commente l'analyste, il faut que les investisseurs aient les mêmes informations en France qu'à l'étranger. Et les critères de gouvernance participent à l'attractivité d'une entreprise".

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Commentaires
a écrit le 21/02/2013 à 18:04 :
Cette façon de procéder à un nom: "Le foutage de gueule". Pourvu que ça dure...
a écrit le 16/02/2013 à 8:47 :
IL aura encore des fins de mois aisés et s'il continue ce nanti il devrait nous faire pleurer ce libanais
a écrit le 15/02/2013 à 18:11 :
Considérant que notre ami Carlos touche annuellement env. 10 millions d'euros tout confondu (il est également payé par Nissan associé de Renault), il accepte de réduire de 4 % ses émoluments. Comme il ne lui en restera que 9,6 millions d'euros, il va être amené à faire des choix drastiques pour boucler ses fins de mois ! Je propose que ses employés cotisent pour lui permettre de joindre les 2 bouts.
a écrit le 15/02/2013 à 12:58 :
Sa rémunération obèse compte tenu de la performance de Renault ne lui permet pas de se serrer davantage la ceinture sans s'étouffer !
a écrit le 15/02/2013 à 11:11 :
quelques graines....pour les piou-piou
a écrit le 15/02/2013 à 10:55 :
Un salaire inamissible comme l'ensemble des patrons du CAC 40 qui n'ont jamais pris aucun risque n'étant que de simple haut cadre supérieur salarié au contraire d'un véritable entrepreneur. Monsieur Carlos Ghosn peut dire merci au conseil d'administration qui ne sont que des copains des copains parrainés lors des renouvellement des conseils...
a écrit le 15/02/2013 à 10:00 :
Moi j'ai plus de trou à ma ceinture pour me la serrer..je commence à suffoquer...
a écrit le 15/02/2013 à 8:45 :
C GOSHN porte la haine des ouvrieres sur sa figure ,la photos est bien representatif du personnage!
a écrit le 14/02/2013 à 22:06 :
Quand meme, titrez que C Goshn se serre la ceinture avec 430 000 euros de moins alors qu il gagne 13 millions d euro, represente un peu plus de 3 % seulement. Il ne va lui rester que 12 570 000 euros. LE POVRE.
Les journalistes devraient mieux apprendre a calculer.
a écrit le 14/02/2013 à 21:11 :
Les pauvres, ils se serrent la ceinture !!! Elle est terrible cette crise !!!
a écrit le 14/02/2013 à 21:07 :
Un vrai scandale!, Carlos Ghosn, cet individu s'octroie 1000 fois ce que gagne un ouvrier monteur sur une chaine d'assemblage automobile!.
Et pour quels résultats?.
a écrit le 14/02/2013 à 21:01 :
Ce n'est pas vrai pour tous....
Jean Paul CHIFFLET , DG de CASA, Crédit Agricole , s'est augmenté de 112%( cent douze ) en 2009....
Réponse de le 15/02/2013 à 9:44 :
cette annee - 50% de msi pour casa
a écrit le 14/02/2013 à 20:30 :
Il a de la marge pour se serrer la ceinture.......!! 13 millions d'?uros de revenus en 2012.....
et on évoque 400.000? .....décalés et payables en 2017.....!!
a écrit le 14/02/2013 à 20:27 :
si je serre ma ceinture comme Carlos !!! zut ! j'ai perdu mon froc ! à force de mettre des tuyaux dans tous les sens pour contrôler freiner dévier taxer et bien ils ont inventé l'usine à gaz fleuron de l'industrie du fisc à la française .
a écrit le 14/02/2013 à 20:01 :
je veux bien me serrer la ceinture comme C.Ghosn... (400k?, et différés en plus...sur 12M? de salaire annuel, quel sacrifice!).

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