Le patron de PSA se serre (un peu) la ceinture

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Le directoire renonce à toute part variable de rémunération au titre de l'exercice 2011. Le groupe a publié ce mercredi un chiffre d'affaires en chute de 7 % au premier trimestre. Mais les seules ventes de véhicules neufs reculent de 16,9 % !

Le directoire de PSA Peugeot Citroën renonce à toute part variable de rémunération au titre de l'exercice 2011, a annoncé ce mercredi le président du conseil de surveillance Thierry Peugeot, lors de l'assemblée générale des actionnaires."Aucune option d'achat d'actions, ni actions gratuites sous condition de performance, n'a été attribuée au directoire en 2011", a explicité Thierry  Peugeot. 

Pour le président du directoire, Philippe Varin, la part variable de rémunération pouvait représenter jusqu'à 150 % de sa rémunération fixe, laquelle s'élève pour 2011 à 1,3 million d'euros. Celle-ci demeure inchangée par rapport à 2010. Pour les autres membres du directoire, cette part variable pouvait représenter jusqu'à 110 % de leur rémunération fixe. Celle-ci se monte pour chacun à 618.000 euros au titre de 2011, comme l'année précédente.

Crise grave

Cette annonce intervient dans un contexte de crise grave. PSA a publié ce mercredi un chiffre d'affaires en recul de 7 % au premier trimestre, à 14,3 milliards d'euros. Pis : le volume d'affaires de la seule division automobile plonge de 14 %. Les ventes mondiales de PSA (en nombre d'unités) dégringolent de 14,2 % à 790.100 unités alors que le marché européen n'est en retrait que de 8 %. 

La forte progression de l'équipementier Faurecia (+ 8 %) et de la Banque PSA Finance (+ 6 %) limite la casse. Si  l'on enlève l'après-vente, le chiffre d'affaires généré par les ventes de véhicules neufs recule de 16,9 % ! C'est beaucoup. Un plongeon qui s'explique notamment, selon le groupe, par une "forte baisse des volumes de véhicules montés hors Chine de 18,1 %" et un "effet prix négatif (- 0,9 %)". Les stocks de véhicules neufs, assez élevés, s'élèvent à 70 jours à fin mars. D'où le chômage technique de nombreuses usines pour réduire la production. 

Prévisions 2012 peu optimistes

Pour l'année 2012, PSA maintient l'hypothèse d'un repli des marchés automobiles de l'ordre de 5 % en Europe et de 10 % en France. Hors d'Europe, le groupe s'attend à une croissance de l'ordre de 7 % du marché chinois, de 6 % en Amérique latine et de 5 % en Russie. Dans ce contexte "difficile", le groupe "confirme son objectif de désendettement significatif".

Le plan de réduction des coûts d'un milliard d'euros est "en cours de mise en ?uvre", affirme le constructeur. "Près de la moitié du plan de cession de 1,5 milliard a été réalisé au premier trimestre avec la vente de Citer (location de véhicules) pour 448 millions et la signature de la promesse de vente du siège parisien, au 75 avenue de la Grande-Armée, pour 245 millions". Une rentrée d'argent frais, certes, mais le groupe devra payer ensuite un loyer élevé... pour rester au même endroit.

Perte opérationnelle

PSA a affiché l'an dernier un profit net de 588 millions d'euros mais le résultat opérationnel de sa division automobile était négatif de 92 millions, avec même un déficit de 497 millions au second semestre. En février dernier, lors de la publication des résultats financiers du groupe, Philippe Varin avait affirmé qu'il faudrait "améliorer d'un milliard d'euros les comptes de résultats en 2012", sans s'engager plus avant.

Alliance inégale

PSA a dû conclure d'urgence une alliance avec GM, fin février 2012. Et ce, afin de procéder à une augmentation de capital d'un milliard d'euros. Le groupe avait en effet besoin d'argent frais. Mais cette alliance est... inégale. L'américain a pris 7 % du français, sans contrepartie. Les synergies tant vantées n'interviendront pas avant le lancement de véhicules sur des plates-formes communes. Pour cela, il faudra attendre quelques années. 

D'ici là, les effets d'une telle alliance resteront relativement marginaux. Certes, PSA attend beaucoup de sa dernière Peugeot 208, pour se renflouer et inverser une tendance commercial négative jusqu'ici. Mais, que ce petit véhicule n'obtienne qu'un succès mitigé et PSA sera alors en très grande difficulté!

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Commentaires
a écrit le 25/04/2012 à 16:32 :
Rappelons qu'au début des années 90, la même fonction était rémunérée 2 millions.........de Francs.
Ah mais oui c'est vrai, nos "champions" (en réalité des enarques pantouflards tous anciens inspecteurs des finances) risquent de fuir à l'étranger, laissant la France sans ces grands esprits.
a écrit le 25/04/2012 à 15:43 :
aux apprentis sorciers : pensiez vous qu'en delocalisant votre chiffre augmenterait ? du marché FRANçAIS ,terrain de chasse résérvé vous etes passé a la concurrance internationale et la ça change tout ! pourquoi acheter français des vehicules fabrique en Chine Inde Maroc Corée Roumanie......................encore un petit effort et vous trouverez bien un pays ou on fait travailler les esclaves !!!!!!!!!!!!!!!!
Réponse de le 30/04/2012 à 19:04 :
N' importe quoi ! C'est dingue ce qu'on peut lire comme commentaire ! Va falloir se renseigner roclo .

C'est vrai qu'il n'y a pas d'usine de production PSA en France (sarcasme) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Usine_PSA

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