« Dans le financement des startups aussi, la mixité est la vraie bonne réponse » dit Femmes Business Angels Sud
Laurence Bottero
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8% de femmes dirigeantes dans les entreprises passées par la phase levée de fonds, voilà le pourcentage qui résume peu ou prou la situation des femmes patronnes dans la tech. Mais une autre donnée est presque bien plus significative, celle de l'investissement potentiel porté par des femmes au niveau mondial, soit 3.200 milliards de dollars d'après une étude du cabinet Coleman Parkes Research reprise dans le Livre blanc réalisé par Femmes Business Angels. Comprendre que c'est la somme investie si les femmes se comportaient sur ce point comme les hommes. Car l'investissement féminin n'exprime pas - et de loin - son plein potentiel. C'est d'ailleurs bien cela qui est à l'origine de la création du réseau que pilote au niveau national Florence Richardson. Né en 2003, il réunit alors quelques femmes désireuses de promouvoir l'entreprenariat féminin, un sujet qui est alors loin d'être une priorité, mais qui est déjà une bataille.
Vingt ans plus tard, il faut encore convaincre qu'un regard, une approche, une vision féminine est un plus dans le monde économique, que c'est une sensibilité différente, pas opposée mais complémentaire. Une évidence souvent sur le papier mais tellement plus difficile à concrétiser dans la réalité.
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« L'objectif est de pousser les femmes à s'investir et à investir », résume Dominique Mucchielli, président du réseau en Provence Alpes Côte d'Azur. C'est aussi former aux métiers de l'investissement, car avoir été chef d'entreprise, avoir occupé des postes de direction, avoir un parcours dans la finance ne donne pas tous les codes pour savoir être un business angel averti. « Il faut apprendre à regarder les chiffres différemment. Un business plan, c'est une base. Mais ça ne fait pas tout ». Dans l'investissement aussi, une sorte de plafond de verre existe, les femmes s'interrogeant parfois sur la capacité à être performante, crédible. Si, souvent, on devient business angels quand on a cédé son entreprise, de plus en plus de jeunes profils rejoignent l'association. Des profils, par ailleurs, de façon générale, souvent ingénieures. Et comme on ne devient pas business angels averti simplement parce qu'on le décide, une formation est distillée à toute nouvelle adhérente, notamment sur comment valoriser une startup, sur les cryptomonnaies... sur ce qui relève « de processus complexes et évolutifs ». Les femmes ont, dit Dominique Mucchielli, « une approche du risque totalement différente » de celle des hommes. Ce qui n'évite pas les incidents de parcours, évidemment. « Il est arrivé à tout le monde de connaître des investissements qui ne se révèlent pas fructueux ». De l'erreur souvent, d'ailleurs, naît l'expérience.
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