Près de deux mois avant la fin de l'année, les femmes travaillent "gratuitement". Actuellement en Europe, le salaire horaire moyen d'une femme est de 16,3% inférieur à celui d'un homme. En France, tout temps de travail confondu, les hommes gagneraient en moyenne 19% de plus que les femmes. Cela représente une perte annuelle de 62 milliards d'euros pour l'économie française, d'après un rapport du think tank la fondation Concorde.
[Capture d'écran du "Guide pour l'égalité femmes-hommes dans les PME" réalisé par le Laboratoire de l'Egalité.]
Ainsi, la journée de l'égalité salariale - cette année, le 3 novembre -, marque le jour à partir duquel les femmes cessent d'être rémunérées pour leur travail par rapport à leurs homologues masculins. Soit, près de deux mois avant la fin de l'année !
Déjà relayées, ces inégalités avaient été au cœur de dénonciations, notamment en Islande le 24 octobre 2016 : des milliers de femmes avaient cessé de travailler à 14h38, heure à laquelle elles n'étaient plus payées en comparaison à leurs collègues masculins. Des actions similaires avaient été organisées en France le 7 novembre 2016 à 16h34, heure à partir de laquelle les Françaises travaillaient "bénévolement".
[L'inégalité salariale touche tous les milieux professionnels. Capture d'écran de l'étude de la fondation Concorde.].
Ce 3 novembre, les femmes sont donc invitées à cesser de travailler à 11h44, heure exacte à laquelle elles ne sont plus payées cette année.
Force est de constater que ces inégalités ont été largement relayées et critiquées. Pour autant, un rapport du Forum économique mondial (WEF) estime que l'égalité ne serait pas attente avant 217 ans soit en 2234 !
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Pourtant, les effets sur l'économie française de l'égalité salariale ne sont pas négligeables. D'après la fondation Concorde, le gain des recettes annuelles pour l'Etat s'établirait à 33,7 milliards d'euros(*) tandis que l'augmentation des salaires nets se chiffrerait 33,6 milliards d'euros.
En complément, l'étude prévoirait, avec la fin des inégalités, une hausse de l'épargne (+6,16 milliards d'euros), de la consommation (+21,98 milliards d'euros), ainsi que 26.000 créations d'emploi supplémentaires par an et une augmentation de l'investissement à court, moyen et long terme.
En énumérant les bienfaits de la réduction des inégalités salariales, on peut ainsi se demander pourquoi les gouvernements français et européens, ne s'activent pas plus assidûment pour pallier le problème. Ce à quoi semble répondre Bruxelles, toujours par les voix de Frans Timmermans, Marianne Thyssen et Věra Jourová :
Un premier pas pour des consultations, semble-t-il, mais les actions concrètes restent encore loin d'êtres actées.
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(*) La fondation Concorde détaille les 33,7 milliards d'euros de gain : hausse de la TVA 3,83 milliards + hausse des recettes de l'impôt sur le revenu 5,47 milliards d'euros + hausse des cotisations sociales et patronales 24,43 milliards d'euros.
** Un graphique de notre partenaire Statista
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