Assignée en justice par 10 traders en cryptomonnaies, Coincheck reprend ses échanges en yen

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L'enseigne de la plate-forme japonaise Coincheck. Un groupe de dix traders en cryptomonnaies assignera en justice jeudi la plate-forme pour le vol le mois dernier de 530 millions de dollars d'argent virtuel.
L'enseigne de la plate-forme japonaise Coincheck. Un groupe de dix traders en cryptomonnaies assignera en justice jeudi la plate-forme pour le vol le mois dernier de 530 millions de dollars d'argent virtuel. (Crédits : Kim Kyung Hoon)
Les négociants en monnaie virtuelle contestent la décision de Coincheck de geler tous les retraits en yens et en cryptodevises après le hack du 26 janvier. La plateforme d'échange de bitcoins, qui se refusait jusqu'ici à toute suspension des restrictions, vient d'annoncer la reprise des échanges en yen (mais pas l'encaissement des cryptodevises). Mais ce nouveau giga-cambriolage d'un demi-milliard de dollars exacerbe aussi les critiques contre les autorités financières japonaises, pour qui se repose le dilemme : surveiller ou bannir ?

Après les perquisitions fin janvier au siège de la société qui se présente elle-même comme "la principale plateforme d'échanges sur le bitcoin et les cryptomonnaies en Asie", les choses se compliquent encore. Un groupe de dix traders en cryptomonnaies assignera en justice jeudi la plate-forme japonaise Coincheck pour le vol le mois dernier de 530 millions de dollars (430 millions d'euros) d'argent virtuel, a annoncé un avocat représentant les plaignants.

Les traders contestent la décision de Coincheck de geler tous les retraits en yens et en cryptodevises après ce vol et vont demander que la plate-forme leur permette de prendre ces devises pour les mettre dans des "porte-monnaie", c'est-à-dire des dossiers utilisés pour stocker l'argent dématérialisé en dehors de la plate-forme, a expliqué, l'avocat, Hiromu Mochizuki.

Les retraits en yen à nouveau autorisés ce matin

Un deuxième recours en justice visant à obtenir des dommages-intérêts pourrait être annoncé à la fin du mois, a ajouté l'avocat.

Coincheck avait fait savoir que les restrictions sur les retraits de cryptomonnaies seraient maintenues jusqu'à ce qu'elle puisse garantir une reprise sécurisée de ses opérations.

Mais, mardi matin, confirmant des messages relayés via Twitter, le grand quotidien japonais "Asahi Shimbun" annonçait que la plateforme Coincheck autorisait à nouveau les retraits en yens ce mardi 13 février.

Les échanges en cryptodevises toujours suspendus

Le quotidien rapporte ainsi qu'un homme de 47 ans de la préfecture de Saitama a déclaré avoir confirmé le transfert d'environ 1,5 million de yens sur son compte bancaire.

"J'ai été soulagé d'obtenir un remboursement de l'argent car je m'attendais à ne recevoir qu'un petit montant", a-t-il dit.

Les autorités financières du Japon mobilisées

Cependant, explique l'Asahi Shimbun, l'encaissement des cryptodevises est toujours suspendu. On ne sait toujours pas quand la plateforme pourra rembourser les quelque 260.000 propriétaires de la cryptomonnaie NEM (New Economy Movement) qui se sont fait voler pour un total de 46,3 milliards de yens (env. 350 millions d'euros).

Le ministre des Finances Taro Aso a souligné lors d'une conférence de presse ce mardi 13 février que la FSA, l'autorité financière japonaise, mettra l'accent sur les mesures visant à renforcer la protection des clients.

Pour mémoire, la surveillance de la FSA avait déjà été pris en défaut en 2014 lors du gigantesque cambriolage de la plateforme MtGox, avec un demi-milliard de dollars hackés.

Surveiller ou bannir ?

Depuis, le Japon a réagi, devenant le premier pays au monde à se doter d'un système national de surveillance de la négociation de crypto-monnaies. Ce nouveau casse géant, lui aussi de près d'un demi-miliard de dollars, montre que la marge de progression est importante.

Pour certains experts, expliquait hier l'Asahi Shimbun, cela a soulevé des questions sur le choix du Japon de réglementer cette industrie financière innovante, quand d'autres pays, comme la Corée du Sud et la Chine, ont choisi la voie de la répression au vu de la puissance de déstabilisation des économies que représentent ces immenses flambées spéculatives sur les cryptomonnaies.

(avec Reuters)

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