"Extrêmement risqué" : warning sur le bitcoin des trois gendarmes européens financiers

 |   |  642  mots
Les récentes montagnes russes du cours du Bitcoin. Les trois autorités financières européennes mettent surtout en garde les consommateurs contre l'absence de protection en cas de faillite ou d'arrêt des activités des platefomes d'échanges de monnaies virtuelles ou des fournisseurs de wallets numériques pour les stocker.
Les récentes montagnes russes du cours du Bitcoin. Les trois autorités financières européennes mettent surtout en garde les consommateurs contre l'absence de protection en cas de faillite ou d'arrêt des activités des platefomes d'échanges de monnaies virtuelles ou des fournisseurs de wallets numériques pour les stocker. (Crédits : Coindesk)
L'Autorité bancaire européenne, son homologue des marchés financiers et celle des assurances ont lancé ce lundi un avertissement au public sur l'achat "très risqué" de cryptomonnaies, dont la valeur a fluctué de façon très significative ces derniers mois, à la hausse comme à la baisse.

C'est suffisamment rare pour être relevé : les trois gendarmes européens de la finance, l'Autorité bancaire européenne (ABE ou EBA en anglais), l'Autorité européenne des marchés financiers (Esma en anglais) et l'Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (Eiopa) ont lancé ce lundi soir un avertissement destiné au grand public sur les risques liés à l'achat et à la détention de monnaies virtuelles, "des produits hautement risqués et non réglementés, et qui ne conviennent pas aux investissements, à l'épargne ou à la préparation de la retraite."

"Les trois autorités européennes de supervision sont préoccupées par le fait qu'un nombre croissant de consommateurs achètent des monnaies virtuelles en particulier dans l'attente d'une hausse continue de leur valeur sans avoir conscience des risques très élevés de perdre l'argent investi" déclarent-elles dans un communiqué commun.

L'EBA, l'Esma et l'Eiopa soulignent que les cryptomonnaies "comme le Bitcoin, le Ripple et l'Ether et de nombreuses autres ont été très volatiles récemment", autrement dit leur cours ont connu des montagnes russes, à la hausse comme à la baisse.

"Par exemple, la valeur du Bitcoin a fortement augmenté en 2017 de 1.000 euros en janvier à plus de 16.000 à la mi-décembre puis a chuté de près de 70% à 5.000 euros début février. Plus récemment, elle a remonté de 40% et se traite actuellement à 7.000 euros" détaillent les trois autorités, qui rappellent que la capitalisation totale des 100 premières monnaies virtuelles s'élève à environ 330 milliards d'euros.

Ceci dit, les marchés d'actions ont connu également des mouvements très brutaux ces dernières semaines.

Lire aussi : Affolement à Wall Street... le Dow Jones perd plus de 1.500 points

 "Ne pas investir l'argent que vous ne pouvez perdre"

Les gendarmes insistent en particulier sur le fait que les crypto-monnaies "ne sont pas réglementées par les lois de l'UE", ce qui a pour conséquence l'absence de protection des consommateurs et des garanties habituelles.

"Les plateformes où s'échangent les monnaies virtuelles et les porte-monnaie numériques utilisés pour en détenir, conserver ou transférer ne sont pas réglementés non plus. Cela signifie que si vous achetez ou détenez des monnaies virtuelles, vous ne bénéficierez pas des garanties et protections associées aux produits financiers réglementésPar exemple, si une plate-forme d'échange de monnaies virtuelles ou un fournisseur de "wallets digitaux" fait faillite, arrête son activité ou fait l'objet d'une cyberattaque, d'un détournement de fonds ou d'une confiscation d'actifs à la suite de mesures d'application de la loi, le droit de l'UE n'offre aucune protection spécifique sur la couverture de vos pertes ou l'accès à vos actifs. Ces risques se sont déjà matérialisés en de nombreuses occasions dans le monde entier" soulignent les trois autorités.

Le manque de transparence des prix, le risque d'interruptions de service des plateformes sont d'autres dangers cités par les superviseurs.

Surtout, l'EBA, l'Esma et l'Eiopa veulent faire comprendre que les consommateurs européens qui voudraient tout de même acheter des crypto-monnaies doivent le faire en connaissance de cause, à leurs risques et périls.

"Si vous décidez d'acheter des monnaies virtuelles ou des produits financiers donnant une exposition directe [à celles-ci], vous devriez comprendre leurs caractéristiques et les risques que vous prenez. Vous ne devriez pas investir de l'argent que vous ne pouvez vous permettre de perdre.

Vous devriez vous assurer que vous maintenez un niveau de sécurité adéquat et à jour sur les appareils et matériels que vous utilisez pour accéder à vos monnaies virtuelles ou pour acheter, stocker ou transférer des monnaies virtuelles. En outre, vous devez savoir que l'achat de monnaies virtuelles auprès d'une entreprise réglementée de services financiers n'atténue pas les risques."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/02/2018 à 13:24 :
mais nabilla avait dit que c'était une affaire, mais qui écouter alors ?? allo quoi ?
a écrit le 13/02/2018 à 9:24 :
le Bitcoin est risqué certes, mais garder son argent à la banque peut l'être tout autant depuis qu'une loi est passée permettant aux banques de ponctionner nos comptes en cas de faillite, pardon, en cas de difficulté. Nos dépôts ne sont assurés qu'à hauteur de 100 000 euros, garantie que l'Europe veut supprimer, mais de toute façon, le fond de garantie ne pourra pas verser 100 000 euros à tout le monde. Il est nettement insuffisant. Alors croire qu'on fera partie des happy few c'est à dire des quelques dizaines de milliers de personnes qui conserveront leur 100 000 euros, c'est aussi risqué que de jouer au bitcoin. Maintenant quand on voit un magasine économique sérieux, vanter les mérites des gens qui gagner avec le bitcoin, on peut penser qu'il y a manipulation des cerveaux avec l'émotion. Dites vous bien que si vous jouez au bitcoin par émotion, parce qu'un journal suscite en vous l'envie de l'argent facile, vous avez toutes les chances d'y perdre votre culotte, si vous y jouez par volonté, ou pour diversifier votre risque, c'est autre chose!
a écrit le 13/02/2018 à 8:40 :
j'ai joué sur le BT et j'ai perdu avec la division par deux, je ne vois pas en quoi ça regarde qui que soit, c'est mon risque ! Que les Etats s'occupent de leur finance surendetté et que les boursicoteurs se débrouillent, c'est assez simple !
a écrit le 13/02/2018 à 1:34 :
Pas de panique, il y a toujours une solution. En l’occurence, il y a 4 jour, l’Arizona, ce bel État d’Amerique, a voté une loi pour permettre le paiement des impôts en Bitcoin. Si l’Europe ne veut pas de crypto-millionnaires, les États Unis ne feront pas la fine bouche pour les accueillir...
Réponse de le 13/02/2018 à 11:32 :
On ne peux pas dire que les US soit clairvoyant à ce sujet. En matière de crise financière, ils sont prescripteurs!
Réponse de le 13/02/2018 à 20:58 :
Oui, l'Arizona acceptera les paiements en cryptomonnaies à condition qu'ils soient convertis en dollars moins de 24H après réception.
Bref l'Arizona nous fait un affichage high-tech mais préfère les dollars quand même. C'est super.
Réponse de le 15/02/2018 à 16:26 :
Avec la drogue et la prostitution dans le calcul du PIB ... on va bientôt y venir ! ;o)))
a écrit le 12/02/2018 à 22:00 :
Comme à son habitude, les autorités sont très en retard sur le sujet, et la seule manière est de faire peur...
je regrette que ces gens qui gouvernent ne soient pas plus avant-gardistes...
Réponse de le 13/02/2018 à 5:41 :
En quoi décrire exactement ce qui se passe est être en retard ?
Vous êtes totalement hors sujet.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :