Adyen, la Fintech qui vaut plus que Natixis et presque autant que Soc Gen, réussit son premier test

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Le cofondateur et directeur général d'Adyen, Pieter van der Does peut avoir le sourire : son entreprise de paiement continue d'enregistrer une forte croissance rentable.
Le cofondateur et directeur général d'Adyen, Pieter van der Does peut avoir le sourire : son entreprise de paiement continue d'enregistrer une forte croissance rentable. (Crédits : Adyen)
La plateforme de paiement néerlandaise, qui capitalise plus de 19 milliards d'euros, a publié ce mercredi ses premiers résultats annuels, supérieurs aux attentes. La croissance des revenus et des volumes reste forte, sans pénaliser la rentabilité.

C'est la superstar des introductions en Bourse de l'année 2018. Adyen, plateforme de paiement en ligne, a fait une entrée fracassante à Euronext Amsterdam en juin dernier, propulsant d'emblée sa valeur à des niveaux stratosphériques, plus de 14 milliards d'euros de capitalisation. Ce mercredi 27 février, l'entreprise, qui compte de grandes plateformes comme Spotify et Uber et des distributeurs comme Etam et Mango, publiait pour la première fois ses résultats annuels et les investisseurs n'ont pas été déçus. Les revenus ont progressé de 60% à 348,9 millions d'euros, une croissance supérieure à l'objectif officiel d'au moins 40%, et le bénéfice brut d'exploitation (Ebitda) a bondi de 83% à 181,9 millions d'euros.

"Nous avons enregistré une forte croissance rentable au second semestre de 2018, principalement en raison de la croissance continue des marchands clients de notre plateforme", se félicitent le cofondateur et directeur général Pieter van der Does et le directeur financier, Ingo Uytdehaage, dans la lettre aux actionnaires. "Le churn de clients en volume est resté inférieure à 1% et la grande majorité de la croissance est venue de clients existants", soulignent-ils, venant apaiser certaines craintes des investisseurs.

L'action, qui a grimpé de 6% dans les premiers échanges ce mercredi, a subi des prises de bénéfices et cédé 2% à 659 euros. Elle a été multipliée par 2,7 par rapport au prix d'introduction de 240 euros. Après un passage à vide en novembre-décembre, le cours est revenu proche de ses plus hauts niveaux de septembre dernier (719,50 euros en clôture).

Sa capitalisation dépasse les 19,4 milliards d'euros, plus que Natixis (15 milliards) ou Deutsche Bank (16 milliards), et talonne celle de la Société Générale (21,4 milliards), dans un contexte boursier déprimé pour les établissements bancaires. Elle demeure très loin du géant américain PayPal et ses 113 milliards de dollars. A de tels niveaux de valorisation (100 fois les bénéfices de 2018), qui ont fait crier certains à la bulle, interdiction de décevoir.

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La croissance ne faiblit pas

Fondée en 2006, l'entreprise néerlandaise, qui emploie désormais 873 personnes, dont 23 au bureau parisien, a annoncé le gain de nouveaux clients, H&M, Gap et Farfetch.

"Nous ne perdons aucun client au profit de quiconque. La fidélité des clients est extrêmement forte", a affirmé le directeur général lors d'une conférence téléphonique avec les analystes financiers.

En termes de volumes, Adyen a traité pour 159 milliards d'euros de transactions l'an dernier, soit 47% de plus qu'en 2017. Sur le second semestre, la croissance n'a pas faibli puisqu'elle a atteint 50%. C'est précisément cette forte croissance que les investisseurs plébiscitent chez cette entreprise discrète qui a pour concurrents les acteurs traditionnels du paiement comme Ingenico, les nouveaux entrants comme l'américain Stripe, ainsi que les banques qui fournissent les terminaux.

Adyen n'a pas fixé de prévisions pour l'année, s'en tenant à ses objectifs de long terme d'une croissance moyenne de 25% à 30% par an et d'une marge opérationnelle (Ebitda) supérieure à 55% (contre 52% en 2018). Un point qui a semble-t-il laissé un peu les analystes sur leur faim.

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