Ingenico éconduit Natixis et écarte toute fusion

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Ingenico va se concentrer sur le redressement de sa branche de terminaux de paiement, en déclin structurel, et la préparation de son nouveau plan stratégique.
Ingenico va se concentrer sur le redressement de sa branche de terminaux de paiement, en déclin structurel, et la préparation de son nouveau plan stratégique. (Crédits : DR)
Le spécialiste français des terminaux de paiement ne donne "pas suite aux approches préliminaires" dont elle a fait l'objet, notamment de la part de Natixis. Ingenico met fin à sa revue stratégique. L'action dévisse de plus de 7%.

Tout ça pour ça ? Après avoir annoncé une grande revue stratégique de ses options et remercié son Pdg, Philippe Lazare, Ingenico, le leader mondial des solutions de paiement (au coude-à-coude avec l'américain Verifone) a annoncé ce lundi 17 décembre qu'il avait « décidé de ne pas donner suite aux approches préliminaires dont elle a fait l'objet en vue d'une opération stratégique ». Le groupe français éconduit ainsi la banque Natixis, filiale de BPCE, qui l'avait approché. Il entend désormais se concentrer « sur l'accélération de sa performance et la préparation d'un nouveau plan stratégique moyen terme ». Ce plan sera communiqué avant la prochaine assemblée, qui se tient généralement en mai.

« En conséquence, le conseil d'administration a décidé de mettre fin aux travaux du comité ad hoc », annoncé en octobre, précise le communiqué.

Ingenico écarte donc toute fusion dans l'immédiat. Une nouvelle fraîchement accueillie sur les marchés : l'action dévisse de 7,5% signant l'une des plus fortes baisses de l'indice Stoxx 600. Les investisseurs sont déçus que la perspective d'un rachat et, plus largement, d'un mouvement stratégique (comme la scission de l'activité historique des terminaux de paiement), s'éloigne.

Ce n'est cependant pas la plus forte baisse du secteur, qui revient à Worldline (filiale d'Atos), en recul de 9%, pénalisée par la recommandation abaissée de Morgan Stanley.

Natixis et Edenred vont voir ailleurs

De son côté, le titre Natixis cède près de 1%. Le directeur général de Natixis, François Riahi, avait martelé début novembre que la banque n'envisageait pas d'OPA sur Ingenico. Des schémas de rapprochement partiel, avec mise en Bourse des actifs, avaient été étudiés. Natixis pourrait explorer d'autres voies, d'autres cibles dans le paiement, par exemple dans la Fintech, après le rachat de Dalenys en 2017.

Le spécialiste des titres restaurant Edenred, un temps intéressé par Ingenico, avait exprimé son souhait de ne pas aller plus loin : il a peu après annoncé l'acquisition de l'américain CSI, spécialiste du paiement inter-entreprises.

Ingenico aurait également été approché par des fonds d'investissement. L'entreprise doit redresser sa branche de terminaux de paiement, qui représente plus de 45% de son chiffre d'affaires, mais accuse un déclin structurel, dans un contexte de concurrence accrue de nouvelles solutions plus digitales. Le nouveau directeur général, Nicolas Huss, avait pris la tête de la division "Retail" en septembre 2017 avant d'être nommé en juillet 2018 au poste nouvellement créé de Chief Operating Officer (COO), chapeautant le "Retail" et la division "Banques et Acquéreurs" ainsi que l'entité nord-américaine.

« Le nombre de terminaux installés va continuer à croître au cours des prochaines années. En revanche, nous avons en ce moment le vent de face», avait-il confié il y a un mois dans un entretien aux Echos. « Il n'y a plus de très gros marchés de premier équipement comme la Chine, l'Inde, le Brésil où il y avait historiquement un nombre très bas de nombre de terminaux par habitant. En même temps, on est dans une période creuse avant une nouvelle vague de renouvellement des terminaux aux États-Unis et en Europe. »

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