Les assureurs font face en France à des risques de nouveaux types et de plus en plus fréquents. Résultat, les primes vont continuer d’augmenter dans les années qui viennent.La publication des résultats des assureurs mutualistes est un bon poste d'observation de l'assurance en France. Et, l'an dernier, une fois de plus, l'épargne et la prévoyance ont permis de compenser les pertes techniques sur l'assurance dommages. Un déséquilibre qui commence même à devenir structurel sur la branche dommages.
Le groupe Aéma (Macif, Abeille assurances, Aésio) publie son meilleur résultat en 2024 depuis la création du groupe en 2021, mais l'assurance dommages reste déficitaire de 21 millions d'euros, malgré une amélioration du ratio combiné (sinistres sur primes) qui ressort à 104,2 %, contre 105,6 % en 2023. Un ratio qui reste donc à un niveau historiquement élevé en raison, selon Adrien Couret, directeur général d'Aéma, « d'un risque climatique, qui a l'air de s'améliorer mais qui ne s'améliore pas tant que cela, ou de coûts moyens de réparation endémiques ».
Crises géopolitiques
Chez Covéa (Maaf, MMA, GMF en France, et le réassureur Partner Re), l'assurance dommages, le cœur de métier du groupe, est également en pertes de 521 millions d'euros. Groupama réussit pour sa part l'exploit à afficher un ratio combiné de 95,1 % sur l'assurance non-vie, et donc de gagner de l'argent, malgré un choc des émeutes en Nouvelle-Calédonie qui se chiffre pour l'assureur à 160 millions d'euros.
Les assureurs ne cessent de clamer haut et fort, notamment auprès des pouvoirs publics : l'environnement de l'assurance s'est profondément modifié ces dernières années. Tout d'abord, la succession de crises, sanitaire puis géopolitique, a réveillé l'inflation. Elle atteint 15 % en France en cumulé depuis 2019. Une évolution qui impacte directement le coût des sinistres alors que les primes ont du mal à suivre, compte tenu d'une concurrence féroce.