Baisse des taux : la BCE veut agir avec prudence
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La presidente de la bce christine lagarde lors d'une conference de presse
HEIKO BECKER
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La presidente de la bce christine lagarde lors d'une conference de presse
HEIKO BECKER
[Article publié vendredi 30 août à 13h38, mis à jour à 17h56] Qui va piano, va sano. Alors qu'une baisse des taux directeurs devrait être au menu des discussions de la prochaine réunion de la Banque centrale européenne le 12 septembre, cela n'empêche pas l'institution de rester prudente sur le chemin à emprunter pour assouplir la politique monétaire.
Sur le papier, les données de l'inflation en zone euro publiées ce vendredi par Eurostat sont encourageantes pour la BCE. La hausse des prix à la consommation dans les vingt pays qui partagent la monnaie unique est retombée à 2,2% en août sur un an, son niveau le plus bas depuis juillet 2021. Les prix ont nettement ralenti grâce à une baisse des tarifs de l'énergie. L'inflation est même retombée à 1,9% en Allemagne et en France.
Cependant, comme la stabilité des prix repose sur des « hypothèses critiques », la politique monétaire doit procéder « progressivement et prudemment », a-t-elle prévenu. Ces hypothèses reposent notamment sur la modération attendue du mouvement de rattrapage des salaires, après la flambée des prix causée par la guerre en Ukraine, et sur l'absorption de ces hausses de salaires par les entreprises dans leurs marges.
Bien que ces signes de ralentissement des prix à la consommation soient un signal positif, le niveau actuel de l'inflation globale éclipse « les défis auxquels la politique monétaire est toujours confrontée », selon Isabelle Schnabel. Elle a rappelé que « l'inflation intérieure », c'est-à-dire celle des biens et services produits localement, « reste élevée à 4,4% ». Cela s'explique en grande partie aux prix élevés dans les services, où « la désinflation est effectivement au point mort depuis novembre dernier », a-t-elle ajouté.
Pour rappe, après une campagne de resserrement monétaire sans précédent menée entre juillet 2022 et septembre 2023 pour maîtriser l'inflation galopante, la BCE a baissé ses taux pour la première fois en juin dernier, laissant ouverte la suite du mouvement. En juillet, la BCE avait laissé ses taux inchangés, mais les attentes sont désormais fortes qu'elle reprenne le mouvement à la baisse dès septembre.
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Si la BCE se montre prudente quant à une prochaine baisse de ses taux, selon le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, la conduite à tenir devrait être plus franche. Le haut fonctionnaire a en effet estimé ce vendredi, dans une interview au magazine Le Point, qu'une nouvelle baisse des taux en septembre serait « juste et sage ».
Le patron de la Banque de France juge que « nous ne sommes pas encore durablement à notre objectif de 2% d'inflation, mais nous y serons très probablement au premier semestre de l'année prochaine pour la France et au second semestre pour la zone euro ». Et d'ajouter: « Si l'on attendait d'être effectivement à 2% pour baisser les taux, nous agirions trop tard », avance François Villeroy de Galhau, qui rappelle au magazine français que les hausses ou baisses de taux mettent toujours un certain temps avant de se traduire dans l'économie réelle.
Comparant les économies européenne et américaine dans son interview au Point, François Villeroy de Galhau souligne aussi que l'inflation décroît plus rapidement sur le Vieux Continent, mais que la croissance y est également moins dynamique qu'aux Etats-Unis. « La balance des risques est donc encore plus à surveiller en Europe. Notre conseil des gouverneurs du 12 septembre devra à mon sens agir en conséquence: il serait juste et sage d'y décider une nouvelle baisse de taux », affirme donc le gouverneur.
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« Nous ne nous reposerons pas tant que le match ne sera pas gagné et que l'inflation ne sera pas revenue à 2% », avait prévenu, début juillet, la patronne de la BCE, Christine Lagarde. Résolument confiante pour ramener la hausse des prix à 2% d'ici « la fin de l'année prochaine », la dirigeante de l'institution a rappelé que « nous sommes toujours confrontés à plusieurs incertitudes concernant l'inflation future ».
Tension géopolitique au Proche-Orient, prix des services toujours élevés... Plusieurs éléments pourraient venir contrarier le plan de la BCE. Même si Christine Lagarde avait lancé un signal positif aux marchés financiers cet été, en indiquant : « Je pense que nous pouvons nous attendre à une nouvelle baisse des taux cette année. »
(Avec AFP)
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