Selon l'étude Banking on climate chaos 2023, les banques européennes ont financé à hauteur de 1.330 milliards de dollars les énergies fossiles depuis 2016.
La dernière édition de l’étude « Banking on climate chaos » est sans appel : les banques continuent de financer l'allègement l’industrie des énergies fossiles malgré les engagements pris. Et à ce jeu, BNP Paribas apparaît comme la première banque européenne à financer les activités pétrolières et gazières. Des chiffres cependant formellement contestés par les banques.
Année après année, le constat des ONG en faveur du climat est le même : en matière d'engagement de lutte contre le changement climatique, le secteur bancaire est encore loin du compte. Et le regard est d'autant plus sévère pour les banques françaises qu'elles se revendiquent à la pointe du combat pour un monde sans carbone.
Ainsi, souligne le dernier rapport « Banking on climate chaos », rédigé par sept ONG, dont Reclaim Finance et les Amis de la Terre en France, les banques françaises sont restées en tête du classement européen, avec près de 16 milliards de dollars de financement au secteur des énergies fossiles (du moins pour les 100 premiers groupes), loin devant les banques britanniques (4,3 milliards de dollars) ou espagnoles (3 milliards). Les calculs des ONG portent à la fois sur les prêts accordés, mais aussi les activités d'émissions de titres (actions et obligations) des entreprises du secteur fossile.
Plus précisément, BNP Paribas reste la banque européenne qui soutient le plus les énergies fossiles : l'établissement a même augmenté ses financements au secteur en 2022. Et ce, alors que ce dernier (comme la quasi-totalité des banques européennes) est engagé dans la « Net Zero Banking Alliance » qui vise une neutralité carbone d'ici 2050.
Des chiffres fantaisistes, selon les banques
« L'ère du leadership français est révolue (...) et l'approche adoptée par les banques est vouée à l'échec », commente Lucie Pinson, directrice de Reclaim Finance, pour qui « les banques doivent rapidement assortir leurs objectifs de décarbonation de mesures immédiates pour mettre fin à l'expansion du pétrole et du gaz ».
Dans une déclaration transmise à l'AFP, BNP Paribas réfute les conclusions du rapport et indique avoir relevé de « nombreuses erreurs et biais méthodologiques ». En février dernier, trois ONG avaient assigné en justice BNP Paribas pour sa « contribution » au réchauffement climatique, sur la base de nouvelle loi sur le devoir de vigilance.
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