Commerzbank nomme une nouvelle présidente après la prise de pouvoir par UniCredit
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Nouveau rebondissement chez Commerzbank. Mardi, la banque allemande a annoncé changer prématurément de président, deux jours après la prise de 21% de son capital par sa concurrente italienne UniCredit, devenu son premier actionnaire devant l'Etat allemand.
Bettina Orlopp, actuellement directrice financière du groupe, va en prendre la tête, a indiqué la banque dans un communiqué. Celle-ci « prendra ses fonctions dans un avenir proche, succédant à Manfred Knof », dont le départ avait été annoncé le 10 septembre dernier. Cette annonce devrait accélérer le retrait, initialement prévu pour fin 2025, de l'actuel président, artisan du redressement de la banque à partir de 2021. La passation entre Knof et Orlopp devrait se faire « dans quelques jours », a appris l'AFP dans l'entourage de la banque.
Dans le communiqué diffusé par l'institut, Bettina Orlopp a déclaré : « Nous avons une stratégie qui porte ses fruits, mais nous avons aussi de grands défis à relever. Ensemble, avec tous nos partenaires, nous relèverons également les défis qui nous attendent. »
Elle ne fait en revanche pas mention directement de la bagarre qui oppose la Commerzbank à sa rivale italienne UniCredit.
La semaine dernière, la directrice financière de la banque depuis le 1er janvier 2020, avait déclaré que l'Etat allemand serait inspiré de « conserver » ses titres Commerzbank, l'important étant « de réfléchir calmement à ce qui est sur la table et à la manière d'y réagir ».
Une référence plus ou moins cachée à la réaction d'Olaf Scholz à la montée au capital de la deuxième banque italienne. Après qu'UniCredit a annoncé, lundi, avoir acquis 11,5% du capital de la banque allemande, en plus des 9% déjà en sa possession, le chancelier allemand Olaf Scholz a crié rapidement son opposition depuis New York.
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« Les attaques hostiles, les prises de contrôle forcées ne sont pas bonnes pour les banques », a-t-il déclaré à des médias allemands, ajoutant que son gouvernement s'était « clairement positionné à cet égard ». Des propos qui ont laissé perplexe le ministre italien des Affaires étrangères et vice-Premier ministre Antonio Tajani qui a volé au secours d'UniCredit. « Il s'agit d'initiatives privées, mais légitimes. Je ne comprends pas pourquoi il s'agirait d'un acte hostile, celui d'une entreprise italienne qui achète sur le marché européen », a-t-il déclaré à la presse italienne depuis New York.
À l'origine de cette querelle, l'État allemand avait vendu, mi-septembre, 53 millions d'actions de Commerzbank, soit 4,5% du capital du groupe, pour 702 millions d'euros à UniCredit. Il s'agissait de la première étape de son désengagement du capital de la deuxième banque allemande, après l'avoir sauvée de la faillite par Berlin en 2009 en injectant quelque 18 milliards d'euros.
Commerzbank était donc vue par les experts comme une cible idéale. Un lourd travail de restructuration a été réalisé - environ 10.000 salariés ont quitté l'établissement dans le sillage d'un plan social lancé début 2021 - et son bénéfice net a atteint l'an dernier un sommet depuis 15 ans, à 2,2 milliards d'euros. « Il existe un important potentiel de création de valeur qui peut être tirée de Commerzbank, soit dans un scénario autonome, soit au sein d'UniCredit (au) bénéfice de l'ensemble de l'Allemagne », avait expliqué la banque italienne.
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Mais la volonté d'UniCredit de monter au capital de sa concurrente a mis le monde politique et financier allemand en ébullition. Cette transaction a alimenté les spéculations sur un rachat total de Commerzbank par la banque italienne, qui possède déjà le prêteur allemand HypoVereinsbank.
(Avec AFP)
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