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Entreprises & FinanceBanque

Les banques grecques sont (un peu) moins gênées aux entournures

Photo de Christine Lejoux

Christine Lejoux

Publié le 01 septembre 2016 à 03:30

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Les publications de résultats trimestriels font apparaître des situations contrastées pour le secteur bancaire grec. Mais si les créances douteuses demeurent un poids pour les banques hellènes, ces dernières voient en revanche leurs conditions de financement s’améliorer quelque peu.

En cette fin août, l'heure est aux publications de résultats trimestriels, pour les banques grecques. L'occasion de prendre le pouls d'un secteur qui avait dû se recapitaliser à hauteur de 5 milliards d'euros fin 2015, à l'issue des tests de résistance auxquels la Banque centrale européenne (BCE), superviseur unique des banques de la zone euro, avait soumis les établissements bancaires hellènes. Le bilan de santé de ces derniers fait apparaître des situations contrastées : si la Banque du Pirée, la plus importante du pays, a fait état mardi 30 août d'un bénéfice net de 20 millions d'euros, au titre du deuxième trimestre, contre une perte de 37 millions trois mois plus tôt, Alpha Bank demeure en revanche dans le rouge, avec une perte de 16,8 millions d'euros à la fin juin.

110 milliards d'euros de créances douteuses

Il faut dire qu'à l'image de leurs concurrentes italiennes, les banques grecques continuent de traîner le boulet des créances douteuses, conséquence de la récession  économique du pays, qui pèse sur la capacité des entreprises et des ménages à honorer le service de leurs dettes.

Estimées à 110 milliards d'euros, ces créances douteuses représentent près de 40% du total des prêts figurant dans les livres des banques grecques. Une proportion qui a augmenté de 0,4 point en l'espace de trois mois chez Alpha Bank, à 37,8% à la fin juin, obligeant l'établissement à accroître de 37% ses provisions pour créances douteuses, à 350 millions d'euros.

Nouvel allègement du contrôle des capitaux

Tout n'est cependant pas noir pour le secteur bancaire grec. Ainsi, le 2 août, S&P Global Ratings a relevé la note de solvabilité des quatre principales banques hellènes - Banque du Pirée, Alpha Bank, Eurobank et Banque nationale de Grèce -, de « défaut partiel » à CCC+. L'agence d'évaluation financière a invoqué le nouvel allègement du contrôle des capitaux, décidé le 22 juillet par le gouvernement grec. Un contrôle que ce dernier avait mis en place en juin 2015, lorsque les tensions entre le Premier ministre grec Alexis Tsipras et les créanciers internationaux du pays (Union européenne et Fonds monétaire international) avaient conduit les épargnants à se précipiter aux guichets des banques pour en retirer leurs économies, qu'ils ne jugeaient plus en sécurité, redoutant une sortie de la Grèce de la zone euro.

Ce contrôle des capitaux imposait notamment aux clients des banques un plafond de 420 euros par semaine pour leurs retraits d'argent. Depuis le 22 juillet, ils peuvent retirer au maximum 840 euros tous les quinze jours.

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« Cet allègement pourrait se concrétiser par un retour de certains dépôts dans le système bancaire », estime S&P Global Ratings.

C'est là tout l'objectif du ministère des Finances, qui espère drainer à court terme 3 à 4 milliards d'euros de dépôts vers les banques grecques. De fait, « les liquidités bancaires commencent à s'améliorer, après l'afflux graduel de dépôts », a reconnu le 30 août Dimitrios Mantzounis, directeur général d'Alpha Bank.

Réactivation du régime de faveur de la BCE

Autre bonne nouvelle pour le financement des banques grecques, la BCE leur a rouvert son principal guichet, le 29 juin, après plus d'un an de fermeture. Pour mémoire, de mai 2010 à février 2015, l'institut de Francfort avait autorisé les banques hellènes à lui apporter, à titre de garanties pour leurs opérations de refinancement, des obligations émises par l'Etat grec, pourtant en théorie de qualité insuffisante pour être acceptées comme « collatéral » par la BCE.

Cette dernière avait suspendu ce régime de faveur en février 2015, peu après l'arrivée au pouvoir d'Alexis Tsipras, qui voulait affranchir son pays des créanciers internationaux. Les banques grecques n'avaient dès lors pas d'autre solution que de se tourner vers les prêts d'urgence de la BCE, dits « ELA » (emergency liquidity assistance), autrement plus coûteux.

Mais Athènes étant revenue dans le droit chemin des réformes exigées par ses créanciers, la BCE a consenti au mois de juin à réactiver le régime d'exception pour les banques grecques. Si l'institut francfortois poussait la magnanimité jusqu'à inclure la dette publique grecque dans son programme d'assouplissement quantitatif, qui se traduit par des rachats d'actifs sur les marchés, les banques grecques pourraient alors tabler sur un impact positif de 400 millions à 500 millions d'euros sur leurs résultats en 2017, selon le gouverneur de la banque centrale hellène, Yannis Stournaras. Or qui dit bol d'air pour les banques dit (en théorie) baisse des coûts de financement de l'économie.

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Rumeurs de fusion entre Deutsche Bank et Commerzbank

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Christine Lejoux

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