Brexit : la place de Paris se dit « en pole position » pour les transferts

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Bruno Le Maire aux Rencontres financières internationales de Paris Europlace ce mercredi 11 juillet, aux côtés de Gérard Mestrallet, Valérie Pécresse et Augustin de Romanet.
Bruno Le Maire aux Rencontres financières internationales de Paris Europlace ce mercredi 11 juillet, aux côtés de Gérard Mestrallet, Valérie Pécresse et Augustin de Romanet. (Crédits : DR)
Bruno Le Maire a salué les efforts de Paris Europlace, l'association de promotion de la place financière, pour attirer les relocalisations liées au Brexit. Les transferts et créations de postes dans la capitale en lien avec la sortie du Royaume-Uni de l'UE devraient représenter 3.500 emplois dans la finance et grimper à 20.000 si l'on compte l'impact indirect.

« Oui, Paris sera demain la première place financière d'Europe » a martelé Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie et des Finances, devant un parterre d'une centaine de hauts dirigeants de la banque, l'assurance ou la gestion d'actifs, réunis ce mercredi 11 juillet aux Rencontres financières internationales annuelles de Paris Europlace, aux portes de la capitale. « Il y a encore un an, nous devions persuader le monde que la finance pouvait trouver sa place à Paris », a-t-il fait valoir. Les traces laissées par le fameux « mon ennemi c'est la finance » de François Hollande. Aujourd'hui, l'un des défis est de « réconcilier la France et la finance », a-t-il reconnu.

L'an dernier, le Premier ministre Édouard Philippe était venu défendre lui-même l'attractivité du pays pour le monde de la finance, dressant la liste des réformes (de la fiscalité et du droit du travail) pouvant le séduire. Cette année, Bruno Le Maire n'avait pas de mesure à faire miroiter, si ce n'est son projet de loi Pacte qui doit simplifier la vie des PME et un bilan d'un an de présidence Macron « dont nous pouvons être fiers. »

« En un an, nous avons renforcé notre place plus que jamais par le passé, grâce à l'arrivée de nouveaux acteurs venus du monde entier, grâce à la future installation de l'Autorité bancaire européenne qui, avec l'Autorité européenne des marchés financiers qui y est déjà présente, fait de Paris un centre majeur de la régulation financière européenne », a-t-il déclaré.

Il a souligné que le mérite en revenait grandement à Paris Europlace, l'association chargée de la promotion de la place de Paris, et son président depuis 15 ans, Gérard Mestrallet, qui sera remplacé à compter de ce 14 juillet par Augustin de Romanet, le Pdg du groupe ADP (Aéroports de Paris).

De 10.000 à 30.000 emplois indirects

À huit mois du Brexit effectif, et pour sa dernière prise de parole publique en tant que président de Paris Europlace, Gérard Mestrallet a voulu montrer les fruits du travail accompli, notamment ces derniers mois dans le contexte du Brexit. Il a estimé que « l'accélération des réformes structurelles depuis l'élection d'Emmanuel Macron a contribué à renforcer la position de Paris comme centre financier européen et à améliorer l'image de la France à l'international. »

« En conséquence, le flux des relocalisations place désormais Paris en pole position en Europe en termes d'emplois transférés », a-t-il déclaré.

« Un total de 3.500 emplois directs doivent être installés ou créés à Paris, ce qui est significativement plus élevé que dans d'autres centres financiers en Europe. C'est un nombre encore modeste, mais en incluant les emplois indirects, on atteint 20.000 en tout », a-t-il estimé, la fourchette allant de 10.000 à 30.000.

« Et ce n'est pas fini », a-t-il ajouté, laissant entendre que d'autres annonces pourraient suivre prochainement.

Le président de Paris Europlace a cité l'annonce par HSBC du transfert de 1.000 postes de Londres vers Paris (transfert qui n'a cependant pas commencé, alors que la banque britannique a changé de dirigeants depuis), ainsi que celle des banques françaises (1.000 en tout également, mais rien de réalisé à ce stade), la décision de Bank of America de prendre un bail d'un espace de 10.000 mètres carrés dans la capitale pour relocaliser « au moins 400 banquiers » (un chiffre non officiel que la banque américaine ne confirme pas), et les annonces en faveur de Paris de JP Morgan, Citigroup, Morgan Stanley, Goldman Sachs, Standard Chartered, Wells Fargo, ou encore de l'assureur Chubb et des gestionnaire d'actifs Schroders et BlackRock. Le mois dernier, Paris Europlace communiquait encore sur une estimation de 4.500 à 5.000 emplois directs. Mais les mouvements tardent à se matérialiser.

Lire aussi : Brexit : 2 ans après, où en sont les relocalisations vers Paris ?

« Le Brexit amènera à terme un rééquilibrage des activités financières au sein de l'Union européenne, avec des entreprises financières se rapprochant de leurs clients corporate et une réduction de la taille de la City », a prédit Gérard Mestrallet.

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait dressé une prédiction assez proche, mais plus nuancée :

« Le Brexit entraînera [...] une restructuration du système financier européen. Il n'y aura pas une City unique pour le continent, mais plutôt un réseau polycentrique intégré de places financières, avec des spécialisations fondées sur les domaines d'expertise » a-t-il déclaré ce mercredi en ouverture des Rencontres internationales de Paris Europlace.

Après avoir poussé la finance verte et la création d'une initiative de place "Finance for Tomorrow", l'ancien patron d'Engie Gérard Mestrallet a d'ailleurs milité en faveur de la tenue d'un "Social Finance Day", sur le modèle du Climate Finance Day, avant les JO de 2024, arguant que « la mondialisation sera inclusive ou ne sera pas. »

Un projet encouragé par son successeur : « La finance doit définitivement se mettre au service de l'ensemble de l'économie et de tous ses acteurs, y compris ses auxiliaires », a fait valoir Augustin de Romanet.

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Commentaires
a écrit le 12/07/2018 à 11:47 :
"Je me voyais deja en haut de l'affiche".....Doux reveur.
a écrit le 12/07/2018 à 8:26 :
La finance à massacré les états unis, dévastée le royaume uni, deux pays qui sont en train de chasser les financier pour May et de les mettre au pas pour TRump, et notre serviteur des riches au pouvoir politique inexistant fait rentrer abondamment le cancer économique. Misère...
Réponse de le 12/07/2018 à 9:16 :
J'aimerais bien savoir d'ou vous vient l'idee que Trump met au pas les financiers americain. Il a toujours critique les regulations financieres mise en place post crise et a commence une phase de deregulation.

De meme, je peux vous assurer que les anglais ne chassent pas les banquiers...
Réponse de le 12/07/2018 à 15:19 :
Personne n'a le pouvoir de dire aux financiers de dégager parce qu'ils sont nuisibles mais la puissance politique alliée à la stratégie et à l'intelligence peuvent engendrer des mouvements de dégonflements via de multiples et tortueux cheminements c'est indispensable.

Or ce qui parasite l'économie mondiale c'est la rente financière, plus de 80% de la richesse produite en 2017 captée par les 1% des plus riches, l'argent ne circule plus, l'économie étouffe.

Ce que vous ne comprenez pas, c'est que TRump n'est pas un idéologue ni un dangereux communiste, c'est un patriote américain qui voit son pays se faire grignoter par une masse informe et surtout sans tête pensante, un truc agressif et envahissant qui s'installe dégageant toute vie devant elle, nous n'en sommes pas au stade de l'idéologie là nous en sommes au stade de la survie.

La finance anéantie l’environnement et l'humain qui vit dessus, les bilans sont là et désastreux, si on veut de nouveau pouvoir s'amuser entre nous, riches comme pauvres, il est indispensable d'arrêter celle-ci.

Des industriels puissants oui, une communauté informe de gens débordant d'argent et seulement motivés par leur avidité non.

Nous avons tous intérêt à tuer ce machin ou du moins le faire reculer, il n'y a pas d'idéologie là derrière c'est une simple question d'analyse et de survie.
a écrit le 12/07/2018 à 6:45 :
Peu probable que les français soient aussi optimistes que ce membre d'une équipe qui passe son temps à chercher des expédients pour boucher les trous d'un budget en déroute; c'est bien LE MEME - pardon! - LE MAIRE qui veut imposer (ouille!) à la SNCF des TGV dont elle n'a nulle besoin et qui fait miroiter aux manants que nous sommes la fin de la taxe d'habitation? Ca et les bugs du prélèvement à la source vont nous faire rire jaune. Qu'il s'occupe de réclamer le remboursement de la facture de la baignoire de Brégançon! Si la Cour Parlementaire ou celle des Comptes ne s'agitent pas, le feu pourrait prendre dans la rue en cette fin d'année.
a écrit le 11/07/2018 à 23:17 :
il faut arette de faire cocorico les anglais viennent de comprendre que trumpt les laissent tonbe,du coup les anglais retournent leurs vestes est vont tous faire pour reste dans l europe???///ON NE PEUT REGNIER INNOCAMENT ///LOUIS ANTOINE DE S T JUSTE///
a écrit le 11/07/2018 à 21:01 :
tout ce qu'annonce ce gouvernement ou l'autre traître le maire est pour ..............2025, 2040 voire plus. mais quand va-t-il donner des dates? quel m'as-tu-vu bien digne de son maître le macron arrogant. les deux mêmes, menteurs et affabulateurs. qu'il nous parle des faits et résultats obtenus en plus d'un an.... proches de zéro.

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