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Dans la foulée du rachat de Credit Suisse, Lazard Frères Gestion essuie 142 millions d'euros de pertes

latribune.fr

Publié le 22 mars 2023 à 08:26 - Mis à jour le 22 mars 2023 à 08:36

Andrea bozzi (credit suisse paris) va rejoindre lazard

Les autorités suisses ont décidé de faire porter une partie du fardeau financier du rapprochement entre Credit Suisse et UBS sur le dos des porteurs de telles obligations risquées.

Arnd Wiegmann

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Le rachat de Credit Suisse par le géant helvétique UBS a provoqué l'effacement de certains titres de dette. Résultat, la société de gestion d'actifs française Lazard Frères Gestion accuse une perte de 142 millions d'euros. La société américaine Pimco, elle, essuie une perte de 340 millions de dollars.

Les déboires de Credit Suisse, et son rachat par UBS, ont des conséquences directes. Le rachat de la banque helvétique a provoqué l'effacement de certains titres de dettes, dits « CoCo » (pour Contingent Convertible), aussi appelés « Additional Tier 1 » ou « AT1 », détenus par des investisseurs professionnels (banques, fonds).

Résultat, 17 milliards de dollars se sont envolés, dont 142 millions d'euros pour la société française Lazard Frères Gestion et 340 millions de dollars pour l'entreprise américaine Pimco, filiale de l'assureur allemand Allianz.

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0,4% des actifs gérés par la filiale de la banque Lazard

Créée après la crise financière de 2008, cette catégorie de dette, qui arrive en dernière position dans l'ordre de priorité pour le remboursement en cas de difficultés financières, visait à renforcer le niveau de solvabilité sans émettre de nouvelles actions, et ainsi éviter que le contribuable finisse par payer l'addition en cas de sauvetage.

Au 14 mars, début de la débâcle et des fortes craintes de faillite de Credit Suisse, Lazard Frères Gestion détenait un total de 142 millions d'euros de ces titres, confirme une déclaration transmise mardi à l'AFP par l'entreprise. Cela ne représente que 0,4% du total des actifs gérés par la filiale de la banque d'affaires franco-américaine Lazard. Le quotidien Les Echos avait initialement avancé le montant de 107 millions d'euros de titres AT1 détenus par Lazard Frères Gestion, citant des données fournies par la société spécialisée en informations financières Morningstar.

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La société française précise par ailleurs posséder des « obligations Senior », dont le remboursement n'est pas affecté par la fusion avec UBS. Elle a ajouté ne pas détenir « ni fin 2022, ni plus récemment » d'actions Credit Suisse, dont le prix a chuté de 66% en moins deux semaines.

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De son côté, Pimco détenait initialement des obligations AT1 de Credit Suisse qui valaient 807 millions de dollars quand elles ont été émises. Leur valeur avait toutefois fondu ces derniers mois. La société de gestion américaine était alors le plus gros détenteur d'obligations AT1 de Credit Suisse, selon des données de l'agence d'informations financières Bloomberg. Une part minime toutefois au milieu des 1.740 milliards de dollars gérés par Pimco.

Exposition «très limitée» en zone euro

Lundi, la présidente de la Banque centrale européenne s'était voulu rassurante, indiquant que les banques en zone euro ont une exposition « très limitée ». L'exposition des établissements en zone euro surveillés par la BCE est« très limitée au Credit Suisse, en particulier en ce qui concerne les (titres de dette) AT1 », « on parle de millions », a expliqué Christine Lagarde, alors que 16 milliards de francs suisses de ces titres ont été annulés d'un coup par la fusion.

En Allemagne, Deutsche Bank a une exposition « proche de zéro » sur ces obligations et « nulle » chez Commerzbank, ont indiqué des porte-paroles. Hors secteur bancaire, l'assureur français Axa a affirmé lundi ne pas être exposé à ces actions ou obligations à risque.

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Les autorités suisses ont décidé de faire porter une partie du fardeau financier du rapprochement entre Credit Suisse et UBS sur le dos des porteurs de telles obligations, privilégiant ainsi les actionnaires de la première. Le traitement est différent en zone euro, où les détenteurs d'actions « seraient les premiers à absorber les pertes et ce n'est qu'après leur pleine utilisation que les Additionnal Tier 1 seraient concernés », avait indiqué la BCE dans la matinée.

(Avec AFP)

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