"Nabilla, le bitcoin c'est très risqué" interpelle le gendarme des marchés

Nabilla bitcoin AMF
DR

Nabilla bitcoin AMF
DR
[Article mis à jour à 16h45]
Auréolée d'une couronne de cœurs numériques envoyés par ses fans, l'ex-vedette de télé-réalité Nabilla (rendue célèbre par son fameux "allo quoi ?") conseille à ses abonnés, dans une vidéo publiée sur son compte Snapchat, d'aller acheter du bitcoin, « la nouvelle monnaie, genre la monnaie du futur », sur une plateforme tenue par des traders « qui font ça depuis des années.»
Il n'y a effectivement pas de frais de courtage sur la plateforme qui se dit sponsorisée par eToro, courtier sur le marché des changes converti aux cryptomonnaies, établi à Chypre, qui se présente comme « le plus grand réseau de trading social et d'investissement.»
Postée lundi soir sur Youtube par un certain Trader Cryptos, la vidéo, sorte de publicité à peine déguisée, a fait réagir sur les réseaux sociaux, notamment dans les milieux de la Fintech, en ironisant sur le mode "non, mais allo, l'AMF?".
L'Autorité des marchés financiers (AMF), dont les missions consistent à "réguler, informer, protéger", a réagi le lendemain sur Twitter sans s'adresser directement à la célébrité mais en mentionnant son nom :
Nulle velléité de sanctionner de la part de l'AMF mais la volonté d'adresser un message de prévention et de prudence à l'attention de son public, a priori peu familier du site de l'autorité et plutôt novice en investissement, sachant que les Français en général ont la culture financière la moins avancée en Europe. Le gendarme des marchés n'a pas le pouvoir de réguler le bitcoin ni d'empêcher les épargnants de parier, comme au casino, mais il veut s'assurer que ces derniers ont bien conscience des risques encourus.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Début décembre, « compte tenu de l'appréciation du bitcoin ces dernières semaines et de sa volatilité », l'AMF avait émis une sérieuse mise en garde à l'attention des épargnants sur les achats de bitcoins, à laquelle s'est jointe l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR, adossée à la Banque de France).
La cryptomonnaie a vu son cours multiplié par 13 en 2017, passant de moins de 1.000 dollars en janvier à près de 20.000 mi-décembre.
Si les deux autorités affirment leur bonne disposition à l'égard de la technologie qui se cache derrière le bitcoin, la Blockchain, « susceptible d'offrir de nombreuses possibilités en termes d'usages par les entreprises », l'AMF et l'ACPR « recommandent aux épargnants la plus grande vigilance avant d'envisager d'y investir une partie de leur épargne.»
À lire également
L'AMF a créé sur son site une page pédagogique consacrée au bitcoin où elle délivre une série de conseils.