La contradiction des investisseurs français : du rendement, oui, du risque, non !

 |   |  519  mots
Les actions pèsent 18% seulement dans les portefeuilles des investisseurs particuliers français, contre 27% au Royaume-Uni et 39% aux Etats-Unis. Copyright Reuters
Les actions pèsent 18% seulement dans les portefeuilles des investisseurs particuliers français, contre 27% au Royaume-Uni et 39% aux Etats-Unis. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les investisseurs particuliers français figurent parmi les plus insatisfaits au monde des performances de leurs placements, selon une enquête de la société de gestion Legg Mason. Logique : ils sont également les moins enclins à prendre des risques.

Grincheux, les investisseurs individuels français ? Oui. Ils sont 7% seulement à se déclarer très satisfaits des performances de leurs placements, soit le niveau le plus faible au monde après Taïwan (6%), selon une enquête réalisée par la société de gestion américaine Legg Mason. La proportion d'investisseurs heureux est deux fois plus élevée en Allemagne (15%), et elle se monte à 22% Outre-Manche et à 18% aux Etats-Unis.
Et pourtant ! Avec un rendement de leur portefeuille inférieur de 260 points de base à leurs espérances, en moyenne, les investisseurs particuliers américains auraient quelques raisons de se plaindre. Alors que les investisseurs français tirent mieux leur épingle du jeu, en définitive, l'écart entre leurs espoirs de rendement et la réalité des chiffres n'étant « que » de 190 points de base. Leurs homologues allemands et britanniques sont à peine mieux lotis, avec un écart de -150 points de base, mais ils s'en contentent plus facilement.

Les Français sont les investisseurs les plus frileux au monde

Non seulement les investisseurs français ne sont pas contents de la rentabilité de leurs placements, mais, surtout, ils ne font rien pour l'améliorer ! En effet, pour espérer du rendement, il faut faire preuve d'un peu d'audace. Or, moins de 30% des Français sont disposés à prendre davantage de risques. Ce qui fait d'eux les investisseurs particuliers les plus frileux au monde. Même en Espagne et en Italie, des pays en grande difficulté, les investisseurs particuliers sont plus téméraires, 41% des Espagnols et 47% des Italiens se disant prêts à pimenter leurs placements d'une dose supplémentaire de risque. Des chiffres qui grimpent à plus de 50% aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, et à 77% en Chine.

La part belle à l'immobilier et au monétaire

Autre preuve du profil très « bon père de famille » des investisseurs français, le poids des actions dans leurs portefeuilles se limite à 18%. Soit le niveau le plus bas de tous les pays européens étudiés par Legg Mason. Au Royaume-Uni, par exemple, les portefeuilles des investisseurs sont constitués d'actions à hauteur de 27%. Aux Etats-Unis, le chiffre est de... 39%. C'est que les Français, eux, privilégient des valeurs sûres comme l'immobilier. Ou le monétaire, qui ne rapporte plus rien, mais a l'avantage, du point de vue français, de présenter un risque très faible.

La réticence à la diversification géographique

Dans la même veine, il n'est pas question, pour les investisseurs particuliers français, de se risquer hors de leurs frontières. Ils sont 20% seulement à envisager sérieusement d'investir à l'étranger, alors même que les perspectives économiques de la France et de la zone euro sont des plus sombres. Plus réalistes, 40% des investisseurs espagnols et 55% des italiens sont prêts à accroître la diversification géographique de leurs portefeuilles. Les Français, eux, se retranchent derrière l'argument d'une « transparence financière insuffisante » dans certains pays, dont ils se jugent « trop peu familiers pour en tirer des opportunités. » Bref, les deux tiers des investisseurs particuliers français invoquent, encore et toujours, « un risque excessif. »

 

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/04/2013 à 16:40 :
Au delà de cette interprétation mécanique des statistiques, un certain nombre de constatations sont autorisées.
La culture "capitaliste", fondamentale, a disparu, et depuis déjà quelques décennies dans la banque en France. Les commerciaux des réseaux de détail, sont devenus ignares et "moquent" les actions en les baptisant des titres vifs dont ils ne s'occupent plus, chargés de vendre seulement les produits composés ou dérivés de la maison. Or, ceux-ci sont sophistiqués, opaques quand ils ne sont pas toxiques ou douteux ; quant aux vendeurs, ils n'en connaissent pas le contenu au delà de l'emballage de marketing. N'en rajoutons pas avec l'hyper-centralisation des plate-formes de produits dites techniques, au jargon impérieux quand elles sont joignables. A côté de cette micro-observation, il y a la macro-observation : les politiques ont vanté l'épargne par capitalisation pour la retraite et chat échaudé craignant l'eau froide, le désastre boursier advenu a clôt le sujet ; les acteurs ( zins-zins, gérants d'actifs,opérateurs dont traders ) ont tellement excellés dans leurs prouesses que les individus tentant de s'informer ( par la presse financière ) ont tout de même compris que ce n'était plus depuis longtemps les épargnants qui faisaient le marché. Alors, les promesses n'engageant que ceux qui les recoivent, la circonspection dans le vide bancaire a dominé, ne trouvant que de la réclame creuse pour performances complexifiées inintelligibles. Ajoutons le changement de génération, avec le court terme sinon l'immédiateté à l'horizon.
a écrit le 20/04/2013 à 11:08 :
Pour une parfaite information, il aurait été intéressant de donner les rendements nets des différents investisseurs dans le monde. Quand je dis nets, celà signifie après IS CSG CRDS IRPP ISF. Mais pour celà il faut accepter la transparence très en vogue dans les discours, mais pas effective.
Réponse de le 21/04/2013 à 13:45 :
tout à fait. article superficiel. conclure à une contradiction des français au prétexte que l'écart rendement attendu/réalité est plus faible en allemagne démontre une méconnaissance totale du sujet. le pire c'est que beaucoup fonderont leurs raisonnements sur ces inepties, continuant à n'y rien comprendre et militant pour le contraire de ce qu'il faut faire. il n'y a pas de miracles...
a écrit le 20/04/2013 à 3:18 :
Regardez les patrimoines récemment étalés de nos dirigeants politiques...pas grand chose ou immobiliers et placements, pas d'investissements dans l'industrie. Nous avons des rentiers à la tête du pays, presque tous anciens fonctionnaires.Je doute de leurs capacités à prendre des risques pour relever l'industrie et l'exportation!
Réponse de le 21/04/2013 à 12:26 :
Vous avez raison, ils sont disqualifies et nuls
a écrit le 20/04/2013 à 0:01 :
Il me semble que votre article présente un léger biais méthodologique: ce n'est pas parce qu'on a des attentes moins déçues que celle d'autres acteurs qu'on doit être satisfait. Il me semble qu'ensuite, on compare allègrement pommes et oranges. Sans éléments de comparaison objectifs, difficile de comprendre. Comment comparer la prise de risque à fiscalité différente modulée sur temps de détention différents etc...?
a écrit le 19/04/2013 à 23:19 :
Normal, nous sommes les descendants de ceux qui n'ont *pas* traversé l'Atlantique.

Pour rappel, le rendement d'un investissement est fonction du risque.
a écrit le 19/04/2013 à 12:16 :
le raisonnement qui consiste a dire si je gagne on me prends de l'argent ne tiens pas debout: si je gagne de l'argent je vx bien etre imposé car si je ne fait rien de tte facon je perdrais de l'argent (inflation) . je prefere travailler avoir un salaire et payer des impots que de ne pas avoir de boulot et ne rien payer!! c'est le meme principe . pas de rendement ss risque c'est la loi du marché mais le francais n'a pas ce temperament, prefere faire du clientelisme en exigeant l'impossible . il ya pourtant d'excellente opportunité , en opcvm sur l'eurostoxx 50 par exemple.. et la le risque existe mais il reste minime
a écrit le 19/04/2013 à 10:50 :
Les Français sont parmi les plus insatisfaits au monde pour quasiment tout et sont en bas de la liste du bonheur perçu. Rien d'étonnant à ce que le constat soit idoine sur les placements. Ca nous en apprends plus sur le tempérament français que sur les placements.
Réponse de le 19/04/2013 à 12:07 :
Les français râlent même vis a vis de leurs contemporains raleurs, on fait mieux que les étrangers, on voit le niveau!
a écrit le 19/04/2013 à 9:27 :
La fiscalité française généralement lourde et à la forte progressivité dissuade toute forme de risque. En France , si tu prends des risuqes et que tu gagnes , le fisc te prends gros, si tu perds , c est pour ta pomme. Le jeu n 'en vaut donc généralement pas la chandelle , donc il faut privilégier absolument les placements surs.
Depuis Hollande on atteint le paroxysme de cette situation.
Réponse de le 19/04/2013 à 10:05 :
comme dans pratiquemet tous les pays ... le probleme ....des investisseurs .....est qu'ils n'acceptent pas de perdre...;d'ou la crise.... ni plus ni moins.... pourquoi renflouer les banques alors qu'elles ont pris le paris des subprimes et autres???? ils en conniassaient le risque ... mais n'acceptent pas quand cela devient une realité ...
Réponse de le 19/04/2013 à 10:59 :
Comme d habitude hors sujet par rapport à ce qui est dit au dessus. En plus et concernant les banques, il faudrait voir à se renseigner sur la différence essentielle entre le don , le prêt et la garantie sinon on raconte n importe quoi .
Réponse de le 20/04/2013 à 10:23 :
je suis en banque ..merci...
Réponse de le 20/04/2013 à 10:55 :
Décidemment , le dieu des ténèbres n'est pas celui de la perfection ;-)
a écrit le 19/04/2013 à 8:23 :
La contradiction des investisseurs français: du rendement, oui, du risque, non ! Arrêtez de les appeler "investisseurs" alors que ce ne sont que des opportunistes!
Réponse de le 19/04/2013 à 10:45 :
surtout que la plupart d entre eux veulent surtout du scellier, de robien et autres: de la defiscalisation
evidement ils vont connaitre de serieuses deconvenus : avoir achete au sommet d une bulle n est JAMAIS une bonne idee
Mais les moutons sont fait pour etre tondus ;-)
a écrit le 19/04/2013 à 8:21 :
il faut dire qu'en france la temerite est sanctionnee; quan d ils vont voter la loi qui dira que les contrats d'assurance vie vont etre taxes a 3% pour financer l'investissement, il vont avoir un degonflement des encours qui iront se mettre en cash sur des comptes courants... ce qui est important c'est la rentabilite nette apres impots, la base de discussion est la... ( pareil pour les eti chargees de devenir les gooogle a la francaise de demain, mais avec moins de 49 salaries)
a écrit le 18/04/2013 à 23:43 :
Le français n'aime pas l'entreprise. S'il gagne, il est tondu par le fisc. S'il perd, sa moins-value n'est pas déductible du revenu global. Le français préfère être fonctionnaire. Bonne paye définie par le concours d'entrée, à vie et sans risque. Son épargne va en assurance vie à faible rendement et frais de gestion élevés ou en points de retraite garantis par la collectivité. Vive la France!
Réponse de le 19/04/2013 à 7:13 :
j'ai été tondu à 100%.
une fois suffit, je suis parti.
Réponse de le 19/04/2013 à 8:30 :
L'entreprise "France" a était détruit et mise en morceaux façon puzzle! Il y a tout a reconstruire suite a l'ouverture de toute les frontières...! Voilà pourquoi nous sommes si critique...!
a écrit le 18/04/2013 à 22:04 :
1) ne pas confondre des régimes différents: dans les pays anglo-saxons, on investit pour sa retraite et en France on investit ses économies. 2) Legg Mason est un tout petit joueur sur le marché international et cette "étude" ressemble plus à un coup de pub qu'à autre chose.
Réponse de le 25/01/2016 à 0:26 :
Ce pays est vraiment mal parti!!!!!!
a écrit le 18/04/2013 à 21:46 :
d'un autre cote, quand vous justifiez votre exigence de rendement par une prise de risque, on vous cloue au pilori. Pis si vous avez votre rendement, même minable, avec ou sans risque, on vous tond (de moins en moins au sens figuré). pis si vous avez et du risque, et pas de rendement, on trouve ça bien ....
a écrit le 18/04/2013 à 21:15 :
Si on gagne, on vous en prend au moins la moitié, voir plus (impôts, frais de transaction ou mandataire dédié). Sans compter le temps passé (il faut être toujours en alerte, même en vacances) et les pertes antérieures et postérieures. Si on investi à l'étranger, on est en pleine guerre des monnaies, pas uniquement USD / Euro. Donc théoriquement, on peut gagner en dollar et perdre en Euro. Quand à ceux qui investissent réellement en titres vifs (cad pas en OPVM ou ETF, voir uniquement ETF CAC40), il faudrait voir ceux qui n'investisse pas que dans les actions du CAC 40, soit en majorité des entreprises qui font leurs bénéfices et investissements et leurs emplois à l'étranger. Vous pouvez aussi avoir la chance du débutant (ou du "singe" maintenant) : prendre des titres au hasard, sans réfléchir et sur une vie d'investisseur, en ayant la chance du candide, cela peut passer... ou non. Rares sont ceux qui ont réellement gagné en bourse depuis 2000 (avant, vous avez reçu la contrepartie de la dette d'Etat), même ceux du métier qui ont investi pour eux-même. Enfin, dans de nombreux pays, même en Europe (peut être demain dans le notre), la retraite est majoritairement privatisé, à la charge de l'individu. Donc, une personne a plus de moyens, qu'il a l'obligation d'investir pour se garantir un revenu à sa retraite, en général pousser par une fiscalité favorable de l'Etat. Mais, pas de garantie de capital et de minimum de rendement, comme dans nos livrets A et autre LDD et dans nos assurances vie.
Supprimer ces placements sans risque, les retraites obligatoires de la fiche de paye et, après avoir acheté son logement, les français seront autant dans le risque que dans les autres pays.
a écrit le 18/04/2013 à 18:52 :
J'ai vendu mes actions : bénéfice de 20% et elles sont maintenant revenues au prix auquel je les avais achetées initialement. Avant d'en racheter, je vais attendre que la situation économique s'éclaircisse un peu pour éviter d'engraisser le bonus de traders à la nanoseconde.
a écrit le 18/04/2013 à 18:33 :
C'est un phénomène culturel bien enraciné en France. On n'investit que dans la pierre, sans risques ou dans un livret A et on exige en plus que les rendements soient faramineux. Regardons le patrimoine de nos politiciens, aucune action. Quand on parle des actionnaires, c'est comme la pire des injures.Les Français ne se rendent même pas compte que l'industrie dite Française n'est Française que de nom.Les propriétaires eux sont étrangers en grande partie. Quand ça va bien les dividendes vont dans la poche des propriétaires (non Français) et quand ça va mal, l'optimisation est décidée ailleurs, voir MITTAL,et autres affaires de ce genre. Et c'est malheureusement pas près de changer.
a écrit le 18/04/2013 à 17:52 :
en votant FH les français ont pris un risaque énorme avec un rendement minable
Réponse de le 18/04/2013 à 18:19 :
en éliminant SarkoUMPNouveauCentre, les français ont sanctionné les piètres menteurs qui ont mis la France dans la merde entre 2002 et 2012 ... mais ilest exact que Hollande est un copié colél de Sarkozy et Ayrault un double clône de Raffarin Fillon ... raison pour laquelle la France reste dans la merde.
Réponse de le 18/04/2013 à 18:24 :
Sauf que M. HOLLANDE a été élu avec une participation minable donc illégitime. Ses électeurs n'ont pris aucun risque sinon celui d'un rendement fort médiocre.
Réponse de le 18/04/2013 à 19:17 :
Hollande il estcertain que si Nicolas Sarkozy etait au gouvernement les actions se porteraient mieux

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :