Quand le capital-investissement donne dans le social et l'écolo
Christine Lejoux
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Environ 70% des sociétés françaises de private equity interrogées par PricewaterhouseCoopers ont formé la quasi-totalité de leurs équipes à l'investissement responsable, selon une étude publiée mercredi par le cabinet d'audit.
Dans l'opinion publique, fonds d'investissement ne rime pas vraiment avec « social. » Pourtant, un peu plus de 70% des sociétés françaises de private equity interrogées par PricewaterhouseCoopers (PwC) ont formé la quasi-totalité de leurs équipes à l'investissement responsable, selon une étude publiée mercredi par le cabinet d'audit. Et « plus de la moitié des sociétés de capital-investissement intègrent systématiquement des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) dans leurs opérations », ajoute Emilie Bobin, manager chez PwC. En clair, ces fonds de private equity n'investissent pas dans des entreprises sur la seule base de leurs résultats financiers, mais également en fonction de leur gestion des problématiques environnementales, sociales et de gouvernance.
« L'ESG fait partie intégrante de notre processus d'investissement. Nous travaillons sur la base d'un principe d'exclusion, qui nous interdit par exemple d'investir dans des entreprises fabriquant des mines antipersonnel », explique Isabelle Combarel, directeur d'investissement chez OFI Asset Management. « Lorsque nous investissons dans une société, nous lui adressons un questionnaire sur ses pratiques ESG, nous formulons des recommandations en la matière et nous procédons à un audit annuel », complète Dominique Senequier, présidente du directoire d'Axa Private Equity.
Les investisseurs institutionnels font pression
Pourquoi l'investissement responsable intéresse-t-il tant le private equity, une profession qui, comme le souligne Sylvain Lambert, associé chez PwC, « n'est pas réputée pour son côté humain » ? « Au début, notre développement dans l'investissement responsable a tellement surpris que d'aucuns s'interrogeaient sur les motivations des « Barbarians at the gate of the ESG » », reconnaît Ludo Bammens, responsable des affaires publiques du fonds américain KKR, en allusion au livre « « Barbarians at the gate : The fall of RJR Nabisco », publié en 1990 par deux journalistes du Wall Street Journal, un an après la retentissante OPA de KKR sur le groupe d'agroalimentaire et de tabac RJR Nabisco.
Si les acteurs du private equity s'aventurent sur le terrain de l'ESG, c'est sous la pression des Limited Partners (LPs), ces fonds de pension et autres investisseurs institutionnels qui leur confient leur argent. « Y-a-t-il des LPs qui refusent d'investir si nous ne faisons pas d'ESG ? Oui. Y-a-t-il des LPs qui investissent davantage si nous pratiquons l'ESG ? Oui », affirme Ludo Bammens. « Dans plus d'un tiers des cas, la première question que nous posent les LPs, avant d'investir chez nous, a trait à notre politique en matière d'ESG », renchérit Lionel Zinsou, président de PAI Partners.
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