Cryptomonnaies : pourquoi la Centrafrique se tourne vers le Bitcoin
Jeanne Dussueil
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Siegfried Modola
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Des mines d'or, au minage de bitcoin, le parallèle est osé. Pourtant, les deux actifs sont souvent comparés pour leur statut de valeur de refuge ou même d'actif de banque centrale. Aujourd'hui, c'est le nouveau rôle de monnaie légale du bitcoin qui interpelle. Après l'initiative du Salvador, qui a suscité bien des critiques de la banque centrale des Etats-Unis, c'est au tour de la République centrafricaine d'annoncer avoir adopté le bitcoin comme monnaie légale, aux côtés du franc CFA, qui bénéfice pourtant d'un taux de change fixe avec l'euro.
Il s'agit donc du premier pays africain à déclarer le bitcoin monnaie "officielle", suite à un vote l'Assemblée nationale de la loi "régissant la cryptomonnaie en République centrafricaine", indique un communiqué le ministre d'État et directeur de cabinet de la Présidence, Obed Namsio.
Dans cette ancienne colonie française, qui tire l'essentiel de ses ressources de l'exploitation de ses mines d'or, d'uranium et de diamants, en conflit larvé avec la France depuis des années et plongée dans la guerre civile depuis 2013, cette décision est loin d'être neutre.
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Cette République, parmi les plus pauvres pays d'Afrique, s'est engagée dans une politique de rapprochement avec la Russie au détriment de l'ancienne puissance coloniale. Un accord de coopération militaire avec les russes a été signé en 2018 et des centaines de mercenaires du groupe paramilitaire Wagner font régner la terreur dans la capitale et autour des sites d'exploitation miniers. Le conflit en Ukraine a ravivé les antagonismes entre la France et le gouvernement centrafricain, avec un soutien d'une partie de la population aux militaires centrafricains et leurs alliés russes.
Jeanne Dussueil