Des ordinateurs détruits au rouleau-compresseur : la spectaculaire lutte contre le minage de cryptomonnaies brandie par la Malaisie

VIDÉO. Après la Chine et l'Iran, la Malaisie a montré sa détermination à empêcher le minage du bitcoin et des autres cyrptomonnaies qui permet aux propriétaires des ordinateurs de toucher une rémunération. Face au "vol d'électricité" utilisée par cette technologie, les autorités durcissent la répression.

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La Malaisie n'est pas le seul Etat à faire la chasse au minage de bitcoins. Les autorités chinoises ont suspendu le minage de cryptomonnaies dans le Sichuan.
La Malaisie n'est pas le seul Etat à faire la chasse au minage de bitcoins. Les autorités chinoises ont suspendu le "minage" de cryptomonnaies dans le Sichuan. (Crédits : ALESSANDRO BIANCHI)

Pendant que l'ambassadeur du bitcoin, le milliardaire Elon Musk, fait le promotion du bitcoin, cette cryptomonnaie décentralisée capable « d'augmenter le pouvoir de l'individu par rapport au gouvernement », certains Etats intensifient leur lutte contre son minage, l'activité informatique qui permet de fabriquer les précieux jetons numériques. Accusé de consommer bientôt l'équivalent de 0,6% de la production mondiale d'énergie - ou dix fois la consommation de Google -, selon l'Université de Cambridge, l'électricité est le nerf de la guerre politique et économique qui se joue autour du Bitcoin. Et pour ne pas perdre le contrôle sur cette ressource, certains pays mettent les moyens : dernier en date la Malaisie, cet Etat d'Asie du Sud-Est qui a mis en scène, en vidéo, la destruction d'ordinateurs servant au cryptage de ces actifs numériques.

La police malaisienne a en effet imaginé un moyen spectaculaire d'afficher sa détermination dans la lutte contre le vol d'électricité - captée pour permettre aux ordinateurs de fabriquer les jetons du bitcoin - en détruisant au rouleau-compresseur plus d'un millier de machines qui avaient été saisies lors de descentes de police.

En échange d'une rémunération pour avoir validé chaque blocs du bitcoin, sur le grand réseau décentralisé de la blockchain, les "mineurs" font résoudre des calculs complexes à un ordinateur pour valider les transactions.

Six mois de prison

La petite entreprise avait ainsi été monté par huit personnes sur l'île malaisienne de Bornéo. Elles ont été arrêtées par la police locale. Les machines, d'une valeur estimée à 5,3 millions de ringgit (1,1 million d'euros) avaient été découvertes lors de plusieurs opérations l'île entre février et avril.

Au total, ces mineurs sont accusés d'avoir volé l'équivalent de 1,7 million d'euros d'électricité en branchant illégalement ces machines sur le réseau général, selon la police. "Les mineurs de cryptomonnaies volent l'électricité", a dénoncé Hakemal Hawari, un haut responsable de la police de la ville de Miri, dans le nord de la partie malaisienne de Bornéo. "Leurs agissements sont dangereux, non seulement pour les vies humaines, mais aussi d'un point de vue matériel, car ils peuvent provoquer des coupures de courant." Six des personnes arrêtées ont été condamnées pour vol d'électricité et incarcérées pour six mois.

Aussi, les 1.069 machines servant au minage ont été déposées la semaine dernière sur un parking de Miri avant d'être détruites au rouleau-compresseur. Une vidéo a même tourné sur les médias locaux.

Chine et Iran font aussi la guerre au minage

La Malaisie n'est pas le seul Etat à faire la chasse au minage de bitcoins. En juin, les autorités chinoises ont suspendu le "minage" de cryptomonnaies dans le Sichuan (sud-ouest), l'une des provinces jusqu'ici les plus en pointe dans ce domaine, en raison notamment du faible coût de l'électricité.

Jusqu'ici, la Chine, pour sa capacités hydrauliques et en réserve de charbon, étaient considérée comme l'Eldorado du minage. Mais la part de marché du pays sur l'activité est passée de 75,5% de l'activité en septembre 2019 à 46% en avril 2021, selon une étude de l'Université de Cambridge.

Derrière la Chine se trouvent les mineurs américains qui représentent pour leur part 16,8% du marché. Le Kazakhstan s'octroie la troisième place du podium, avec une part de marché de 8,2%, suivi par la Russie (6,8%) et l'Iran (4,6%), selon l'étude.

D'ailleurs, l'Iran a également interdit le minage informatique pour quatre mois, suite à des coupures de courant à répétition à Téhéran et dans plusieurs grandes villes pour cause de surcharge du réseau électrique.

"Les activités [de] minage de cryptomonnaies doivent cesser jusqu'à la fin [du mois iranien] de Chahrivar", le 22 septembre, avait déclaré en mai M. Rohani en Conseil des ministres.

En juin, la police iranienne a annoncé avoir saisi 7.000 ordinateurs destinés au minage, la plus grande saisie de matériel sur ce sujet, rapporte Reuters.

Pour l'heure, malgré ses assauts sur sa fabrication, le bitcoin voyait son cours se maintenir. Après une chute sous le seuil des 30.000 dollars l'unité (qu'il avait atteint pour la première fois en janvier 2021), le bitcoin montait vendredi de 1,88% à 32.415 dollars.

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Commentaires 3
à écrit le 24/07/2021 à 11:47
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Suivant toute la littérature informatique depuis 1962 (c'est pas hier) je me suis intéressé à la naissance de cette monnaie virtuelle et hésité à en acheter pour 500€ il me semble 200 ou 300 bitcoins, pas pour placer, juste le principe, puis j'ai oub...

à écrit le 23/07/2021 à 18:57
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A l'heure d'une pénurie planétaire de puces et autres composants soit disant, c'est balot 😁

à écrit le 23/07/2021 à 14:08
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Génial, plutôt que de les donner à des gens qui n'ont pas les moyens d'en acheter, du spectaculaire au totalement débile. On n'y arrivera jamais.

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