Les fondateurs d'une plateforme de trading en cryptomonnaies, deux frères sud-africains de vingt ans, sont soupçonnés d'avoir prétexté un piratage informatique pour détourner les fonds placés par leurs clients. Les deux entrepreneurs ont démenti, selon la BBC. Avec le pic du bitcoin en avril dernier, la tentation de la fraude culmine.Après « la plus grosse saisie de cryptomonnaies au monde » cette semaine, « l'affaire Africrypt » pourrait être la plus grosse fraude au bitcoin de l'histoire de cet actif numérique, depuis sa création en 2009. Cette fois-ci, elle concerne deux frères sud-africains, les fondateurs d'une plateforme de trading en cryptomonnaies basée sur la côte Est du pays, à Durban et qui, du jour au lendemain, se sont volatilisés après la disparition de 3,6 milliards de dollars, ou 69.000 bitcoins (rapportés à son cours le plus haut en avril dernier à plus de 64.000 dollars), a rapporté Bloomberg. Les deux frères, par la voix de leur avocat, ont démenti toute implication dans ce « braquage », selon la BBC.
A titre de comparaison, en 2019, les fraudeurs sur ces monnaies numériques échangés via la technologie décentralisée de la blockchain, avaient réussi à capter 4,3 milliards de dollars sur l'ensemble de l'année, selon les données du cabinet de consultants Chainalysis. Dans un second rapport, des fraudes de "seulement" plusieurs dizaines de millions de dollars avaient été recensées par le cabinet CipherTrace en 2020. Aussi, outre les autres activités illégales (blanchiment, échanges sur le darknet), cette fraude d'Africrypt, si elle est confirmée par l'enquête, pourrait battre un record.
Tout commence au printemps 2021, tandis que le cours du bitcoin est en pleine forme, porté par ses figures de proue tel Elon Musk pour Tesla, mais aussi par des acteurs traditionnels (Goldman Sachs, BNY Mellon, Credit Suisse) qui lui reconnaissent un intérêt pour leurs clients investisseurs, l'un des deux frères, le chief operating officer, informe les clients de cette plateforme créée en 2019 qu'elle a été victime d'un piratage. « Dans l'immédiat, l'étendue de l'attaque sur les données personnelles des clients n'est pas claire pour nous », écrivait-il. Dans cet email que rapportent les médias locaux, il leur demande alors de ne pas reporter l'incident aux autorités légales, car ces derniers pourraient ralentir le processus de récupération des fonds volatilisés, raconte Bloomberg. En avril, la plateforme est fermée par ces frères âgés d'un vingtaine d'années.