Le coup de blues des entrepreneurs français de la crypto
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo générée par IA (Grok).
Grok / IA
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo générée par IA (Grok).
Grok / IA
Il y a comme un arrière-goût de morosité ambiante dans l'écosystème français. En contraste avec les annonces tous azimuts de l'administration Trump pour séduire les entrepreneurs du bitcoin et des cryptos —, leurs homologues tricolores font grise mine. Pire, alors que de violents enlèvements contre rançons font la une des médias en France, une nouvelle tendance se dessine : celle d'une vague d'expatriation vers des juridictions plus favorables au commerce des services financiers liés aux jetons numériques.
Pourtant, plusieurs initiatives ont été lancées récemment : adoption du règlement MiCA fin 2024 pour encadrer les cryptoactifs, rencontres informelles entre élus et acteurs (dont François Hollande et certains partis d'extrême droite), visite de la ministre chargée de l'IA et du Numérique chez le fleuron tricolore Ledger... Bpifrance — qui se pose en « principal financeur direct et indirect du secteur » — vient même de s'engager à soutenir ces actifs échangés avec des protocoles blockchain via une enveloppe de 25 millions d'euros.
Mais même pour la banque publique la « tendance [est] indéniable » : « Oui, certains entrepreneurs sont tentés de se rapprocher de zones particulièrement attractives côté « business », notamment New York, qui concentre l'intérêt des grands acteurs financiers. Mais elle ne se présente pas sous la forme d'une expatriation totale, plutôt partielle (déménagement du PDG uniquement, voyages plus fréquents...) », confirme Ivan De Lastours, spécialiste blockchain chez Bpifrance, laquelle revendique depuis dix ans, 150 millions d'euros injectés dans 200 start-up crypto ou Web3. Et de relativiser encore : « Ce secteur a une culture de la décentralisation et du mouvement. »
À lire également
Ce coup de pouce de l'État vient surtout combler la grande faiblesse du capital-risque tricolore, quand, de l'autre côté de l'Atlantique, les chiffres donnent le tournis. Chassées par des dizaines de fonds d'investissement spécialisés, les entreprises américaines ont déjà levé, sur le seul premier trimestre 2025, 4,8 milliards de dollars soit déjà 60% du montant total atteint en 2024, selon CryptoRank.