Le géant du pétrole BP tremble depuis quelques mois. L'origine de sa peur ? Un financier de 80 ans qui terrifie entreprises et États depuis plus de cinquante ans. Paul Singer, à la tête d'une armée de 600 avocats, analystes financiers et autres gérants de portefeuilles, a lancé son fonds d'investissement Elliott à l'assaut du pétrolier britannique. « C'est l'un des plus gros et des plus agressifs fonds du monde », met en garde Thibaut François, président de Fastea Capital.
Après avoir investi près de 5 milliards de dollars en février pour prendre possession de 5 % du capital de l'entreprise, le fonds s'est donné pour objectif d'augmenter la rentabilité de BP. Et ce, par tous les moyens. « L'équipe d'Elliott est vraiment d'une intelligence redoutable. Parfois, l'accent est mis sur l'intelligence, d'autres fois sur l'effroi », confie à Reuters Kai Liekefett, coprésident du département activisme actionnarial et défense des entreprises du cabinet d'avocats Sidley Austin. Une image aussi acérée que celle de son patron. Costume toujours impeccable, barbe blanche taillée au ciseau et regard sévère, Paul Singer ne laisse rien passer. Son credo est radical : une entreprise doit générer un rendement. « C'est un devoir fondamental envers tous ces actionnaires », affirmait-il dans un entretien au média C-Suite, fin 2024.
Dans ce bras de fer financier, l'actionnaire minoritaire (mais bien connu pour toujours parvenir à ses fins) ordonne à BP de réduire ses investissements dans les énergies renouvelables et de recentrer ses efforts sur les hydrocarbures. Une pression qui a amené le champion britannique à vendre 50 % de la branche solaire Lightsource BP. Cette affaire montre une chose : Elliott peut faire plier les plus grosses entreprises de ce monde.