Paiement : la licorne suédoise iZettle vient se frotter à la Bourse

Paiement izettle startup fintech
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Ce devrait être la première d'une série de jeunes entreprises du secteur de la Fintech, réinventant la finance par la technologie, qui déboulent en Bourse en Europe cette année. La Suédoise iZettle, qui a conçu un lecteur de carte bancaire destiné aux petits commerçants, vendu dans toute l'Europe, sur un créneau proche de celui de l'Américain Square, devrait annoncer la semaine prochaine le lancement de son processus d'introduction en Bourse, selon le Financial Times. L'entreprise fondée en 2010 doit accélérer et marquer son territoire en Europe face à ce poids lourd aux gros moyens (Square capitalise quelque 19 milliards de dollars à Wall Street), qui a commencé à s'implanter au Royaume-Uni depuis l'an dernier.
Cette "licorne", dont le dernier tour de table en décembre dernier s'est bouclé sur une valorisation juste en dessous du milliard de dollars selon la presse suédoise, espère peser en Bourse autour des 10 milliards de couronnes, environ 939 millions d'euros (1,1 milliard de dollars). Le projet d'introduction avait été évoqué l'été dernier.
Les petits lecteurs d'iZettle, vendus 79 euros (plus des frais de transaction), permettent de transformer un smartphone ou une tablette en caisse ou terminal de paiement, que ce soit sur un marché ou même dans une église pour la quête. Il est compatible avec le sans contact et les solutions Apple Pay, Google Pay et Samsung Pay. La Fintech, présente sur de nombreux marchés européens, dont la France, et en Amérique latine, a aussi développé un tableau de bord de facturation et a récemment lancé une plateforme d'e-commerce, permettant aux TPE de créer leur boutique en ligne et d'accepter les paiements sur Internet. Elle propose aussi aux petites entreprises de disposer d'un apport en trésorerie grâce à une avance sur les transactions réalisées par cartes bancaires avec sa solution iZettle Advance.
L'entreprise de Stockholm, qui emploie plus de 500 personnes et a le statut d'établissement de monnaie électronique, est encore beaucoup plus petite que Square Inc mais elle a connu une solide croissance. L'an dernier, iZettle a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 90 millions d'euros, en hausse de 51% (après +60% en 2016), et dégagé une perte opérationnelle de l'ordre de 21 millions, en léger repli. Elle a levé plus de 200 millions d'euros, auprès d'investisseurs corporate comme Intel et Santander, Mastercard et American Express, de fonds de pension suédois et de sociétés de capital-risque comme 83North et Index Ventures. La Banque européenne d'investissement (BEI) lui a aussi prêté 30 millions d'euros.
Certains de ses nombreux actionnaires veulent peut-être sortir ou profiter de la frénésie de rachats dans le secteur des paiements : l'an dernier, le Français Ingénico s'était offert une autre Fintech suédoise, Bambora, pour 1,5 milliard d'euros, après l'acquisition du britannique Worldpay par l'Américain Vantiv pour 8,7 milliards d'euros.
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L'opération d'iZettle devrait ouvrir le bal d'une série d'introductions très attendues dans le jeune secteur de la Fintech en Europe, prouvant son arrivée à maturité. La licorne néerlandaise Adyen, spécialiste des paiements en ligne, qui propose aussi des terminaux en magasins physiques en partenariat avec Verifone, pourrait être valorisée entre 6 et 9 milliards d'euros lors de son entrée à la Bourse d'Euronext Amsterdam envisagée en juin. Dans un secteur un peu différent, le pionnier européen du financement participatif, le britannique Funding Circle, a mandaté plusieurs banques en vue d'une introduction à Londres qui pourrait le valoriser entre 1 et 2 milliards d'euros.