Paytm, la Fintech indienne qui vaut 16 milliards de dollars

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Paytm s'est développée grâce sa solution de paiement mobile via un QR code auprès des magasins et vendeurs locaux. Sa croissance s'est envolée en 2016 lors du grand plan de démonétisation mené par le gouvernement indien.
Paytm s'est développée grâce sa solution de paiement mobile via un QR code auprès des magasins et vendeurs locaux. Sa croissance s'est envolée en 2016 lors du grand plan de démonétisation mené par le gouvernement indien. (Crédits : Reuters)
Le géant indien des paiements mobiles vient de boucler une nouvelle levée de fonds XXL d'un milliard de dollars. Grâce à ce tour de table, la Fintech entend enrichir son offre financière pour se démarquer d'une concurrence de plus en plus féroce.

Les rumeurs d'une nouvelle levée de fonds d'un montant de deux milliards de dollars circulaient depuis plusieurs semaines. Finalement, le spécialiste indien du paiement mobile Paytm vient d'officialiser un tour de table d'un milliard de dollars auprès du gestionnaire d'actifs américain T. Rowe Price. Le chinois Ant Financial (le bras financier d'Alibaba), le japonais SoftBank et le fonds américain Discovery Capital, tous les trois actionnaires historiques de la société, participent également à cette méga levée de fonds qui valorise Paytm 16 milliards de dollars.

La plus grande licorne indienne

L'opération propulse ainsi Paytm au stade de startup indienne la plus valorisée, souligne le site américain Techcrunch. Paytm coiffe également les startups les plus prometteuses du continent asiatique comme les applications de VTC Grab (Singapour) et Go Jek (Indonésie), respectivement valorisées 14,3 et 10 milliards de dollars selon les données de CB Insights. Dans l'univers de la Fintech, seul le californien Stripe fait mieux avec une valorisation supérieure à 35 milliards de dollars - si l'on exclut le mastodonte chinois Ant Financial. Au total, One97 Communications, la maison-mère de Paytm, a levé près de 3,5 milliards de dollars depuis sa création il y a dix ans.

La Fintech aux plus de 250 millions d'utilisateurs a vu sa croissance s'envoler lors du plan de démonétisation brutal annoncé il y a trois ans par le Premier ministre Narendra Modi, décrétant du jour au lendemain la suppression de la valeur faciale des billets de 500 et 1.000 roupies.

Paytm s'est d'abord fait connaître grâce sa solution de paiement mobile via un QR code auprès des magasins et vendeurs locaux. Elle a ensuite enrichi ses fonctionnalités et permet désormais de réaliser des paiements entre particuliers, de régler les factures récurrentes comme les assurances et les charges d'électricité, de payer son repas en bénéficiant de l'aide de son employeur, d'acheter des billets de train ou de cinéma ou encore de souscrire à des prêts et même d'épargner. Une carte de paiement physique est également disponible.

Une offre financière plus riche

Grâce à cet afflux d'argent frais, la "décacorne" (société non cotée en Bourse valorisée plus de 10 milliards de dollars, quand une licorne en vaut un seul) entend renforcer son réseau de commerçants partenaires et étoffer son offre financière, avec le développement de prêts, de produits d'assurance et d'investissement.

Paytm prévoit ainsi d'investir 100 milliards de roupies (l'équivalent de 1,4 milliard de dollars) au cours des trois prochaines années pour séduire encore plus d'utilisateurs. La Fintech, dont le marché domestique est gigantesque avec 1,4 milliard d'habitants, entend aussi accélérer à l'international, notamment au Japon où elle a lancé l'application Paypay, en partenariat avec Softbank et Yahoo, et où elle compte déjà plus de 8 millions d'utilisateurs.

Un marché très convoité

Cette augmentation de capital XXL doit aussi permettre à Paytm de faire face à de nouveaux concurrents aimantés par les opportunités colossales du marché indien. Selon les projections de Credit Suisse, le marché des paiements en ligne en Inde devrait peser 1.000 milliards de dollars d'ici à quatre ans, contre environ 200 milliards de dollars actuellement.

Sur les paiements entre particuliers, son plus grand rival est aujourd'hui l'application PhonePe développée par l'e-commerçant Flipkart, racheté en août 2018 par le géant américain de la grande distribution Walmart. Mais Paytm est désormais aussi concurrencée par Google, dont le portefeuille électronique Google Pay aurait déjà séduit plus de 67 millions d'utilisateurs actifs. WhatsApp, la messagerie instantanée détenue par Facebook qui compte 400 millions d'utilisateurs dans le pays, prévoit quant à elle de lancer un service de paiement dans les semaines à venir.

Ce marché hyper concurrentiel se traduit par d'importantes dépenses pour grossir toujours plus vite. Lors du précédent exercice, Paytm a plus que doublé ses pertes à près de 550 millions de dollars, contre 206 millions un an avant.

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Commentaires
a écrit le 26/11/2019 à 9:05 :
Enfin tout dépend, si ce sont des américains qui achètent ils l'achèteront 8 milliards, des actionnaires européens eux l'achèteraient 32 milliards.

IL vaut quand même mieux vendre aux américains c'est évident, la puissance politique ça n'a pas de prix !

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