Portée par le paiement fractionné, Banque Casino s'attaque à l'Europe et devient Floa

La banque 100% en ligne, spécialisée dans le crédit à la consommation, entend se développer dans 10 pays d'ici à 2025 et passer le cap des 5 millions de clients à cet horizon. Pour atteindre ces objectifs, elle mise sur le boom du e-commerce, dopé par la crise sanitaire, et les facilités de paiement qu'elle met à disposition des e-commerçants.

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Floa, l'appli mobile.
Floa, l'appli mobile. (Crédits : Floa)

Pour certaines banques, la crise du coronavirus a eu un effet tremplin. C'est le cas de Banque Casino, détenue à 50% par le groupe Casino et à 50% par le Crédit Mutuel CIC, qui a annoncé ce mardi son lancement d'ici la fin de l'année en Espagne et en Belgique, puis dans huit autres pays à l'horizon 2025. Pour accompagner cette internationalisation, Banque Casino change de nom. L'actuel faisant trop référence au jeux d'argent, l'établissement devient donc Floa et adopte un logo en forme de fleur, qui évoque la marguerite du groupe Casino.

banque casino, floa logo

Le confinement a largement favorisé le e-commerce, marché sur lequel est très ancrée cette banque 100% en ligne, qui revendique le titre de leader du "paiement fractionné" avec 33% de parts de marché fin juillet.

Désormais largement répandue en ligne, cette méthode permet au consommateur de régler un achat en plusieurs fois et jusqu'à 10 fois. Un moyen pour les e-commerçants clients de cette solution de vendre plus facilement des produits ou services coûteux, comme le matériel informatique, très demandé avec l'adoption massive du télétravail provoquée par la crise sanitaire.

"Un Français sur 4 a utilisé le paiement fractionné en 2020 et 78% sont prêts à changer d'enseigne pour pouvoir en bénéficier. Il s'agit d'un service fondamental d'accompagnement à l'achat", fait valoir Catherine Vidal, directrice générale de Floa, citant un sondage Opinion Way mené en juin dernier.

Cinq millions de clients en 2025

La banque, qui revendique 3 millions de clients, dont 850.000 porteurs de cartes (150.000 ont été recrutés en début d'année), entend passer le cap des 5 millions de clients européens à l'horizon 2025. Pour atteindre cet objectif, elle mise justement sur ses outils de facilité de paiement afin de séduire de nouveaux e-commerçants partenaires. Floa en revendique actuellement une centaine, dont le site marchand Cdiscount (également détenu par le groupe Casino), Oscaro, Selectour, Misterfly, ou encore Pierre et Vacances.

Floa surfe sur le développement du e-commerce en Europe, qui représente aujourd'hui un marché de 700 milliards d'euros et affiche une croissance annuelle de 10%.

"Accompagner nos e-commerçants partenaires [dans leur développement à l'international, Ndlr], c'est notre porte d'entrée. Mais l'objectif est d'y aller de façon conquérante. En Europe du Sud, il existe très peu d'offres de paiement et de financement suffisamment fluides. Au Portugal et en Italie, par exemple, les possibilités de paiement au moment de l'achat sur internet sont très limitées et davantage proches des solutions de crédits classiques, très lourdes. Il existe un vrai potentiel avec le paiement fractionné en ligne et omnicanal", assure Catherine Vidal.

Partenariats avec les fintech

Casino n'est pas le seul à vouloir déployer sa banque à l'international. Son principal concurrent dans les facilités de paiement, Oney Bank, dont 50,1% du capital est détenu par BPCE, est déjà présent dans une dizaine de pays.

Pour se démarquer, Floa mise sur d'autres leviers de croissance et notamment son ouverture à l'écosystème des fintech, avec qui elle a noué des partenariats.

L'appli Lydia propose ainsi le prêt instantané, qui permet d'emprunter de 100 à 1.000 euros depuis son smartphone et de disposer de liquidités dans la minute.

Plus récemment, Floa s'est rapprochée de la fintech Obvy, spécialisée dans la sécurité des transactions entre particuliers, pour proposer de payer en plusieurs fois les achats d'occasion.

À très court terme, la banque entend également mettre à la disposition des e-commerçants la fonctionnalité "Buy now, pay later" ("achetez maintenant, payez plus tard"), qui a notamment fait le succès du suédois Klarna, première fintech européenne valorisée plus de 10 milliards de dollars.

2020 : "une année de croissance rentable" malgré la crise

Floa, qui ne publie pas ses résultats semestriels, assure que 2020 sera une année de croissance rentable. "Mais pas forcément avec une croissance supérieure à 20%", nuance Catherine Vidal. "Dans le e-commerce, le black friday et le jour de Noël sont deux dates très importantes", souligne la dirigeante, qui table sur un produit net bancaire (peu ou prou l'équivalent du chiffre d'affaires) supérieur à 200 millions d'euros en 2020, contre 170 millions d'euros en 2019.

Floa anticipe un impact nul de la crise sur son activité de crédits à la consommation. "La production que nous avons réalisée en mai, juin, juillet et août derniers va nous permettre de compenser la petite dépression vécue pendant la période de confinement", assure Marc Langevin, directeur général adjoint de Floa.

Quant au coût du risque, celui-ci est resté stable, voire même en léger recul dans certains domaines.

"Les Français ont économisé, et leur solvabilité s'est améliorée. À date, nous n'avons aucun signe de fléchissement, et cela est probablement lié aux différentes aides gouvernementales. Il n'y a donc pas d'alerte, mais nous nous préparons à un début 2021 plus compliqué", reconnaît toutefois la dirigeante.

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