Pollution de l'air : 4.000 morts chaque jour en Chine

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La mauvaise qualité de l'air est responsable de 17% des décès en Chine. Alerté par ce chiffre et le phénomène récurrent du smog, mardi 30 juin, le pays a fait savoir qu'il souhaitait « porter la part de (ses) énergies non fossiles dans la consommation énergétique primaire à environ 20%.
La mauvaise qualité de l'air est responsable de 17% des décès en Chine. Alerté par ce chiffre et le phénomène récurrent du smog, mardi 30 juin, le pays a fait savoir qu'il souhaitait « porter la part de (ses) énergies non fossiles dans la consommation énergétique primaire à environ 20%". (Crédits : Reuters)
Selon une étude de l'institut Berkeley Earth, ce phénomène est dû à la production de charbon qui couvre 65% des besoins en énergie du pays. La Chine tente de réduire la pollution en adoptant des standards pour la qualité de l'air ou en diversifiant son approvisionnement en énergie. Le chemin est encore long, mais pas seulement pour elle: pour l'UE et la France aussi...

La pollution de l'air tue en moyenne 4.000 personnes chaque jour en Chine, selon une étude scientifique récemment dévoilée. Pour celle-ci, ce problème résulte de l'exploitation du charbon. Plus particulièrement, une petite particule, la PM2.5s, peut causer des crises cardiaques, des AVCs, des cancers du poumon et de l'asthme. Selon les scientifiques, la pollution provoque 1,6 million de morts par an, soit 17% de l'ensemble des décès.

" La concentration en PM2.5s va bien au-delà des standards, mettant en danger la vie des populations, bien que la qualité de l'air se soit améliorée dans la première moitié des 358 ville chinoises", explique Dong Liansai, responsable de la campagne climat et énergie pour Greenpeace en Asie de l'Est.

Pour les chercheurs, 92% de la population chinoise ont été exposés à, au moins, 120 heures d'air de mauvaise qualité entre le 5 avril 2014 et le 5 août 2015. 38% de la population a respiré un air considéré comme dangereux pour la santé sur cette même période.

"Chaque heure d'exposition à la pollution réduit l'espérance de vie de 20 minutes"

Cette étude, publiée dans la revue scientifique en ligne PLOS, jeudi 13 août, est menée par Berkeley Earth, une organisation scientifique indépendante qui utilise les statistiques pour analyser les problématiques environnementales. L'organisme a analysé les mesures collectées, au cours de chaque heure, dans 1.500 stations terrestres, pendant une période de 4 mois. Ils ont ensuite utilisé un modèle employé par l'Organisation mondiale de la santé pour calculer les maladies induites. Richard Muller, directeur scientifique de l'organisation et co-auteur de l'étude explique à Bloomberg Business:

"La dernière fois que j'ai été à Pékin, le niveau de pollution était dangereux. Chaque heure d'exposition réduisait mon espérance de vie de 20 minutes. C'est comme si chaque homme, femme et enfant fumait 1 cigarette et demie toute les heures".

Le charbon est la principale cause de pollution

Les autorités chinoises ont reconnu l'urgence de la situation après que d'épaisse fumée, appelée smog, apparaissent dans les grandes villes comme Pékin ou Shanghai.  En réponse, les autorités ont adopté des standards pour la qualité de l'air, introduit des stations moniteurs pour la mesurer et des standards de propreté pour le transport de carburant. Mais 90% des 161 villes, où l'air a été étudié, ne correspondaient pas à ces standards officiels, selon le bureau national des statistiques chinoises.

Pour les chercheurs, la source de PM2.5s correspond à celle de dioxyde de sulfure ce qui implique que la majorité de cette pollution provient de l'exploitation du charbon.

"Les sources de pollution sont étendues mais particulièrement intenses dans un axe Nord-Est qui s'étend de Shanghai au Nord de Pékin. L'étendue de la pollution n'est pas une surprise, étant donné que certaines substances peuvent rester en suspension dans l'air entre quelques jours et plusieurs semaines et voyager sur des centaines de kilomètres."

La Chine essaie de réduire sa dépendance aux énergies fossiles

Or, l'économie chinoise est asphyxiée par sa dépendance au charbon qui couvre 65% des besoins en énergie du pays. Le pays représente, à lui seul, 25 % des émissions de gaz à effet de serre de notre planète.

Pour Elizabeth Muller, directrice exécutive de Berkeley Earth, les solutions à ce problème pourraient inclure une plus grande utilisation d'épurateurs, une augmentation de l'efficience énergétique, ainsi qu'une transition du charbon vers le gaz naturel, l'énergie nucléaire et les énergies renouvelables.

« Beaucoup de ces mêmes solutions de réduction de la pollution de l'air permettront simultanément d'atténuer la contribution de la Chine au réchauffement planétaire. Nous sommes en mesure de sauver des vies aujourd'hui et demain. »

Une orientation que le pays essaie de prendre. Il a d'ores et déjà commencé à diversifier son approvisionnement en énergie : générateurs electro-hydrauliques, gaz, gaz naturel liquéfié sont encouragés depuis des années, selon une universitaire chinoise. Mardi 30 juin, la Chine a d'ailleurs fait savoir qu'elle souhaitait « porter la part de (ses) énergies non fossiles dans la consommation énergétique primaire à environ 20%".

Pourtant, si le pays doit fermer 60 centrales au charbon entre 2016 et 2020, trois fois plus de ces centrales sont prévues à la construction dans l'ouest du pays, avec de nouvelles technologies. Une situation qu'illustre bien l'exemple de Xingtai, nommée pour la troisième année consécutive ville la plus polluée de Chine.

La pollution de l'air ne constitue pas un problème en Chine seulement. Elle a coûté 189 milliards d'euros en 2012 à l'Union européenne et prés de 97 milliards d'euros à la France. À travers le monde, cette contamination tue environ trois millions de personnes chaque année, soit plus que le VIH, le paludisme, le diabète ou la tuberculose.

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Commentaires
a écrit le 15/08/2015 à 19:56 :
Si on diminue le nucléaire à hauteur de ce qui est prévu, il y aura forcément relai en hiver avec du thermique pour assurer la demande (charbon ou diesel). C'est aussi ce qui se passe en Allemagne. Donc plus de pollution aérienne. Mais nous, on paiera en plus des taxes pour que Sego puisse fanfaronner à la COP21 : taxe supplémentaire sur le gaz, taxes supplémentaires pour dédommager EDF s'il ferme une centrale (et oui, c'est nouveau, on dédommage le manque à gagner d'EDF), etc... On appelle ça l'écologie punitive, non ? Dans tous les cas, on sera enfumés : au niveau de nos narines mais aussi au niveau politique. Je ne vois pas en quoi payer plus de taxes et relayer du nucléaire par du charbon va dépolluer quoi que ce soit, mais ça permettra peut être à quelques écolos de rester au PS...
a écrit le 14/08/2015 à 22:58 :
La pollution c'est le problème de chacun. Elle serait vite fortement diminuée si chacun faisait tout ce qu'il peut pour çà et les solutions ne manquent pas.
a écrit le 14/08/2015 à 21:38 :
Je vis au Havre en Normandie ou Il y a une centrale à charbon sur le port, soit quasi en ville.
En 40ans, je n'ai jamais eu ou entendu, lu dans les journaux, le moindre débat sur ce problème sanitaire.
D'ailleurs, on change les mots, EDF les appele des centrales thermiques. Ça fait plus propre.
Quand l'ignorance est maintenue par la mairie ou l'opérateur historique...
a écrit le 14/08/2015 à 16:54 :
"à celle de dioxyde de sulfure" dioxyde de soufre
a écrit le 14/08/2015 à 16:13 :
est ce une sorte de reduction controlee de la population???? apres tout, ils ont eu "l'enfant unique" et ca marchait pas trop bien......

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