Pollution de l'air : 4.000 morts chaque jour en Chine

Maud Sarano

Maud Sarano
La pollution de l'air tue en moyenne 4.000 personnes chaque jour en Chine, selon une étude scientifique récemment dévoilée. Pour celle-ci, ce problème résulte de l'exploitation du charbon. Plus particulièrement, une petite particule, la PM2.5s, peut causer des crises cardiaques, des AVCs, des cancers du poumon et de l'asthme. Selon les scientifiques, la pollution provoque 1,6 million de morts par an, soit 17% de l'ensemble des décès.
Pour les chercheurs, 92% de la population chinoise ont été exposés à, au moins, 120 heures d'air de mauvaise qualité entre le 5 avril 2014 et le 5 août 2015. 38% de la population a respiré un air considéré comme dangereux pour la santé sur cette même période.
Cette étude, publiée dans la revue scientifique en ligne PLOS, jeudi 13 août, est menée par Berkeley Earth, une organisation scientifique indépendante qui utilise les statistiques pour analyser les problématiques environnementales. L'organisme a analysé les mesures collectées, au cours de chaque heure, dans 1.500 stations terrestres, pendant une période de 4 mois. Ils ont ensuite utilisé un modèle employé par l'Organisation mondiale de la santé pour calculer les maladies induites. Richard Muller, directeur scientifique de l'organisation et co-auteur de l'étude explique à Bloomberg Business:
Les autorités chinoises ont reconnu l'urgence de la situation après que d'épaisse fumée, appelée smog, apparaissent dans les grandes villes comme Pékin ou Shanghai. En réponse, les autorités ont adopté des standards pour la qualité de l'air, introduit des stations moniteurs pour la mesurer et des standards de propreté pour le transport de carburant. Mais 90% des 161 villes, où l'air a été étudié, ne correspondaient pas à ces standards officiels, selon le bureau national des statistiques chinoises.
Pour les chercheurs, la source de PM2.5s correspond à celle de dioxyde de sulfure ce qui implique que la majorité de cette pollution provient de l'exploitation du charbon.
Or, l'économie chinoise est asphyxiée par sa dépendance au charbon qui couvre 65% des besoins en énergie du pays. Le pays représente, à lui seul, 25 % des émissions de gaz à effet de serre de notre planète.
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Pour Elizabeth Muller, directrice exécutive de Berkeley Earth, les solutions à ce problème pourraient inclure une plus grande utilisation d'épurateurs, une augmentation de l'efficience énergétique, ainsi qu'une transition du charbon vers le gaz naturel, l'énergie nucléaire et les énergies renouvelables.
Une orientation que le pays essaie de prendre. Il a d'ores et déjà commencé à diversifier son approvisionnement en énergie : générateurs electro-hydrauliques, gaz, gaz naturel liquéfié sont encouragés depuis des années, selon une universitaire chinoise. Mardi 30 juin, la Chine a d'ailleurs fait savoir qu'elle souhaitait « porter la part de (ses) énergies non fossiles dans la consommation énergétique primaire à environ 20%".
Pourtant, si le pays doit fermer 60 centrales au charbon entre 2016 et 2020, trois fois plus de ces centrales sont prévues à la construction dans l'ouest du pays, avec de nouvelles technologies. Une situation qu'illustre bien l'exemple de Xingtai, nommée pour la troisième année consécutive ville la plus polluée de Chine.
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La pollution de l'air ne constitue pas un problème en Chine seulement. Elle a coûté 189 milliards d'euros en 2012 à l'Union européenne et prés de 97 milliards d'euros à la France. À travers le monde, cette contamination tue environ trois millions de personnes chaque année, soit plus que le VIH, le paludisme, le diabète ou la tuberculose.
Maud Sarano