Ariane 6 : un premier vol commercial avec de très forts enjeux stratégiques
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C'est le jour J pour CSO-3, le satellite d'observation militaire, qui doit décoller à bord d'Ariane 6. C'est également le jour J pour le nouveau lanceur lourd européen (Ariane 62) dont ce sera ce lundi à 17h24 (heure Paris) le premier vol commercial et le deuxième de sa très jeune existence opérationnelle. Un lancement où la pression est largement palpable en raison de très forts enjeux stratégiques pour l'Europe spatiale : la confirmation du retour en vol d'Ariane 6 après ses retards répétés depuis 2020 (accès autonome à l'espace) et la mise en service de CSO (enfin !), un équipement majeur pour le spatial militaire français et plus largement pour les opérations des armées françaises.
Arianespace doit lancer CSO-3 pour le compte de la Direction générale de l'armement (DGA) et du CNES au profit de l'armée de l'Air et de l'Espace, et précisément du Commandement de l'espace (CDE). Il sera le troisième satellite CSO (composante spatiale optique) lancé par Arianespace, et complètera le système CSO. Ce vol est un pari risqué. Car jamais un tel risque n'avait été pris pour des satellites militaires français, qui ne sont jamais montés à bord lors d'un premier vol commercial. L'enjeu est de taille pour les armées, notamment la Direction du renseignement militaire (DRM) privée de ce satellite depuis plus de trois ans en raison des retards à répétition d'Ariane 6 et de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
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La mission VA263 fait suite au vol inaugural qui a eu lieu le 9 juillet 2024 et qui a connu une fin de mission ratée avec le troisième boost du moteur Vinci, qui a calé. Pour autant,
la phase finale du lancement inaugural d'Ariane 6 n'était qu'une démonstration technique. Le deuxième tir d'Ariane 6 était prévu en décembre denier mais, ArianeGroup et sa filiale Arianespace ont préféré se donner du temps pour étudier méticuleusement toutes les données du vol inaugural. D'où ce report à février, puis en mars en raison d'anomalies sur les moyens sol. Une prudence à la mesure des enjeux de ce lancement.
Si tout se passe bien, Ariane 6 placera son passager en orbite héliosynchrone à environ 800 km d'altitude. Son injection interviendra 1 heure et 6 minutes après le décollage. Il rejoindra les satellites CSO-1 et CSO-2 qui avaient été lancés, respectivement en 2018 et 2020. Ce lancement donne le coup d'envoi de la phase d'exploitation d'Ariane 6. Cette année, Arianespace doit opérer cinq vols Ariane 6 (CSO-3, Sentinel 5, Sentinel 1D, Kuiper et Galileo de la première génération).