Comment Florence Parly veut minimiser l'impact du contrat Rafale en Grèce pour l'armée de l'air

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On essaie de jouer sur l'ensemble des paramètres pour vraiment paralyser les conséquences d'un prélèvement réalisé sur la flotte de l'armée de l'air, a expliqué au Sénat la ministre des Armées, Florence Parly. Je suis assez confiante sur le fait que ces impacts seront le plus limités possibles aussi bien pour l'armée de l'air que pour le budget du ministère des armées.
"On essaie de jouer sur l'ensemble des paramètres pour vraiment paralyser les conséquences d'un prélèvement réalisé sur la flotte de l'armée de l'air, a expliqué au Sénat la ministre des Armées, Florence Parly. Je suis assez confiante sur le fait que ces impacts seront le plus limités possibles aussi bien pour l'armée de l'air que pour le budget du ministère des armées". (Crédits : Dassault Aviation)
Dassault Aviation devrait livrer 34 Rafale neufs (six à la Grèce et 28 à l'armée de l'air) entre 2022 et 2024. Puis le constructeur remettra aux aviateurs français 12 Rafale en 2025. Outre les six Rafale neufs, la Grèce a également acheté 12 Rafale d'occasion pour 400 millions d'euros.

On commence à en savoir un peu plus sur comment le ministère des Armées souhaite minimiser l'impact de l'exportation des Rafale à la Grèce pour l'armée de l'air. Dassault Aviation va devoir "accélérer les cadences de production" pour livrer les Rafale aux aviateurs dès 2022, affirme-t-on dans l'entourage de Florence Parly. Interrogée mardi au Sénat, la ministre des Armées a précisé qu'à la suite des livraisons en 2022 à la Grèce des six Rafale neufs au standard F3R, les 28 Rafale F3R destinés à l'armée de l'air française (tranche 4T2) seront livrés entre avril 2022 et fin 2024. Comme ce qui était prévu initialement. Soit 34 Rafale à livrer en trois ans pour une cadence de 11 appareils environ. Une cadence que connait très bien Dassault Aviation...

"Est-ce que l'entreprise Dassault et ses sous-traitants sont capables d'accélérer la production ? Il va probablement falloir qu'ils accélèrent", a souligné Florence Parly mardi à la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat.

Puis les 12 Rafale prochainement commandés d'ici à la fin de l'année, qui remplaceront les 12 appareils d'occasion prélevés dans l'armée de l'air pour être remis en 2021 à la Grèce, seront quant à eux livrés aux aviateurs en 2025. Enfin, une nouvelle tranche de 30 Rafale au standard F4 doit être également commandée en 2023 pour être livrée entre 2027 et 2030. Dassault Aviation doit encore trouver un contrat pour alimenter sa chaine de production en 2026. La Croatie se montre très intéressée par 12 Rafale d'occasion. L'avion de combat tricolore est également en compétition en Suisse et en Finlande. Et des expressions d'intérêt émanent de l'Indonésie, du Bangladesh et de la Malaisie. L'Égypte rediscute avec Dassault Aviation sur la levée de l'option portant sur 12 Rafale supplémentaires.

Améliorer la disponibilité de la flotte des Rafale

"Pour éviter une réduction des capacités opérationnelles intermédiaires pour l'armée de l'air, nous travaillons également sur la disponibilité de la flotte actuelle", a également expliqué la ministre. Le ministère attend une amélioration de la disponibilité des Rafale à hauteur de 10 appareils en 2022 dans le cadre du contrat de maintien en condition opérationnelle (MCO) appelé Ravel. Au-delà, il souhaite faire "une opération coup de poing" qui va servir à remettre en vol certains Rafale auxquels il manquait des pièces et qui avaient été "cannibalisé" au profit d'autres appareils, explique-t-on dans l'entourage de la ministre. Cette opération passe par une commande de pièces, qui n'a pas été évaluée sur le plan financier.

"On essaie de jouer sur l'ensemble des paramètres pour vraiment paralyser les conséquences d'un prélèvement réalisé sur la flotte de l'armée de l'air, a expliqué la ministre des Armées. Je suis assez confiante sur le fait que ces impacts seront le plus limités possibles aussi bien pour l'armée de l'air que pour le budget du ministère des armées".

La vente des 18 Rafale, notamment des 12 d'occasion, à la Grèce va très probablement peser sur le budget. Car un Rafale d'occasion n'a évidemment pas le même prix qu'un Rafale neuf. Athènes achèterait 12 Rafale d'occasion pour 400 millions d'euros alors que 12 Rafale neuf coûteraient environ 1 milliard d'euros. Le ministère des Armées veut très naturellement récupérer le chèque de 400 millions d'euros, qui sera encaissé à Bercy, et, en même temps, il devra payer environ 600 millions pour offrir à l'armée de l'air les douze Rafale, qui lui manquent. "La règle générale est claire lorsqu'il y a une cession de ce type, le produit de la cession revient au budget général, a confirmé au Sénat Florence Parly. Il faudra donc que nous menions le combat afin que le produit de cette cession soit compensé au ministère des Armées. C'est tout à fait clair". Rien n'est moins sûr. Surtout dans un contexte budgétaire très, très incertain.

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