Des frégates aux SUV, l'IA de Safran traque les engins militaires depuis l’orbite
Bogdan Bodnar
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Photo d'illustration
Safran / Maxar Technologies
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« Vous voyez ces deux taches vertes, c'est un bombardier russe », nous indique un analyste en désignant de vagues formes sur l'écran. L'image en question est une vue radar, prise de nuit, d'un aéroport militaire russe. Rien de confidentiel : tout provient de satellites commerciaux. En plein jour, une photo du même tarmac permet d'identifier immédiatement l'emplacement de l'avion de combat russe. Des clichés de ce type, Safran AI en analyse des millions.
Depuis le rachat Preligens en 2024, une pépite française du traitement d'image par intelligence artificielle, le géant français de l'aéronautique et la défense a développé une branche consacrée à l'IA, en se basant sur les technologies de sa jeune acquisition. Cette solution est aujourd'hui utilisée par une dizaine d'entités, parmi lesquelles l'armée française et plusieurs clients institutionnels à l'international. L'objectif ? Permettre la détection et l'analyse de véhicules ou de bâtiments, depuis l'espace ou plus localement grâce à un drone, dans un but de renseignement ou d'anticipation. La Tribune a assisté à une démonstration du traitement d'image dans des locaux situés dans l'agglomération rennaise.
Pour le client, le programme est optimal. Il récupère des images issues des milliers de satellites en orbite, puis les fournit à l'IA, capable de détecter le SUV d'une cible, une frégate dans un port ou un hélicoptère sur un tarmac. Pour les engins militaires, la précision des données permet d'identifier précisément le modèle de l'appareil repéré. « Rappelons toutefois que l'IA est un programme mathématique : elle fournit des statistiques avec une forte probabilité, ce qui signifie qu'il faut savoir la corriger », précise Jean-Yves Courtois, directeur général de Safran AI.
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Pour entraîner cette IA, pas de chatbot révolutionnaire ni de robot, mais un certain Maxime*, trentenaire assis devant son écran. Dans un bureau, cet analyste scrute l'image d'un port, zoome et détoure, comme on le ferait sur Photoshop, un navire de guerre. À sa gauche, sur un autre écran, un guide des frégates d'une armée étrangère. Il annote ensuite le modèle et enregistre ce cliché. « C'est l'humain qui entraîne l'IA et lui apprend quels véhicules elle doit détecter », ajoute Jean-Yves. La base de données est-elle nourrie quotidiennement par des millions de clichés fournis par différentes sociétés de l'aérospatial.
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