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Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

Avec le nouvel appareil ATR 42-600S, ATR s'ouvre de nouveaux marchés

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 09 octobre 2019 à 09:20 - Mis à jour le 09 octobre 2019 à 16:49

Le nouvel appareil du constructeur régional ATR, l'ATR 42-600S, permet de décoller et d'atterrir sur des pistes de 800 mètres seulement, avec 40 passagers à bord

Le nouvel appareil du constructeur régional ATR, l'ATR 42-600S, permet de décoller et d'atterrir sur des pistes de 800 mètres seulement, avec 40 passagers à bord

ATR

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Les deux actionnaires d'ATR, le constructeur franco-italien de turbopropulseurs régionaux, Airbus et Leonardo, ont approuvé le lancement de la version STOL, qui permet des décollages et des atterrissages courts.

C'était l'un des défis de Stefano Bortoli à son arrivée en septembre 2018 à la tête d'ATR. 

Le nouveau président président d'ATR avait ce dossier sur son bureau en haut de la pile, le lancement de l'ATR 42-600 STOL. Tout était prêt pour son lancement mais il restait encore à convaincre les deux actionnaires d'ATR, Airbus et Leonardo, de prendre une décision naturelle en vue d'assurer l'avenir du constructeur franco-italien. C'est désormais chose faite : le numéro un mondial dans la fabrication d'avions régionaux a été autorisé par son conseil d'administration à lancer l'ATR 42-600S. Cette nouvelle version, dont le S signifie STOL (Short Take-Off and Landing, décollage et atterrissage courts), permet de décoller et d'atterrir sur des pistes de 800 mètres seulement, avec 40 passagers à bord, a précisé ATR dans un communiqué publié mercredi.
"L'ATR 42-600S s'impose ainsi comme l'appareil le plus performant de ce segment de marché", a estimé ATR.

L'ATR 42-600S est la dernière version à rejoindre la famille ATR, aux côtés des appareils historiques, l'ATR 42-600 et l'ATR 72-600, et, enfin, de la version cargo récente l'ATR 72-600F, qui est cours de développement. La certification de l'ATR 42‑600S est attendue pour le second semestre 2022, la première livraison étant prévue immédiatement après. "L'ajout de l'ATR 42-600S à notre famille d'appareils s'inscrit dans une évolution logique et prépare l'avenir de l'entreprise", a expliqué Stefano Bortoli..

Un marché bien identifié

Le marché est là et l'intérêt des clients identifiés. Le marché est à l'aube d'une vague de renouvellement d'avions régionaux entre 30 et 50 places, qui arrivent en fin de course. Et l'ATR 42 reste aujourd'hui le seul avion de 40 à 50 places en production à condition de le moderniser de façon pertinente pour remplacer les SAAB 340, les Dash 7, etc...  ATR a identifié un marché de 650 appareils à renouveler pour lequel l'ATR 42 STOL serait pertinent. Le constructeur vise la moitié de ce marché. A ce jour, ATR a déjà reçu 20 engagements de la part d'opérateurs et de loueurs pour cette variante ATR 42‑600S. Parmi eux, Elix Aviation Capital, loueur de lancement (10 appareils), et Air Tahiti (2), opérateur de lancement, comme annoncé lors du Salon international de l'aéronautique et de l'espace de Paris-Le Bourget 2019.

"Le potentiel de marché des avions de 50 places est immense, et, grâce à sa capacité à desservir environ 500 nouveaux aéroports à travers le monde, l'ATR 42-600S va aider les compagnies aériennes à élargir leurs horizons", a précisé Stefano Bortoli.

Avec cette nouvelle version, ATR prévoit une expansion du marché potentiel de 25 %, en ciblant de nouvelles liaisons ainsi que le segment des avions STOL de 30 places. L'arrivée sur le marché des 50 places d'un nouvel appareil capable d'opérer dans des conditions plus difficiles "suscite un fort intérêt de la part des compagnies aériennes", a indiqué ATR. Près de 500 aéroports dans le monde disposent d'une piste de 800 à 1.000 m que l'ATR 42-600S pourrait desservir. "Le lancement de cet avion profitera à la fois aux passagers et aux compagnies aériennes grâce au gain de connectivité régionale qu'il permettra", a fait valoir l'avionneur franco-italien.

Un investissement revu à la baisse

Le bureau d'études d'ATR a travaillé sur des modifications, qui sont beaucoup moins ambitieuses, complexes et moins coûteuses que ce que le constructeur avait initialement envisagé. "La rusticité fait la force d'ATR, avait rappelé dans une interview accordée à La Tribune Christian Scherer. 80% des compagnies du monde entier (Asie, Afrique, Europe, Etats-Unis, Canada...) à qui nous avons présenté cette modification sont prêtes à en acheter tout de suite". Enfin, le niveau d'investissement est devenu "très acceptable", avait-il expliqué. La facture a été coupée par quatre avec ce nouveau projet.

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Les principales modifications du 42-600S porteront sur l'introduction d'une gouverne de direction plus grande, qui permettra un contrôle accru de l'avion à basse vitesse. La nouvelle version continuera d'utiliser le même moteur que les ATR 42 et 72. L'ATR 42-600S permettra toutefois aux pilotes de choisir entre la puissance de l'ATR 42 et celle du 72, de sorte que l'avion pourra utiliser une puissance accrue pour exécuter des opérations STOL, ou fonctionner plus efficacement avec moins d'énergie sur des pistes plus longues.

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L'ATR 42-600S pourra également déployer ses spoilers symétriquement pour améliorer l'efficacité du freinage à l'atterrissage. Il sera en outre équipé d'un système de freinage automatique qui assurera une pleine puissance de freinage dès l'atterrissage. Cette nouvelle version pourra ainsi décoller et d'atterrir sur des pistes de 800 mètres dans des conditions de vol standard (température de 15°C sur la piste, niveau de la mer, piste préparée et sèche, et route de 200NM). "Ce qui représente une réduction de plus de 250 mètres" par rapport aux modèles actuels", a estimé Stefano Bortoli.

Michel Cabirol

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