« C'est un trésor stratégique. Je pèse mes mots, un trésor stratégique », a affirmé vendredi Emmanuel Macron au salon aéronautique du Bourget à propos d'Eutelsat. Pour l'État français, il fallait donc absolument sauver le soldat Eutelsat en difficulté financière (pertes) et opérationnelle avec la constellation OneWeb. L'opération de redressement est officiellement lancée. Poussé très fortement par l'Élysée, l'État français, qui s'y est attelé depuis le début de l'année avec célérité, va réaliser un effort financier substantiel en investissant de l'ordre de 1 milliard d'euros, dont 717 millions d'euros, pour suivre les deux augmentations de capital d'Eutelsat et, enfin, racheter les actions de Bpifrance (13,59%).
Pourquoi l'État devait-il sauver Eutelsat ? Premièrement, « Eutelsat est le seul acteur qui est non américain et non chinois et qui dispose d'une constellation en orbite basse et d'une telle offre. C'est un enjeu de souveraineté pour nous tous », a rappelé Emmanuel Macron. Eutelsat revendique être l'un des deux seuls opérateurs mondiaux disposant de constellations en orbite terrestre basse (LEO) exploitées commercialement, et le seul exclusivement dédié aux marchés B2B (Business-to-Business) et B2G (Business-to-Government). En outre, « les constellations en orbite basse sont un segment décisif pour les télécommunications de demain, promis à une forte croissance », a estimé le Chef de l'État.
Un atout opérationnel pour la France, qui ne veut surtout pas dépendre du bon vouloir d'Elon Musk, qui pilote la constellation Starlink, dans un contexte international tendu et extrêmement mouvant. Pour l'Élysée, la France mais aussi l'Europe doivent « se doter de capacités de connexions dans l'espace et de connectivité autonomes, et proposer une alternative aux solutions américaines et aux solutions chinoises qui se développent. Kuiper (détenue par Amazon, ndlr), au-delà de Starlink, avance aussi dans la constitution de sa constellation, et l'Europe doit également pouvoir agir en autonomie, ne pas être dépendante des solutions externes ». « On ne peut pas accepter que nous et nos partenaires, devions passer ou dépendre de constellations non européennes en orbite basse. Et ça, je pense, c'est une folie », a confirmé Emmanuel Macron.