Le futur avion de combat européen va décoller industriellement en janvier 2019

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Berlin et Paris vont lancer le développement de deux démonstrateurs en juin 2019 (avion et moteur).
Berlin et Paris vont lancer le développement de deux démonstrateurs en juin 2019 (avion et moteur). (Crédits : DR)
La France et l'Allemagne sont tombées d'accord pour lancer l'avion de combat de sixième génération. Airbus et Dassault Aviation vont signer un contrat sur des études d'architecture et de conception du futur système de systèmes. En outre, Paris et Berlin signeront en juin au Bourget deux contrats de démonstrateurs (avion et moteur) sous leadership français (Dassault et Safran).

Décollage imminent du futur avion de combat européen. La France et l'Allemagne se sont mises d'accord pour entamer les études d'architecture et de conception du futur programme SCAF (Système de combat aérien du futur), le futur avion de combat de sixième génération sous le leadership de la France. Une première pierre importante car jusqu'ici aucune étude commune n'avait été lancée par les deux pays. La France avait quant à elle lancé des premières études portant sur l'architecture générale du SCAF.

Berlin et Paris vont également lancer le développement de deux démonstrateurs en juin 2019 (avion et moteur). Ce qui est une véritable bénédiction pour Dassault Aviation. Car l'avionneur a un besoin urgent de donner de la charge de travail à ses bureaux d'études. La Direction générale de l'armement (DGA) sera l'agence contractante pour les trois contrats.

"Nous sommes en train de proposer l'architecture la plus adéquate pour répondre aux menaces", a expliqué mi-octobre à l'Assemblée nationale le chef d'état-major de l'armée de l'air, le général Philippe Lavigne.

Un contrat sous leadership conjoint Dassault et Airbus

Cet accord a été validé lundi à Bruxelles par les deux ministres - Florence Parly et Ursula von der Leyen - à l'issue d'une réunion qui a mis sur les rails de façon effective et d'une manière ferme le programme SCAF, a précisé le cabinet de la ministre. Paris et Berlin ont réussi à définir le contenu technique du programme, le calendrier ainsi que l'organisation industrielle. Cette étude servira à déterminer ce que sera précisément le système de systèmes, notamment l'avion et son escorte de drones qui serviront à leurrer les défenses adverses et à donner de l'allonge aux missions, la connectivité des plateformes. Le délégué général pour l'armement Joël Barre a d'ailleurs souligné dans une audition à l'Assemblée nationale que ce système constituait la partie du programme la plus difficile à définir, car elle n'a guère de précédent.

Dans ce cadre, les deux pays vont lancer en janvier - ce qui est d'ailleurs extrêmement ambitieux - un contrat d'études d'architecture et de conception de SCAF d'une durée de deux ans sous un leadership conjoint Dassault Aviation et Airbus. Thales sera également sur la photo... Dassault Aviation et Airbus devront faire de la place à l'électronicien français, qui est considéré comme le champion européen de la connectivité et du système de systèmes. Par ailleurs, la France et l'Allemagne ont également convenu de signer au salon du Bourget (17-23 juin) deux contrats portant sur le développement de deux démonstrateurs : l'un sur l'avion, sous leadership de Dassault Aviation avec comme sous-traitant Airbus, l'autre sur le moteur sous leadership Safran avec comme sous-traitant le motoriste allemand MTU. Le démonstrateur permettra de valider les choix technologiques en vue d'avoir un appareil de sixième génération qui volera en 2035.

Ces trois contrats ne vont pas épuiser toutes les problématiques technologiques du SCAF. Ainsi, Paris et Berlin devront par ailleurs lancer des études sur les senseurs, les radars et la guerre électronique...

L'Espagne va rejoindre le programme

L'Espagne, qui a demandé à être observateur, va rejoindre le programme SCAF, une fois que celui-ci sera stabilisé. D'ici à la fin de l'année, les espagnols vont rejoindre l'accord de haut niveau (HL Coord), qui avait été signé entre la France et l'Allemagne en avril à Berlin. Enfin, Madrid devrait signer au premier trimestre une lettre d'intention pour participer au programme SCAF.

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a écrit le 21/11/2018 à 15:02 :
voilà une excellente nouvelle qui en appelle d'autres . La coopération en matière de défense de la France, de l'Allemagne et plus tard de l'Espagne devrait pouvoir inciter d'autres pays de l'UE à faire de même. Nous pourrions ainsi à terme nous affranchir de la dépendance envers les USA dans ce domaine, qui parait indispensable au regard des incertitudes que la gouvernance de ce pays posent au gré de ses élections. Sa présidence actuelle en est le témoignage .
a écrit le 21/11/2018 à 14:00 :
"Un avion européen c'est bien", encore faudrait-il que les pays de l'UE l’achète. Pour l'instant, c'est la "trahison" à tous les étages. Hollande Belgique, Pologne, la liste n'est pas exhaustive, achètent des avions américains. La majorité des internautes et la plupart des médias présentent ces choix comme un débat technico-financier. C'est un choix qui est aussi politique.
Réponse de le 21/11/2018 à 20:43 :
Macron a pu mesurer une nouvelle fois que, sur l’Europe de la Défense comme sur tout le reste, les élucubrations alter-européistes de la classe dirigeante française sont complètement dénuées de réalité.

Car la plupart des autres pays européens se sont empressés de hausser les épaules devant la teneur des propositions de Macron, et d’aller présenter dare-dare leur hommage de vassal à leur suzerain d’outre-Atlantique.

Le secrétaire général de l’Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, avait ainsi averti d’emblée : « L’UE ne doit pas se substituer à ce que fait l’Otan » et elle « ne doit pas fermer ses marchés de défense » aux industriels américains et aux autres pays non membres de l’UE….

Hors UE, la Norvège, l’Islande et l’Albanie avaient fait part de leurs préoccupations.

Au sein de l’UE, ce fut le soulagement général, bien résumé par la ministre de la Défense espagnole, María Dolores de Cospedal, qui a poussé un gros ouf ! après le rappel à l’ordre de Washington : « Je pense que les doutes qui devaient être dissipés hier ont été dissipés d’une manière très importante. »

Quant à Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (c’est-à-dire chef de la diplomatie de l’Union européenne), elle a fermé le ban ainsi : « La coopération et le fait qu’il existe deux organisations comme l’UE et l’OTAN qui peuvent travailler ensemble a été évidente hier soir lors du dîner…»
https://www.upr.fr/actualite/nouvelle-gifle-macron-washington-obtient-europeens-quils-acceptent-dobeir-a-lotan-a-lotan-seule/
Cornélien n' est-il pas ou comment se défaire du papa américain ..?
a écrit le 21/11/2018 à 1:38 :
"leadership de Dassault Aviation avec comme sous-traitant Airbus....leadership Safran avec comme sous-traitant le motoriste allemand MTU" . On voit clairement dans quel sens va se faire le transfert de technologie...
Réponse de le 21/11/2018 à 6:47 :
@FoutageDeGueule
Une autre solution ou proposition?
Safran est meilleur en moteurs et transmissions de puissance
Thales dans les systèmes.
La France dans les satellites et radars militaires.
Dassault dans les avions et drones de combats (Neuron et projet démarré avec les britanniques).
S'il est logique que la France pilote, il est évident que les transferts, (parmi les échanges) iront plus la France vers l'Allemagne.
Ne pas oublier que l'Allemagne va piloter le char et le drone MALE.
Que la France pilote le SCAF est un juste retour puisque la France a toujours réalisé bien plus d'efforts en matière de défense, de coopérations sécuritaires internationales, et de renseignements satellitaires.
Il faut espérer que le reste de l'équipe Eurofighter, l'Italie et le Royaume-Uni suivront l'Espagne. Restera la Suède.
Si ces nations sont encore en concurrence sur des contrats d'avions, elles doivent s'empresser d'être solidaires sur le SCAF, et sur certaines compétitions en cours pour préparer au mieux l'avenir du SCAF.
Pour exemples, solidarité avec le Rafale en Inde, et avec le Typhoon au Canada.
a écrit le 20/11/2018 à 23:58 :
Je me demande tout de même : qu'est-ce que l'Allemagne peut apporter à ce programme ?
Ils n'ont pas d'équivalent à Safran pour les moteurs, ils n'ont pas d'équivalent à Dassault pour l'avion, ils n'ont pas d'équivalent à Thales pour l'électronique.

La seule chose qu'ils apportent, c'est de l'argent (comme si la France en avait moins qu'il y a 20 ans pour le Rafale... Moins de volonté, plus de naiveté ça oui.)

Ils s'en sortent plutôt bien puisque Safran va faire la recherche sur le moteur (que seul Safran est capable de faire) puis MTU va recupérer la technologie, et le construire en Allemagne avec des emplois allemands.

Même chose pour Dassault avec comme sous traitant Airbus.

En février dernier, seul 4 sur 128 de leur eurofighter étaient aptes pour des missions de combat... C'est vraiment avec les Allemands qu'il faut s'associer ?
Réponse de le 21/11/2018 à 9:18 :
Le problème est que l'on n'a pas le choix . L'Allemagne est le seul grand pays industriel et riche qui veuille s'associer avec nous pour ce grand projet car on n'a plus les moyens de réaliser seuls des projets aussi long et aussi couteux ! Biensur que les allemands vont acquérir des compétences et du savoir faire dans ce projet et c'est le but mais ils savent qu'ils ne sont pas à notre niveau et qu'ils vont devoir d'accepter le leadership français et d'accepter les décisions de Dassault quand on devra faire des choix technologiques. Comme il a été dit et répété, même si financièrement ce sera du 50-50, industriellement, ce ne sera pas le cas ! Ce seront les industriels français et (la France) qui décideront et dicteront leurs choix !
Réponse de le 21/11/2018 à 15:14 :
L'Allemagne a peut être des problèmes de maintenance mais l'Eurofighter Typhoon (UK Italie Allemagne Espagne) est un très bon avion bien construit pour les missions qu'il doit effectuer.

Le Neuron une alliance européenne comprenant Dassault Aviation , l'italien Leonardo, le suédois Saab, le grec HAI, l'espagnol EADS-CASA,et le suisse RUAG est bien avancé.

Le drone MALE Airbus Defence and Space (France - Allemagne), Dassault Aviation (France) et Leonardo (Italie) est prévu pour 2019.

Conclusion les principaux pays qui devraient s'associer pour le SCAF : France / Italie / Allemagne
Réponse de le 22/11/2018 à 16:12 :
Justement, ils apportent les volumes de commande pour financer le projet et nous, les compétences. Imaginez la même chose avec les anglais : on serait en guerre pour distribuer le développement parties chaudes du moteur, le radar principal, les capteurs, l'architecture électronique...
Hensoldt et MTU ne peuvent rivaliser avec Thalès et Safran et leur permettent de prendre les coeurs du système.
En contrepartie, il ne serait pas étonnant que le future MBT soit électroniquement très germanisé
a écrit le 20/11/2018 à 22:19 :
rendez vous vers 2040 ....au mieux .

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