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MTU, le motoriste allemand qui dit "nein" à Berlin et Paris

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 23 octobre 2019 à 13:40 - Mis à jour le 24 octobre 2019 à 11:58

Paris et Berlin ont convenu de poursuivre le programme SCAF sans attendre un accord entre les deux motoristes.

Paris et Berlin ont convenu de poursuivre le programme SCAF sans attendre un accord entre les deux motoristes.

Airbus

Le Quotidien Numérique

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Le motoriste allemand MTU n'a pas encore accepté l'organisation industrielle sur la motorisation du futur avion de combat franco-allemand (NGF) en dépit d'un accord à très haut niveau.

Le motoriste allemand MTU continue bel et bien de jouer les trouble-fêtes sur le programme SCAF (Système de combat aérien du futur), et plus précisément sur l'organisation industrielle concernant la motorisation du NGF (Next Generation Fighter). La direction générale de l'armement (DGA), qui est l'entité responsable du programme SCAF, veut que "les responsabilités soient clairement affichées, contrairement à ce qui avait été fait pour le moteur de l'Airbus A400M", sur lequel MTU avait en charge le système informatique de régulation et de surveillance des moteurs (Fadec). Un système qui a été très longtemps défaillant et qui a même provoqué le crash d'un A400M.

"Nous tenons à avoir un responsable par poste et MTU refuse que Safran joue ce rôle en matière de moteur", avait pourtant expliqué clairement début octobre le Délégué général pour l'armement, Joël Barre lors de son audition au Sénat. Soit deux semaines avantle conseil ministériel franco-allemand (16 octobre à Toulouse), qui n'a pas complètement réglé le dossier du moteur.
"Ce refus nous semble inacceptable en raison de la nécessité de l'équilibre entre les postes. Or, il n'y a pas photo entre Safran et MTU", avait alors précisé Joël Barre, très ferme sur ce principe. Car les industriels allemands, et plus précisément Airbus, ont obtenu le leadership de trois des cinq piliers du programme SCAF. L'Allemagne n'est pas lésée du tout. Bien au contraire. "Pourtant, MTU refuse et a obtenu le soutien du Bundestag et donc de l'administration", avait souligné le DGA. Le 

président du conseil de surveillance de MTU, Klaus Eberhardt, ancien patron de Rheinmettal, a joué un jeu trouble. Il a trouvé les bons relais auprès de quatre parlementaires virulents à l'image de Henning Otte (CDU) et de Fritz Felgentreu (SPD) associés avec Eckhardt Rehberg (UC) et Johannes Kahrs (SPD) pour influencer la commission du budget du Bundestag.

Le dossier en partie réglé le 16 octobre

Les rencontres à très haut niveau entre les responsables politiques franco-allemands - le 9 octobre à Berlin entre les deux ministres de la Défense allemand et des Armées français, puis le 16 octobre - ont permis de régler une partie du dossier. Avant ces rencontres décisives, la DGA avait proposé "une solution qui permettrait de sauver la face en faisant remonter MTU sur l'ensemble du contrat. Toutefois, l'Allemagne m'a indiqué que MTU n'en voulait pas". Et de conclure que "si nous ne parvenons pas à débloquer cette situation, cela devra se régler au niveau politique". Ce qui a été fait mais en partie seulement.

À lire également

  • Armement : accord entre Paris et Berlin sur le SCAF, le MGCS et les exportations d'armes
  • SCAF : les motoristes (Safran et MTU) dans une impasse improbable
  • "Sur le SCAF, il n'y a pas de point bloquant" (Joël Barre, délégué général pour l'armement)
  • La France et l'Allemagne vont notifier le premier contrat du SCAF à Dassault et Airbus

Les deux pays doivent encore régler d'ici à un mois les 

"frictions"

 entre les motoristes Safran et MTU, la notification du 

contrat étant attendu en janvier 2020. Mais si cela n'était pas possible, Paris et Berlin ont convenu de poursuivre le programme SCAF sans attendre un accord entre les deux motoristes. Actuellement, le dialogue se poursuit pour faire admettre à MTU les décisions obtenues à très haut niveau sur l'organisation, qui donne logiquement une gouvernance forte à Safran. MTU, soutenu par le Bundestag, va-t-il encore s'opposer à ce que Berlin et Paris souhaitent ? C'est là toute la question...

Michel Cabirol

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