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Armées : plus de 600 militaires déjà infectés par le Covid-19

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 11 avril 2020 à 06:00

Le port du masque a été généralisé à l'ensemble de l'équipage du porte-avions Charles de Gaulle

Le port du masque a été généralisé à l'ensemble de l'équipage du porte-avions Charles de Gaulle

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Outre 50 cas de Covid-19 à bord du porte-avions Charles de Gaulle, plus de 600 militaires français au moins ont déjà été infectés par le Covid-19. La crise sanitaire a un impact sur le déroulement des opérations extérieures.

C'est maintenant confirmé. Le ministère des Armées avait annoncé il y a deux jours une suspicion d'une quarantaine de cas de Covid-19 à bord du Charles-de-Gaulle, l'équipe médicale (deux médecins épidémiologistes, un expert en biosécurité et un médecin en charge des prélèvements), dépêchée le 8 avril par voie aérienne sur le porte-avions a détecté cinquante cas positifs. Trois marins ont par ailleurs été évacués à titre préventif le 9 avril au matin par un hélicoptère NH90 Caïman de la Marine vers l'aéroport de Lisbonne où ils ont été pris en charge par un Falcon 900 médicalisé avec à son bord deux médecins et un infirmier. Ils seront suivis à l'Hôpital d'instruction des armées (HIA) Sainte-Anne, à Toulon. Quant au porte-avions, il poursuit sa route vers Toulon.

Les résultats des 66 tests réalisés ont conclu à la présence de 50 cas de Covid-19 à bord du Charles de Gaulle. Aucune aggravation de l'état de santé des marins restés à bord n'est constatée à l'heure actuelle. Les marins infectés, ou présentant des symptômes, continuent de faire l'objet d'une prise en charge spécifique : suivi médical rapproché et mise en confinement dans une tranche du bateau, adaptée spécialement. La santé de l'équipage est la priorité de la ministre des Armées et du commandement. L'évacuation des trois marins permet "de préserver les capacités médicales du porte-avions Charles de Gaulle autorisant la prise en charge de marins infectés par le Covid-19, en particulier en cas d'évolution de leur état de santé", a expliqué le ministère des Armées dans un communiqué publié vendredi.

Des enquêteurs à bord du Charles de Gaulle

Le ministre des Armées a envoyé une équipe médicale, composée de deux médecins épidémiologistes, d'un expert en biosécurité ainsi que d'un médecin en charge des prélèvements. Ce dernier a quitté le porte-avions dans la soirée du 8 avril afin d'analyser les prélèvements réalisés. Les trois autres médecins sont restés à bord afin de réaliser une enquête épidémiologique. "L'objectif est d'identifier le circuit de contamination et d'appuyer le protocole permettant de limiter la propagation du virus", a expliqué le ministère.

En attendant le retour anticipé du porte-avions à Toulon, en coordination avec les recommandations de l'équipe épidémiologique, des mesures visant à renforcer la protection de l'équipage et à limiter la propagation du virus ont été mises en place, complémentaires de celles déjà instaurées par le commandement. En particulier, le port du masque a été généralisé à l'ensemble de l'équipage.

Plus de 600 militaires infectés

Selon les chiffres du ministère des Armées confiés à la présidente de la commission de la défense nationale de l'Assemblée nationale à la date du vendredi 27 mars, 600 militaires étaient atteints du Covid-19, dont 80 dans la marine nationale, pour la plupart des personnels du bataillon des marins-pompiers de Marseille (BMPM). Depuis le ministère a annoncé vendredi 50 cas supplémentaires à bord du Charles de Gaulle. Jeudi 2 avril, l'État-major des armées a annoncé que quatre officiers de l'opération Barkhane ont été testés positifs au Covid-19. Un d'entre eux est traité sur place, les trois autres ont été rapatriés. Un cinquième présente des symptômes sans avoir été testé.

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Aucun cas grave ni décès n'est pour l'heure à déplorer parmi les armées. Deux décès ont cependant été signalés dans la gendarmerie nationale, le premier d'un sous-officier basé à la caserne de Maisons-Alfort, le second d'un maréchal des logis (réserviste) de la compagnie territoriale 80/4.

Un impact pour les opérations extérieures

La crise actuelle n'a pas d'impact sur les effectifs de l'opération Barkhane, maintenus à 5.100 hommes. En revanche, il a été décidé de mettre en "quatorzaine" les militaires partant vers ce théâtre d'opérations afin d'éviter qu'ils n'y propagent le Covid-19. Cette "quatorzaine" se fera pour l'ensemble des opérations extérieures en cours (Barkhane, mais aussi Chammal en Syrie et Daman au Liban). Plusieurs sites faisant office de sas d'entrée ont été désignés ou vont être désignés, tels que les sites de Miramas (Bouches-du-Rhône), proche de la base 125 d'Istres-Le Tubé, et de Saint-Mandrier (Var). Pour autant, certaines unités effectueront leur "quatorzaine" dans leur base d'origine.

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Le  25 mars, le ministère des Armées avait annoncé le rapatriement de 200 militaires français déployés en Irak dans le cadre du pilier formation de l'opération Chammal. Le pilier appui, assuré exclusivement par des moyens aériens, reste cependant actif sur la zone. La majorité des partenaires de la coalition en Irak (États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Pays-Bas, République tchèque) ont également retiré pour certains la totalité de leurs forces. Ces retraits ont tous été annoncés comme provisoires. L'armée irakienne a elle-même suspendu tous les entraînements pour éviter une propagation du virus dans ses rangs.

Michel Cabirol

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