... s solides dans ses pays dits domestiques et à l'exportation pour l'ensemble de sa gamme.
LA TRIBUNE- En dépit des rumeurs venues de Grande-Bretagne, pouvez-vous nous expliquer où en est le programme SCAF ?
JEAN-BRICE DUMONT- On est dans le concret. Nous travaillons pour définir l'architecture du système de systèmes ainsi que celles de l'avion et des drones. Nous avançons bien avec les équipes clients et les États sont pleinement engagés contrairement à ce qu'on a pu lire dans une certaine presse d'outre-manche. Nous préparons également des essais en soufflerie, poursuivons nos essais de vols collaboratifs entre avions pilotés et avions non pilotés, le Man Unmanned Teaming (MUM-T). Le MUM-T va donner la capacité de faire collaborer un avion piloté et un avion non piloté pour un certain nombre de cas d'usage opérationnel. Avec pour objectif, la mise en service du SCAF à l'horizon 2040. Mais il va falloir développer avant 2040 des drones qui devront être connectés avec l'Eurofighter ou le Rafale. De même la connectivité va arriver de façon incrémentale. C'est par exemple ce qu'apporteront les évolutions du MRTT qui seront opérationnelles à partir de 2026. Ainsi, nous nous dirigeons progressivement vers le monde du SCAF, qui est l'avion du futur, les drones du futur et le combat cloud du futur.
C'est pour cela que la France a fait une place au Neuron dans le cadre de la Loi de programmation militaire (LPM)...
... Tout le monde, y compris la France, va développer des briques à partir de l'existant pour aller vers le SCAF. La France développe le Rafale F5, qui a un cousin germain, l'Eurofighter LTE (Long Term Evolution). Les deux appareils ont besoin de créer un pont entre aujourd'hui et le SCAF. Cela veut dire que les avions de combat actuels doivent évoluer pour faire face à l'évolution des menaces et être capables d'opérer progressivement dans un environnement de système de systèmes. Ils voleront plus tard avec les avions de nouvelle génération. En attendant la coopération SCAF, ces produits vont rester concurrents mais il va quand même falloir travailler sérieusement sur les questions d'interopérabilité. Ce sont des sujets très importants pour le SCAF, qui devra être interopérable aussi avec les avions que développent les Etats-Unis. On appelle cela l'interopérabilité de la bulle de combat aérienne. Il faut s'y préparer. Il va donc falloir qu'on commence à faire du collaboratif entre les différentes plateformes bien avant 2040.