Si, si le VBCI de Nexter est bien à nouveau en piste... au Qatar
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
C'est un incroyable et inattendu retournement de situation. Selon plusieurs sources concordantes, on reparle très sérieusement du VBCI (Véhicule blindé de combat d'infanterie) fabriqué par Nexter au Qatar, qui avait pourtant ostensiblement tourné le dos à ce matériel français à partir de la fin de l'année 2019 au profit d'un éventuel achat du Boxer fabriqué par le partenaire du groupe français dans KNDS, Krauss-Maffei Wegman. Mais à la faveur du réchauffement des relations franco-qatariennes au plus haut niveau des deux États, le VBCI (blindé huit roues de 28 à 32 tonnes) au Qatar est réapparu dans les prévisions de l'industriel, spécialisé de l'armement terrestre, comme un prospect à nouveau sérieux. Le VBCI, qui n'a jamais encore été exporté, en avait été retiré en 2021.
En décembre 2017, c'était un contrat pourtant quasi gagné par Nexter et la France. Le Qatar avait alors signé une lettre d'intention pour l'achat de 490 VBCI dans le cadre du programme Al Rayyan à l'occasion d'une visite d'Emmanuel Macron à Doha. Un contrat potentiel estimé à l'époque par l'Élysée à 1,5 milliard d'euros. Mais les relations entre le Qatar et la France se sont fortement dégradées à partir de 2018. La neutralité de Paris notamment dans le conflit qui a opposé le Qatar à ses puissants voisins (Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Bahreïn) et la lune de miel entre la France et les Émirats arabes unis ont douché l'enthousiasme des Qatariens pour le VBCI.
Enfin, les déboires judiciaires en France du président du Paris-Saint-Germain (PSG), Nasser Al-Khelaïfi, un proche de l'émir du Qatar, n'ont pas contribué non plus à pacifier les relations entre les deux pays. Aussi, en dépit de ses efforts, l'ancienne ministre des Armées Florence Parly n'avait pas pu à la fin de l'année 2019 et au début de l'année 2020 relancer l'intérêt du Qatar pour le VBCI.
À lire également
Si initialement Nexter proposait le VBCI avec une tourelle du norvégien Kongsberg associé à Thales sous la pression de Doha, ce n'est aujourd'hui plus le cas. Le VBCI proposé est proche de celui de la France avec une tourelle CTA 40 et équipée des missiles MMP de MBDA et d'un canon de 40mm de CTAI, filiale à 50/50 entre Nexter Systems et BAE Systems. Le VBCI MkI, version en service dans l'armée française, a été « combat proven » à de nombreuses reprises dans le cadre des opérations Serval, puis Barkhane notamment. Une vingtaine de VBCI est actuellement déployée en Roumanie depuis octobre afin de compléter les moyens tactiques du bataillon multinational basé à Cincu.