Tom Enders veut révolutionner le secteur de la production d'Airbus (2/2)

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(Crédits : Hannah Mckay)
Le président exécutif du groupe aéronautique européen va piloter "personnellement" le projet de digitalisation du groupe Quantum, lancé en 2016. Un projet qui n'avance pas aussi vite qu'il le souhaite.

Plus de quinze mois avant son départ, Tom Enders continue à concentrer tous les pouvoirs au sein d'Airbus. Lors de ses vœux aux 136.000 salariés, le président exécutif du groupe aéronautique européen a annoncé qu'il "piloterait personnellement" Quantum, le projet de digitalisation d'Airbus lancé en 2016 qu'il a sévèrement critiqué. Un projet, "là où c'est nécessaire", qui sera "réorienté dès février". Tom Enders a estimé que Quantum, confié auparavant à Marc Fontaine, a progressé en 2017 "mais pas suffisamment".

Ce projet, a-t-il expliqué, est constitué "d'un patchwork de différentes initiatives, beaucoup portant sur la réduction de coûts, et n'est pas suffisamment orientée vers la création d'une infrastructure digitale cohérente, allant de la conception à la fabrication, dans l'ensemble de notre entreprise. Nous devons changer cela rapidement".

Selon Tom Enders, le secteur qui doit évoluer "le plus rapidement est celui de la production". "Nous avons tenté pendant trop longtemps d'optimiser le système industriel actuel (qui est ancien), en essayant d'en tirer le maximum - de presser le citron, comme le disent certains d'entre vous". Le président exécutif d'Airbus a donc estimé qu'il fallait "rompre avec cet état de fait et tirer parti des nouvelles technologies et capacités digitales". Et de citer "le succès" de la coopération avec la controversée société américaine Palantir. Ce succès est un "exemple de la voie à suivre", a-t-il assuré. Enfin, Tom Enders s'est dit convaincu que "Guillaume (Faury, ndlr) amènera lui aussi des idées nouvelles".

Les satisfecit de Tom Enders

Au-delà, Tom Enders a estimé que l'intégration d'Airbus "One Airbus" a permis de "créer une entreprise plus unie et plus résiliente". Pour la petite histoire, interrogé par les plus hauts cadres de l'entreprise réunis en début d'année sur la décision du groupe qu'il avait validé mais qu'il regrettait le plus, Fabrice Brégier a cité "One Airbus" sous forme de blague...Tout en haut de la hiérarchie du groupe, l'entreprise n'a jamais vraiment été unie, les conditions du départ de Fabrice Brégier en sont la meilleure démonstration. Par ailleurs, le groupe européen a toujours été très résilient en dépit de ses très nombreuses crises de gouvernance et la multiplication des affaires depuis près de 20 ans (guerres franco-allemandes, guerre franco-françaises, délit d'initiés, enquêtes du SFO...).

Tom Enders a félicité les équipes des succès opérationnels incroyables d'Airbus. Le record de livraison des avions civils est "d'autant plus remarquable" que le groupe a "dû affronter à nouveau les problèmes des moteurs" du programme A320neo, "qui ont pour conséquence moins de livraison de NEO que prévu". Il s'est également enthousiasmé pour le "niveau extraordinaire de prises de commandes pour les avions civils l'an dernier". Cela démontre, selon lui, que "nous pouvons réussir sur le amrché sans faire appel à des tiers ou des agents !".

A350 : 10 appareils par mois

Le président exécutif s'est également félicité de la progression de la montée en cadence de l'A350. "Nous avons atteint une baisse record des travaux restants sur la FAL (chaîne d'assemblage, ndlr), ainsi qu'une remarquable régularité technique en exploitation de 99%, a-t-il souligné. Il est clair à présent que la cadence de 10 appareils par mois est à notre portée". Par ailleurs, Tom Enders a affirmé que Airbus Helicopters et Airbus Defence & Space avaient "aussi globalement atteint leurs objectifs de livraisons et de prises de commandes".

Enfin, Tom Enders n'a pas résisté non plus à mettre l'accent sur un "indicateur clé de notre succès", la capitalisation boursière du groupe entre janvier 2017 et janvier 2018. "Nous avons gagné près de 16 milliards !", s'est-il réjoui. "Ce résultat est certainement dû à la tenue de nos objectifs de livraisons mais confirme également que nos actionnaires ont confiance dans notre capacité à livrer, dans notre mode de gouvernance, et n'ont pas été trop affectés par les turbulences déclenchées par les médias et leurs mauvais présages", a-t-il expliqué.

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a écrit le 03/02/2018 à 10:50 :
Airbus est le fruit de la coopération franco- Allemade, et ils y aura toujours des individus pour détruite cette union....
Maintenant la cadence d'assemblage dois être maintenu et améliorer....
Il ne suffit pas de develloper dès avion, il faut les vendres et les assemblées...
Ils nous faut former une manœuvre compétante et qualifié.... Pour cela un partenariat dois etre organisee avec les grande école et les centre d'apprentissage... Car dans ce métier un savoir faire important doit être acquis....
a écrit le 31/01/2018 à 9:39 :
Cela demontre encore une fois la nullité de nos Politiciens fonctionnaires formés a l’ENA pour diriger la Secu. ou les caisses de retraite et qui ne comprennent rien a la guerre industrielle .Les allemands ont mis la main sur Ariane Espace , puis sur Air Bus et tout le monde est content , Nos élus n’ont qu’une priorité , occuper l’espace public , promettre l’irrealisable pour plaire a tout le monde et surtout garder leur place d’élection en élection . La politique nourrit bien .
a écrit le 31/01/2018 à 9:39 :
Cela demontre encore une fois la nullité de nos Politiciens fonctionnaires formés a l’ENA pour diriger la Secu. ou les caisses de retraite et qui ne comprennent rien a la guerre industrielle .Les allemands ont mis la main sur Ariane Espace , puis sur Air Bus et tout le monde est content , Nos élus n’ont qu’une priorité , occuper l’espace public , promettre l’irrealisable pour plaire a tout le monde et surtout garder leur place d’élection en élection . La politique nourrit bien .
a écrit le 29/01/2018 à 21:21 :
En partance dans un an après avoir beaucoup cassé, la méthode coué sera peut être suffisante à Mr tom pour passer 2018..
a écrit le 29/01/2018 à 17:10 :
je comprends : Concentration des pouvoir par KAISER TOM: attention à l'emploi en FRANCE car il n'y a plus de contre pouvoir
Réponse de le 30/01/2018 à 8:40 :
Pour l'instant, avec le déménagement du siège de Munich et Paris à Toulouse, les français n'ont pas à se plaindre. T. Enders a un certain nombre de défauts mais il ne réfléchit pas en nationaliste obtus.
Réponse de le 30/01/2018 à 17:04 :
Il faut être naif pour croire que le déménagement du siège à Toulouse n'est pas une manœuvre. Celle-ci a l'avantage de gargariser les français, et en particulier les hommes politiques français. Toutes les décisions importantes sont annoncées à Munich et la limitation arbitraire de la production de la famille A320 à Toulouse, issue d'un accord franco allemand qui date d'au moins 10 ans, n'a jamais été remise en cause. On peut aussi citer les réductions d'effectifs à Airbus Helicopters qui se sont déroulées uniquement en France, les transferts de production d'éléments français (tronçons A330, ...) pour ouvrir des usines dans d'autres pays, la très forte réduction de la recherche et innovation en France (et son développement coté allemand), ou encore l'épuration des français des postes de direction de haut niveau. On peut aussi s'interroger sur l'absence de versement des fonds promis par l'Allemagne pour l'A350 alors que la France avait versé ce qu'elle avait promis. Ce n'est pas pour rien si les chinois voient aujourd'hui Airbus comme un groupe allemand.

Il est triste de voir que les leçons du passé ont été oublié. Airbus reste malgré tout une formidable entreprise, mondiale, avec des produits de haut niveau.

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