Airbus : 2018 sera une nouvelle année record mais aussi l'année de vérité pour l'A380

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(Crédits : PASCAL ROSSIGNOL)
Après un mois de décembre exceptionnel, Airbus a remporté le match des commandes face à Boeing, lequel a gagné celui des livraisons d'avions. Pour 2018, Airbus table sur une hausse de 11% de la production pour approcher les 800 livraisons d'avions. En revanche, si Emirates ne commande pas de nouveaux A380, le programme du super-jumbo s'arrêtera.

Le président d'Airbus Commercial Aircraft Fabrice Brégier et son directeur commercial John Leahy, qui vont prochainement quitter Airbus, partent sur une belle note.

Décembre exceptionnel

Au prix d'un mois de décembre exceptionnel tant sur le plan des prises de commandes que des livraisons, l'avionneur européen a une nouvelle fois enregistré plus de commandes d'avions que Boeing tout en atteignant un nouveau record de livraisons, même si celui-ci est logiquement inférieur à celui de son rival américain en raison du décalage de lancement (et donc de montée en cadence) du B787 et de l'A350.

Alors qu'il affichait 333 commandes nettes au compteur fin novembre, Airbus a engrangé près de 850 commandes brutes en décembre, pour finir fin décembre, une fois retirées quelques annulations, à 1.109 prises commandes nettes en 2017, loin devant les 912 dévoilés la semaine dernière par Boeing. Airbus a en effet transformé en commande ferme une flopée de protocoles d'accord signés plus tôt dans l'année.

La performance a été tout aussi exceptionnelle en termes de production, puisque Airbus a réussi à livrer en décembre 127 appareils. Ce record mensuel lui a permis de livrer 718 appareils sur l'ensemble de l'année, en hausse de 4% par rapport à 2016, comme La Tribune l'avait indiqué début janvier. Un record là aussi pour le constructeur européen, mais qui reste insuffisant pour faire jeu égal avec Boeing. Avec 763 avions livrés en 2017, Boeing reste le premier avionneur mondial.

Difficultés du motoriste Pratt & Whitney sur l'A320 Neo

Airbus aurait pu livrer davantage d'avions (son objectif interne s'élevait à 733 appareils) si les motoristes équipant l'A320 Neo, en particulier Pratt & Whitney n'avaient pas rencontré de difficultés pour livrer leurs moteurs. Au total, Airbus a livré 558 moyen-courriers de la famille A320, dont 181 A320 Neo, une vingtaine de moins que l'objectif fixé initialement. Sur le segment long-courrier, Airbus a livré 67 A330, et 78 A350 XWB, 29 de plus qu'en 2016, et 15 A380.

Près de 800 livraisons en 2018... si les moteurs sont livrés

Fabrice Brégier a affiché sa confiance pour 2018. Avec la montée en cadence attendue de l'A320 Neo (à condition que les motoristes livrent les moteurs), celle de l'A350 qui est bien parti pour atteindre à la fin de l'année son objectif de 10 appareils produits par mois, Airbus devrait approcher les 800 livraisons d'avions en 2018. En atteignant la cadence 60 appareils produits par mois pour la famille A320 courant 2019 et peut être plus pour les années qui suivront, Fabrice Brégier fait le pari qu'Airbus dépassera Boeing en termes de livraisons en 2020.

Sans commande d'Emirates, le programme A380 s'arrêtera

Cette hausse des cadences ne concerne pas l'A330 dont la production est stabilisée à 6 exemplaires par mois et encore moins l'A380. Les livraisons du très gros-porteur européen vont en effet diminuer pour tenter lui donner une espérance de vie plus longue en raison de l'effritement du carnet de commandes du fait de l'absence de commandes depuis plusieurs années. Airbus a en effet prévu de passer à 12 livraisons en 2019, puis à 8 en 2019. Pour Fabrice Brégier, l'avionneur est capable de descendre à 6 appareils par an "en maintenant une production efficace qui ne devrait pas peser de manière majeure sur la profitabilité".

En agissant ainsi, Airbus tente de rassurer Emirates, le plus gros client de l'A380, sur le maintien du programme. Pour autant, alors que la compagnie doit encore prendre livraison d'une quarantaine d'exemplaires et discute avec Airbus d'une éventuelle nouvelle commande portant sur "quelques dizaines d'appareils", John Leahy a mis la  pression sur la compagnie de Dubaï. "Nous sommes toujours en discussion avec Emirates mais honnêtement ils sont probablement les seuls à être en mesure pour le moment sur le marché de prendre un minimum de six (avions) par an sur une période huit à dix ans", a-t-il déclaré, se disant toutefois "confiant" dans le fait qu'un accord puisse être trouvé sur une commande par la compagnie du Golfe. Airbus sera vite fixé.

Les négociations devraient s'achever dans "les prochains jours ou les prochaines semaines", a indiqué Fabrice Brégier.

Contrairement à Emmanuel Macron qui se disait confiant de placer l'A380 en Chine au cours des prochains mois, Fabrice Brégier "n'a pas beaucoup d'espoir à terme". "Il faut d'abord stabiliser la production et faire beaucoup de marketing pour convaincre les compagnies chinoises que l'A380 leur permettra de gagner des parts de marché à l'international", a-t-il dit.

Une extension de l'A350-1000 à l'étude

Alors que l'une des principales raisons de faiblesse des ventes de l'A380 s'explique par la concurrence des gros biréacteurs de Boeing ( le B 777-300 ER, mis en service en 2004 et son successeur, le B777X à partir de 2020), Airbus compte sur l'A350-1000 pour rafler une bonne partie du marché du renouvellement du B777-300ER après 2020, et planche sur une version allongée de l'A350-1000 qui pourrait voir le jour quand une nouvelle génération de moteurs verra le jour. Pour rappel, l'an dernier, Airbus avait proposé une version allongée de l'A350-1000 à Singapore Airlines qui lui a préféré la nouvelle version du B777.

Lire ici : Pourquoi l'A380 ne marche pas

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Commentaires
a écrit le 05/04/2018 à 14:28 :
Pourquoi pas une version longue de l A380? Ça reduirait le coup au siege et donnerait une meilleure gueule à l'avion (plus seduisant une nouvelle jeunesse... un update, qui donnerait envie à de nouvelles airlines...)
a écrit le 05/04/2018 à 14:24 :
Pourquoi pas une version longue de l A380? Ça reduirait le coup au siege
a écrit le 17/01/2018 à 9:55 :
Airbus crie partout qu'ils arrête la production si il n'y a pas de nouvelle commande
Une bonne occasion pour Emirates de demander plus de droit de traffic sur la France et ouvrir enfin Toulouse Dubaï 🙂 Un deal donnant donnant je t'achète dès avion tu pousse ton gouvernement à m'ouvrir des droit pour les exploiter !! Même ce serai plutôt du 777 sur cette destination.
a écrit le 15/01/2018 à 18:37 :
Il faudrait d'abord terminer le programme, ce qui n'est pas le cas, ensuite il faut baisser ses couts d'exploitation de 10%, pour être compétitif vis à vis du B777, faire le A380 -1000 et le A380 cargo, sans compter la version neo pour remotorisation,
ils avaient coupés le programme en catastrophe pour faire le A350 et ses variantes sous pression des clients, le marché des grands porteurs reprendra d'ici 3-5 ans. c'est un super appareils, ca serait stupide de le gâcher cette superbe machine, quand le marché des grands porteurs reviendra. car a force de faire des avions moyens, on fini par saturer les lignes aériennes et là on se tournera à nouveau vers les gros porteurs.
a écrit le 15/01/2018 à 16:18 :
Il y a peu des articles de presse racontaient exactement l'inverse.....😁
a écrit le 15/01/2018 à 13:30 :
L'A380 va mourir de sa belle mort, faute de commandes nouvelles. Ceci étant dit, j'aimerais bien que M. Fabrice Gliszczynski nous dise un peu si ce programme a franchi son break-even. Parce que depuis le temps qu'on nous parle de l'A380 et de ses méga succès à l'export, on se pose la question...
Réponse de le 10/02/2018 à 16:36 :
C’est clair qu’il y a plus de marché pour les avions à 4 réacteurs. C’est le sens de l’histoire.

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