Offre de Lactalis : Parmalat fait monter les enchères

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Le groupe italien a rejeté l'OPA du français qui propose 2,6 euros par action soit 3,4 milliards d'euros.

Comme il fallait s'y attendre, l'italien Parmalat fait monter les enchères. Dans un communiqué publié ce mardi, son conseil d'administration estime que l'offre d'achat du français Lactalis ne représente pas la valeur de l'entreprise dans un contexte de prise de contrôle. Pourtant, à 2,60 euros l'action sur 71% du capital, (soit 3,4 milliards d'euros), la prime s'élève déjà à 20% par rapport au cours moyen des douze derniers mois. "Nous avons fait le tour des actionnaires et notamment des fonds et tous sont d'accord pour 2,60 euros", confiait récemment un proche du dossier à La Tribune.

Oui mais voilà, en mars, Lactalis avait payé 2,80 euros par action à trois fonds d'investissements étrangers pour mettre la main sur les 15,3% lui permettant d'atteindre 29% du capital. Difficile donc pour les actionnaires restants de ne pas demander une petite rallonge.

Peu connu pour sa grande générosité, Lactalis, et son unique actionnaire décisionnaire, Emmanuel Besnier, devrait avoir du mal à remettre la main au portefeuille. Avec 3,6 milliards d'euros de dette au 31 mars - compte tenu de son début de montée au capital et des achats précédents en Espagne - elle atteint les limites fixées par les banques. Et dans la pire hypothèse envisagée, c'est-à-dire si tous les actionnaires apportent leurs parts, l'entreprise devra emprunter 3,5 milliards d'euros. "Je pense qu'ils vont négocier mais que Lactalis va prendre tout son temps pour répondre", déclare un bon connaisseur du groupe.

Imperturbable

Parmalat devrait lui aussi s'accrocher à ses exigences, aux vues des très belles marges affichées par le groupe français dans son document officiel rendu public par l'autorité boursière italienne vendredi dernier. Certes, à ne considérer que la marge nette de 3%, le résultat n'a rien d'extraordinaire par rapport aux 6,5% de Parmalat ou aux 4,8% de Bel. La marge opérationnelle courante de 6% n'est pas non plus impressionnante. Elle est exceptionnellement basse du fait des multiples frais financiers engagés par les opérations récentes de croissance externe. La marge opérationnelle brute de plus de 10% a, quant à elle, de quoi faire saliver le concurrent principal, Bongrain, qui réalise à peine 5%. Imperturbable, Lactalis n'était pas joignable ce mardi pour réagir mais continue sans frémir son opération de séduction. Depuis quelques jours, le message téléphonique d'attente au siège de Laval est en français... et traduit en italien.

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