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Agriculture : le gouvernement débloque 400 millions d'euros pour l'achat d'équipements « innovants »

latribune.fr

Publié le 02 mars 2023 à 09:50 - Mis à jour le 02 mars 2023 à 10:15

agriculture betteraves néonicotinoïdes

Les équipements subventionnés pourront par exemple être un tracteur enjambeur de vignes ou des robots cueilleurs ou désherbeurs dans les vergers.

Reuters

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Photo d'illustration de l'article
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Le ministre de l'Agriculture a annoncé un soutien de l'État à hauteur de 400 millions d'euros - dont 100 millions fléchés sur les filières fruits et légumes - pour l'achat de nouveaux équipements et solutions agricoles « innovants ». La liste, déjà préétablie, touche tous les domaines, de la modernisation des serres aux systèmes d'irrigation en passant par la robotique ou la rénovation de structures. Les agriculteurs seront subventionnés entre 20% et 40% du total des achats.

Le Salon de l'Agriculture est le lieu idéal pour faire des annonces destinées au monde agricole. Une occasion saisie par le ministre de l'Agriculture ce mercredi 1er mars. Il a ainsi déclaré lors qu'un point presse qu'une « enveloppe de 400 millions d'euros » servira à subventionner l'achat de nouveaux équipements agricoles « innovants ». Un matériel qui doit aider à « préparer la transition environnementale et écologique » de l'agriculture, a précisé Marc Fesneau.

Un quart de cette somme, soit 100 millions d'euros, sera destiné à la seule filière fruits et légumes. Elle figure d'ailleurs déjà dans le plan de soutien de 200 millions d'euros visant à faire reculer les importations.

Le ministre a rappelé que ce dispositif de soutien s'inscrivait dans le déploiement de la « troisième révolution agricole », prévue et financée par le plan France 2030. Dévoilé en octobre 2021 par Emmanuel Macron, il s'agit d'un plan d'investissement doté de 54 milliards d'euros. Il doit permettre de rattraper le retard industriel français, d'investir massivement dans les technologies innovantes ou encore de soutenir la transition écologique.

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20 à 40% pris en charge

Dans le détail, cette subvention financera « 20 à 40% » du coût d'achat d'un équipement, a précisé le ministre.

Pour en profiter, les agriculteurs devront se rendre sur un guichet en ligne unique accessible sur le site internet de FranceAgriMer dès ce lundi 6 mars. Ils pourront alors choisir parmi une sélection de 23 équipements « dont on estime qu'ils sont l'objet d'une innovation », a indiqué Marc Fesneau. Ils figureront dans des domaines tels que la « modernisation des serres, les systèmes d'irrigation, la robotique, la rénovation d'un certain nombre de structures ». Ce pourra être par exemple un tracteur enjambeur de vignes, permettant de rouler à travers le vignoble pour travailler le sol ou épandre des engrais sans endommager les pieds, ou encore des robots cueilleurs ou désherbeurs dans les vergers.

Les matériels éligibles à ce guichet ont été sélectionnés par un appel à manifestation d'intérêt opéré par BpiFrance, entre novembre 2022 et janvier 2023. Cet AMI avait été lancé sur l'optimisation des ressources en eau, la sobriété énergétique des installations, l'adaptation aux aléas climatiques et sanitaires, précise le ministère de l'Agriculture dans un communiqué. « Cet AMI sera prochainement prolongé sur un ensemble de thématiques, incluant les alternatives aux produits phytosanitaires, l'économie circulaire ou l'amélioration des conditions de travail agricole », peut-on lire.

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Les attentes des agriculteurs sont fortes en matière de soutien. Ils n'ont d'ailleurs pas manqué de le faire savoir lors du Salon de l'Agriculture, qui s'est ouvert le 25 février dernier et se termine ce dimanche 5 mars.

Ce mardi, quelques dizaines de paysans et militants de la Confédération paysanne ont investi en chantant le stand du ministère de l'Agriculture pour demander un soutien à l'installation de nouveaux agriculteurs. Ils ont réclamé, dans une ambiance bon enfant, une augmentation du budget de la Fédération associative pour le développement de l'emploi agricole et rural (Fadear), comme l'a constaté l'AFP.

Le même jour, les exploitants bio ont déployé une banderole pour réclamer au gouvernement un plan de soutien bien supérieur aux dix millions d'euros promis. L'agriculture biologique française traverse une crise inédite. Le marché s'est retourné après dix ans d'une croissance à deux chiffres qui avait dopé les conversions d'agriculteurs conventionnels vers cette production sans pesticides ni engrais chimiques. L'offre bio excède aujourd'hui la demande, poussant des producteurs à jeter l'éponge.

Cette production « en danger mérite un soutien au même titre que les filières soutenues par des dizaines de millions d'euros », avait déclaré le président de l'organisation défendant les intérêts des agriculteurs bio (Fnab), Philippe Camburet, en allusion aux aides récemment versées aux producteurs de porcs (270 millions d'euros) ou aux indemnisations promises aux betteraviers en cas de baisse des rendements. Dix millions d'euros, « c'est absolument méprisant (...) anecdotique », a dénoncé le porte-parole de la Confédération paysanne Nicolas Girod, estimant qu'il fallait « minimum 300 millions d'euros rapidement » pour fournir une « bouffée d'oxygène » aux agriculteurs bio.

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Les négociations commerciales entre les supermarchés et l'industrie agroalimentaire, qui permettent de fixer le prix et les conditions auxquelles les grandes surfaces s'approvisionneront auprès des industriels, ont pris fin ce mercredi à minuit après trois mois de pourparlers. Seule certitude pour le moment : la facture va grimper.

Cette période de négociation a été particulièrement houleuse cette année, dans un contexte de forte hausse du niveau général des prix. Les consommateurs ont déjà vu leur pouvoir d'achat dégringoler en raison d'une inflation alimentaire évaluée par l'Insee à 14,5% sur un an en février.

La présidente de la FNSEA, premier syndicat agricole a tempêté contre certaines grandes surfaces qui refusent de payer « la juste part » qui permettrait aux agriculteurs de vivre de leur travail. Les enseignes, de leur côté, dénoncent l'absence de transparence sur les coûts de production et les demandes « délirantes » des industriels.

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(Avec AFP)

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