Les syndicats agricoles majoritaires, ainsi que les coopératives et la grande distribution, se disent opposés à cette « décision brutale ».Le vote par les sénateurs, le 17 janvier, d'un amendement au projet de loi de finances 2025 supprimant l'Agence Bio suscite non seulement la colère et la stupéfaction dans le monde du bio, mais bien au-delà. Les deux syndicats agricoles majoritaires, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) et les Jeunes Agriculteurs, pourtant partisans d'une « simplification » des normes environnementales, ont notamment exprimé leur désaccord, sur la forme comme sur le fond, lundi 20 janvier.
« Jeunes Agriculteurs et la FNSEA déplorent que l'amendement adopté n'ait fait l'objet d'aucune consultation préalable des organisations professionnelles agricoles. C'est regrettable en termes de méthode alors qu'une réflexion plus transversale sur le rôle de l'ensemble des Agences serait certainement utile. Nous le déplorons également sur le fond, alors que l'agriculture biologique traverse une période de grandes difficultés économiques et structurelles », écrivent-ils dans un communiqué.
Un soutien qui contraste avec le différend qui oppose, de plus en plus ouvertement, le syndicat à une autre agence étatique, l'Office national de la biodiversité (ONB).
Ce soutien vient s'ajouter à celui, plus attendu, d'un autre syndicat agricole, la Confédération paysanne, marquée à gauche, pour qui « l'adoption de l'amendement du sénateur Duplomb visant à supprimer l'Agence Bio, avec l'aval du gouvernement, est un message contre toutes celles et ceux qui défendent une agriculture qui travaille avec la nature ». Dans le monde agricole, seule la Coordination rurale, deuxième syndicat marqué à droite, ne s'est donc pour le moment pas exprimée.
Une« décision brutale »
En dehors du monde agricole, l'Agence Bio a aussi obtenu le soutien explicite d'autres acteurs de poids de la chaîne alimentaire. C'est le cas de La Coopération Agricole et de la Fédération du Commerce et de la distribution, qui se sont exprimées indirectement via leurs administrateurs au sein de l'agence. Ces derniers, avec tous les autres membres du Conseil d'administration, ont déploré une « décision brutale », adoptée « contre l'avis de l'ensemble du secteur, allant des agriculteurs bio en amont jusqu'aux distributeurs de produits bio en aval, en passant par les coopératives, et les transformateurs, et ce pour toutes les filières et sur tous les territoires ».