L'agenda de Michel-Édouard Leclerc, 73 ans, est un casse-tête pour ses collaborateurs, chargés d'y trouver de la place en juillet pour six ou sept journées sur les Tours de France masculin et féminin. La première visite du commerçant finistérien, à Lille, lui a valu un détour chez l'ophtalmologiste à cause de la poussière.
Le président des grandes surfaces E.Leclerc, partenaire depuis 2019 du grand prix de la montagne (qui fête ses 50 ans), a remis le premier maillot à pois à Benjamin Thomas (Cofidis). Quelques jours plus tard, il a partagé ses souvenirs.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Une colle pour commencer : quel coureur détient le record de maillots à pois ?
MICHEL-ÉDOUARD LECLERC — On m'a dit hier que c'était Richard Virenque [sept]. Je viens de le noter car je ne retiens que ce que je vois. Avant le départ, je ne savais même pas que l'on célébrait les 50 ans du grand prix de la montagne. Je côtoie pourtant Christian Prudhomme dans l'année. D'ici à l'arrivée, j'aurai assisté à trois ou quatre étapes, et je reviendrai pour les trois bretonnes du Tour de France Femmes [départ de Vannes le 26 juillet]. Je suis assez constant. Ici, les gens ne me parlent pas que du prix des carottes ou du carburant. Dans la caravane publicitaire, on a une équipe très sympa et très visible. Beaucoup de spectateurs nous réclament des bobs. Y compris des politiques qui ne sont pas toujours tendres à l'égard de la grande distribution.
Appréciez-vous Bernard Hinault, à qui le Tour a rendu hommage pour les 40 ans de sa cinquième victoire ?
On s'aime bien, je pense. Lui et moi sommes comme le granit de Bretagne : d'apparence rugueuse, et quelquefois on se met en boule. Mais c'est un être très affectueux. Plus jeune, comme tout le monde, j'étais plutôt Raymond Poulidor que Jacques Anquetil. « Poupou » entrait dans les familles. On levait le Ricard à sa santé. Avec Jean-Paul Belmondo, il appartient à une génération de Français un peu hâbleurs, gouailleurs, qui ont fait nation.
Propos recueillis par Mickaël Caron