Les pesticides, nouvelle bataille des maires contre la pollution de l'air

En milieu rural, l'enjeu est à l'origine de tensions « non négociables » entre les agriculteurs et les autres habitants des petites villes et des villages.
Reuters

En milieu rural, l'enjeu est à l'origine de tensions « non négociables » entre les agriculteurs et les autres habitants des petites villes et des villages.
Reuters
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l'usage des produits phytosanitaires chimiques sur l'ensemble de leurs territoires », au nom du« principe de précaution ». Elles viennent ainsi rejoindre la liste d'une cinquantaine de maires de villes plus petites ou de villages - auxquels s'ajoute le département du Val-de-Marne -, qui viennent soit d'interdire l'épandage de pesticides à moins de 150 mètres des habitations, soit d'en bannir complètement l'usage dans leurs communes.
Ce mouvement sans précédent voit son origine dans le conflit ayant récemment opposé l'État et Daniel Cueff, maire d'une municipalité bretonne de 600 habitants, Langouët. Le 18 mai, l'élu écologiste a pris un arrêté interdisant l'utilisation de produits phytosanitaires « à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d'habitation ou professionnel ». Attaqué en justice par la préfecture d'Ille-et-Vilaine, l'arrêté a été suspendu le 27 août par le juge des référés du tribunal administratif de Rennes. Mais cet échec juridique a paradoxalement suscité un soutien inespéré d'une partie de l'opinion publique comme d'autres élus. À travers toute la France des dizaines de maires ont adopté des arrêtés semblables, se sont réunis en collectif et ont lancé un site web. Le 3 septembre, ils ont été soutenus par une tribune signée par 25 personnalités du monde associatif et publiée dans Le Monde, alors que des pétitions en ligne pour l'interdiction des pesticides à côté des habitations ont reçu des dizaines de milliers de signatures.
600 hectares échapperaient ainsi à l'interdiction dans la capitale.
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inouïes », pouvant s'élever jusqu'à 20 % si l'interdiction d'épandre à moins de 150 mètres des habitations devait être généralisée, avec pour conséquence une augmentation des coûts de production, une concurrence faussée sur le marché international et une augmentation des importations. Ils préparent des actions de protestation. Les maires et les ONG mettent en avant les enjeux de santé publique, le devoir des autorités de protéger leurs administrés et l'environnement ainsi que le principe de précaution.Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

« sur les préconisations scientifiques et indépendantes formulées par l'Anses »
dans un avis publié le 14 juin 2019.
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chartes »
issues d'échanges entre agriculteurs, riverains et élus au niveau départemental. Une approche déjà prévue dans la Loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous de 2018 (dite Loi Egalim) et entérinée par le tout dernier dispositif gouvernemental, qui admet« la possibilité d'adapter »
dans ce cadre les distances minimales nationales -jusqu'à 3 mètres pour les cultures basses et la viticulture et à 5 mètres pour les autres cultures.À lire également
« carence de l'État »
face à son devoir de protéger la santé des Français, cette nouvelle bataille pour la qualité de l'air des villes et des villages risque d'aggraver le sentiment d'incompréhension croissant entre pouvoir central et territoires, comme celui entre agriculteurs et habitants des villes. Les contestataires souhaitent d'ailleurs amplifier le mouvement : ils se sont déjà donné rendez-vous au palais du Luxembourg à Paris en novembre, lors du Congrès des maires de France.
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